SOMMAIRE DE LA CAUDRIOLE N°79

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Septembre  à  Décembre 2026

a

 

BD HARDUIN d’AMERVAL  n°1 à 63

Illustration BD : ODILON     page 2

PATRICK  MERIC

HUMOUR - PATOIS

 

LES CHOCOLATS DE PAQUES ET LES RATONS  page  3 

Nicolas MINAIR

UN DROLE DE NUMERO   page 3    

Albert JOCAILLE

EXPRESSIONS COURANTES   page  4 

HERTIA-MAY

DANS UNE MER et L’HOMME est VAINCU   page 4/

Didier COLPIN

LE CAILLOU    page 5

Franck DEFOSSEZ

LES DEBOIRES   page  6 

Gérard ROSSI

NAÏVETE et I VEUT MIUX  page  8et 10

Léonce BAJART

DIX FEES RAMANT   page 9

Marc VINCENT

PENSÉES   page 14

Hector  MELON d’AUBIER

ADULTES –POESIES

 

   LA PAIX   page 7

Daniel CARLIER

LA RETRAITE   page 7

Reine DELHAYE

4 SEPTEMBRE   page 8

Olivier BODELLE

TOUSSAINT et LA LANDE     page 8

PASCAL

 L’ARBRE du PARADIS  page 6

Albert JOCAILLE

REVE de FEUILLE page 10

Jean-François SAUTIERE

SOUVENIRS   page 10

Julien BURY

ARBRE DE PAPIER   page 11

Thérèse LEROY

LA NUIT S’OUVRE   page 12

HERTIA-MAY

JOLIE DEMOISELLE   page 12

Saint HESBAYE

 LE REVE et  VICTIME DE L’AMOUR    page 12

Lycée JACQUARD

LA DETTE CACHEE   page 13

Yannick LEONARD

DENTELLES et PAPILLON ; Ô DEMOISELLE   page 14

Saint HESBAYE

PAR UNE BELLE JOURNEE   page 14

Isabelle MONTAY

UN JOUR VIENT   page 15

Bernard SIMON

FADO   page 15

Henri LACHEZE

LA JOIE DE VIVRE  page 15

GUIZMO

ARGENTINE   page 16

Luis MARIANO

NOUVELLES

  

RETROUVAILLES  page  17/18/19

Hector  MELON d’AUBIER

REVELATIONS    page 20/21/22  

Franck DEFOSSEZ

DIVERS

 

CONCOURS POESIES   page 23

STE EMULATION

SALON DES ARTS    page  24

OMC CAUDRY

SALON DU LIVRE   3)de couverture 

OMC CAUDRY

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LES CHICOLATS D’PAQUES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Pâques ch’étot les uéfs qu’in muchot dins l’gardin

Pou qu’l’infant i s’arluche à démucher les caches.

In rwétiot après l’cloqu’, l’glaine o bin l’lapin,

L’fiête a’ durot lonmint, pindant nos jonnés aches.

 

Achteur’no pouille a’ pond, pét’lant dins no pat’lin,

Les uéfs is sont marrons, o d’coleur d’brin d’agaches,

In voudrot min.m’ voler l’cheux à mon no visin,

Si t’a gramint d’gamins, ravisse à ches partaches !

 

M’tiête a l’a l’tornis dins les grands magasins,

Les uéfs dins les paquets, des rutés brissausaches,

In a rimpli es’mand’, nos vint’s is vont ête pleins,

Intonnés d’chicolat, in n’saurot pon êt’ saches...

Nicolas MINAIR

 

LES RATONS.

 

Ch’est l’Candélé’, j’n’ai mie mingé d’raton,

Con.me dit l’proverp, ej vas pisser tout cron,

Faudra rvénir, à l’prochain Cras Mardi,

Comme in as’gueul’ s’berlaffer d’chuqu’ Candi.

 

J’aros pu quer y mett’d’el castonate,

Pou mi maquer, cha s’ra toudis pus rate,

D’el confiture, à pronne, à pun, à poire,

Du caramel, cha donn’ra invie d’boire !

 

In l’inroul’ra, ç’te tiot raton bin caud,

In l’infourn’ra, bin drot dins no gasiau,

Chinq, six, siept, huit, l’z’avaler d’ène felté,

Pou mn’estomaqu’, cha s’ra toudis l’gaieté !

 

Vlà l’nuit qu’al’vient, l’solel i s’a couqué,

Mais mi, j’m’in fich’, l’couqu’baque al’va passer,

Adon, me vlà intonné squ’à lindmain,

J’vas démaquer o drouler à fond d’train !

Nicolas MINAIR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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UN DROLE DE NUMERO

 

Si je ne suis, après tout, qu’un numéro

Qu’on peut lire au grand jamais,

J’éloigne pourtant les heures de solitude

Au travers de mes mots,

Quelquefois, pour dissiper les jours mauvais

En retrouvant la voix qui nous tient chaud !

 

Le drôle de numéro que je suis

Est pour vous souvent disponible,

Afin qu’il puisse chasser tout l’ennui

De votre vie amère et trop pénible.

Alors croyez-moi ! pourquoi donc hésiter ?

Il n’est jamais trop tard pour devoir bavarder ;

Et ainsi casser la glace

Qui emprisonne et qui lasse.

 

Alors donc, que votre voix me vienne à souhait

Rompre tout le silence qui s’efface

Quand votre numéro m’apparaît

Pour prendre ainsi sa place !

 

Albert JOCAILLE

  

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EXPRESSIONS COURANTES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mettre la charrue devant les beaux

Passer l’alarme à gauche

Changer son fusil de pôle

La goutte qui fait déborder la vase

Un nid rond d’elle ne fait pas le printemps

Mourir , le ventre à l’air

Avoir malle à partir

Monter sur ses grands cheveux

Trempé comme une coupe

Rongé par le rat mort

Avoir l’étalon sur l’estomac

De fil à pèche en anguille

Tel est frit qui croyait pendre

Tissé à quatre épingles

Dormir à la belle étable

Mourir à sa perte

 

Courir à perdre sa laine (se dit d’un mouton !)

Changer le fusil d’école

Courir à sa Berthe

Ne pas mettre ses deux pieds dans le même gras

Hertia MAY

 

 

 

 

 

 

 

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DANS UNE MER SANS FOND,

PAR UNE NUIT SANS LUNE

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Juste garder le cap maintenir l’apparence

Sur l’océan houleux d’une vaine assurance…

 

Brouillard fantomatique en étrange horizon

Précarité de la ligne de flottaison

Ainsi voguer à vue sans vraiment de boussole

Que de trop perturbée et qui souvent s’affole

 

Dans un morne silence essuyer des embruns

Les tabous de la mer ne sont pas des tribuns

Sous le regard d’Éole et sous l’œil de Neptune

Savoir que les flots sont une fosse commune…

 

Le navire est perdu seul sous les éléments

-Il vogue sans donner de signes alarmants-...

 

(1) Oceano nox - Victor Hugo

 

L’Homme est vaincu

(D’ailleurs existe-t-il ?)...

 

Pseudo-lauriers

Pour vrais guerriers…

 

Avec ivresse

Avec largesse

Morts à gogo

Pas d’embargo

 

Déliquescence

Obsolescence

De l’être Humain

-Triste destin-...

 

Pseudo-victoire

Pour sombre gloire...

Didier COLPIN

 

 

 

 

 

 

 

 

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LE CAILLOU

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Albéric courait, insensible au froid glacial de ce mois de janvier 1724. Ses larmes gelaient sur ses joues rouges, ses sabots en mauvais bois de peuplier sonnaient sur un sol que le gel avait rendu dur comme la pierre. Il se jeta en tambourinant sur la porte du presbytère :

«M’sieur le curé ! Ouvrez ! Il faut que je vous parle ! » Un panache de vapeur sortait de sa bouche. «Monsieur le curé ! Ouvrez vite ! C’est moi : Albéric 

Des pas traînants se firent entendre de l’autre côté de l’huis.  Le bruit sec d’un loquet que l’on tire. Le curé se montra dans l’embrasure de la porte, prudemment entrouverte.

Albéric  Mais tu es fou de sortir par ce temps ! Entre vite, nous allons attraper la mort 

Le vieux prêtre approchait 55 ans,  perclus de rhumatisme  il se déplaçait à petits pas, s’appuyant sur un bâton de buis. «Va dans la pièce du fond, elle est chauffée.  Assieds-toi . J’allais boire une décoction de plantes que m’a apportée Marie ... Une bien brave fille !

Alors ! Que t’arrive-t-il pour que tu sois dans un état pareil !? »

Le gamin renifla, secoué de vifs sanglots : « C’est de la faute au caillou, M’sieur le Curé»

Le curé, un brave homme, regarda Albéric avec douceur : le petit avait retrouvé son père la semaine dernière, pendu dans la grange. Il y avait de quoi perturber un garçon de cet âge. La maman d’Albéric, d’une santé fragile, était morte depuis longtemps, et son père constituait sa seule famille.

«De quel caillou parles-tu» demanda doucement l’homme d’église.

Le jeune homme prit une grande bouffée d’air avant de commencer :

«Vous vous souvenez du colporteur qui est passé un peu avant Noël ? C’est lui qui m’a donné le caillou, en disant comme ça : tu verras, il est magique.

-«Pourquoi t’a -t-il donné une pierre ? demanda le curé.

- »C’était pour me remercier de l’avoir hébergé, lui et son âne, une nuit, dans l’écurie.»

Le prêtre resservit un bol de tisane :

«Et que t’a t-il fait, ce caillou, pour être dans un état pareil ?»

Albéric regarda le vieil homme droit dans les yeux :

« À moi, rien du tout,  mais je l’ai montré au maréchal ferrant, et le lendemain on l’a retrouvé pendu, lui aussi !»

«Oui, je me souviens, c’était il y a une quinzaine de jours» marmonna le prêtre.

«Attendez : ce n’est pas fini ! La veille de sa mort, je l’ai montré à mon père aussi  sanglota Albéric.

«Allons, allons !» s’emporta le curé. «Simple coïncidence ! Ne répète jamais pareille sottise ! Tu veux finir sur le bûcher ? »

«Je vous dis que c’est le caillou !» s’entêta le garçon.

«Montre moi ce caillou, qu’on en finisse !» sévit le curé.

Le gamin fouilla sa poche, soudain fébrile. 

«Le voici !» dit-il en déposant une pierre grisâtre sur la table.

Le vieil homme regarda le caillou, le prit précautionneusement, et le soupesa.

«Un caillou tout ce qu’il a d’ordinaire, comment peux-tu penser qu’il provoque le malheur ? … Est-ce que je peux le garder ? demain j’ai rendez-vous avec Monseigneur Thibaud, l’évêque de la ville. Je lui en parlerai et nous verrons comment nous pourrons te délivrer de ces sornettes 

«Comme vous voulez, M’sieur le Curé, mais faites attention à vous !»

Le vieux prêtre haussa les épaules en raccompagnant Albéric jusqu’à la porte du presbytère.

« Quelles sottises peut-on entendre dans ces villages loin de toute éducation Chrétienne  murmura-t-il en refermant soigneusement la lourde porte de son domicile …..

Ce fut Marie qui  le lendemain matin, trouva le curé Lothaire pendu dans sa cuisine.

Horrifiée, elle s’apprêta à sortir précipitamment, quand elle vit le caillou qui luisait faiblement sur la table. Irrésistiblement, elle tendit la main et le mit dans sa poche.

«Qu’il est beau !» dit-elle …..

Franck DEFOSSEZ

 

 

 

 

 

 

 

 

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LES DEBOIRES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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D’UN PASSEUR D’HISTOIRE

 

Demain, que restera-t-il de moi ?

Question que l’on peut se poser, non sans émoi !

Poussière éparpillée dans l’infini du temps passé :

Quelques soupirs avalés par l’éternité, pour les mots que j’ai semés ;

 

La FIN de la FAIM ?

 

Souvenir d’enfance, de la dernière guerre.

Réfugiés à Pamiers en Ariège, durant deux années sans fin !

Avec mes parents, démunis de tout, j’y ai connu la faim,

Heureux ceux qui n’ont pas à subir cette galère.

 

Aujourd’hui, entendre, à table, « j’aime pas les œufs ! »,

Sous l’occupation, en avoir à manger nous aurait rendus heureux

Mais, pour nos enfants, « avoir le ventre creux »

Est une chose difficile à comprendre pour eux !

 

DERNIER PARCOURS

 

Quand tu crois que tout est fini

Et que te ronge l’ennui,

Ecoute ! Le rossignol qui se met à chanter

Dans la nature : merveille de beauté.

 

Aujourd’hui, les gestes affectifs sont devenus délits !

Et le manque de câlins nous ronge jours et nuits.

Distanciation ennemie,

Tu nous pourris notre fin de vie.

 

Je constate qu’il n’y a pas de vent :

Quand le rossi nie Eole !

Ce qui se veut drôle,

Mais ne fait plus sourire personne pour autant !

Gérard ROSSI

Thun le 11 Février 2025

 

 

 

 

 

 

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DIX FEES RAMANT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La TIMAC a eu les horreurs

des journaux.

 

Ils utilisent l’euro pour payer leur eau.

 

Elle est si vieille que ça, Lady Gaga ?

 

Mieux vaut avoir une extinction

de voix qu’être en voie d’extinction.

 

Ah ! vous dirai-je, maman

existait en 1740.

Mozart est né en 1756.

 

Celui qui est HS n’a même plus

la force de dire les mots en entier.

 

Si tu déménages, ne te fais pas

un tournedos, ça coûte cher.

 

Ô Leïla Kaddour, n’employez le nom

« problématique » qu’à bon escient :

le mot « problème » existe encore.

 

Le pyrèthre est aussi sauvage

que le pire être.

 

La mer au sens large :

prendre la mer, prendre le large.

 

Le repas du SDF touche à sa faim.

 

Patrick Grainville

est encore très vert.

                                      

L’épouvante est éprouvante.

 

On sait commencer,

Mais sait-on comment c’est ?

 

On sait comment c’est,

mais sait-on commencer ?

 

Un verre d’eau vert d’eau.

 

J’étouffais, mais j’ai tout fait

pour ne plus étouffer.

 

De toute façon, en tout cas,

c’est singulier.

 

Ta marinière est ample,

elle ne moule pas ton buste.

 

François-Guy Diamant-Berger :

« Abus de bobards : il a bu les eaux du

barbeau blanc et du barbeau bleu au

beau bar du barbeau barbu. »

 

Entre 1964 et 1973, des rangers

plus ou moins dérangés ont

plus que dérangé les Vietnamiens.

 

Il est terrible le petit bruit

de l’échelle que le voisin déplace

sous son grand cerisier.

 

Benjamin Bernheim :

« Pour moi, Paris, c’était capital » (e).

 

Sous les ponts de Bruxelles

coule la Senne.

 

Multiples propos singuliers.

 

Butin de vote.

 

L’ascenseur social ne marche

que dans un sens.

 

Rencontre au sommet à Genève :

Biden et Poutine sont protégés

par le Zodiac de la marine suisse.

 

Sundae : dessert du dimanche.

 

Aux États-Unis, les relations entre les

Blancs et les Noirs sont épidermiques.

 

Un satrape ?… ça s’attrape ?

 

Mitterrand, alors jeune stagiaire

(d’après Badinter), a eu la francisque.

 

Il n’est pas raisonnable

de se laisser aller à la folie.

 

Quand je dis que je suis cuit,

je ne suis pas cru.

 

Cet après-midi, on va dormir à

(40180) Siest.

 

Les acéracées sont assez racées.

 

Marc VINCENT

 

 

 

 

 

 

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NAÏVETE

 

 

 

 

 

 

 

 

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Tiot Nenesse i n’a pos invie d’aller à l’école. I téléphone al directrice :

- Allo ! C’est vous Madame. J’vos téléphone pace èqu’Nénesse i n’ira pos à l’école aujord’hui … i lé malate.

- Bien, mais… qui est à l’appareil ?

- C’est sin père, madame ! qu’i répod Nénesse!!!

 Léonce BAJART

 

I VEUT MIUX BOULLIR QU’A GUERNOTER

Guernoter c’est cuire à tiot feu. Quind in a inne affaire in route, in n’dret pos l’laisser tronner. I veut mix gongner du timps putôt qu’d’laisser lainguir. In dit aussi qu’i feut batte el fer pindint qu’i l’est cueud.

Leonce BAJART

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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ARGENTINE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Il arriva de son pays

Un jour pour visiter Paris

Mais à la gare un douanier

Très gentiment lui a demandé

« Vous n’avez rien à déclarer ? »

Il répondit : « Oh ! non… non… mais

Moi j’apporte l’amour de chez nous

Et l’amour de chez nous, il est doux

Il est doux, il est tendre, il est fou,

Il vous prend de haut en bas, un peu partout

Le soleil ou la lune on s’en fout…

Des beaux yeux valent mieux qu’un bijou

Il nous faut des chansons et c’est tout

Et ce n’est ni le Chili, ni le Pérou

 

Refrain

Argentine, Argentine

C’est l’amour qui va, qui vient dans le pays

Argentine, Argentine

C’est vraiment le paradis des Paradis.

 

Moi j’apporte l’amour de chez nous

Et l’amour de chez nous, il est fou

Il est fou, il est fort, il casse tout

Il vous met en moins de deux sur les genoux

Entrez donc dans la danse avec nous

Moquez-vous des aigris, des jaloux

Le plaisir vous donne rendez-vous

Car l’on brûle l’amadou par les deux bouts !

 

Refrain

Argentine, Argentine

C’est le plus merveilleux de tous les pays

Argentine, Argentine

De l’amour, le Paradis des Paradis

 

II

Argentine, Argentine

Cependant ce n’est pas le seul Paradis

Argentine, Argentine

Car pour l’amour, vous avez aussi Paris !!!

INCONNU

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LA PAIX

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1er couplet

Un jour Geronimo sut qu’un visage pâle

Pouvait ne pas avoir en lui l’esprit du mal ;

Lors d’un sage conseil il invita ses frères

À briser désormais toute hache de guerre.

Ainsi fut abrogée l’abjecte hostilité,

Et dès lors en tipi fuma le calumet.

 

Refrain

La colombe aimée de Pablo,

Porteuse d’un brin d’olivier,

Ivre de bonheur voletait ;

Et l’on vit maître Picasso

Sur un nuage la poser

Pour qu’elle écrive le mot paix.

2e couplet

Sieur Martin Luther King, vigilant promoteur

Du droit de dignité des hommes de couleur,

Lutta sa vie durant de façon pacifique

Pour la libération des non-blancs d’Amérique ;

Ce brave devenu prix Nobel de la paix

Devint pour l’être humain honorable à jamais.

 

3e couplet

Les combats faisant rage entre pays voisins

Obligeaient l’autochtone à quitter son lopin ;

Après de longs débats de vaillants stratégistes,

Composant une force ô combien pacifiste,

Soulagent désormais les peuples miséreux

Qui se voient protégés par l’ami « casque bleu »

Daniel CARLIER

 

 

 

 

 

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LA RETRAITE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La retraite, c’est un bien grand mot !

Cela veut dire être au repos.

Mais si on n’aime pas la monotonie,

Il y a plein de belles choses qui donnent envie.

 

C’est une partie de notre existence qui s’arrête,

Et pour  beaucoup de gens, ça se passe dans la tête.

Plus de contraintes, plus de nuits agitées !

Tu vas enfin pouvoir bien te reposer.

 

Attention, ça ne veut pas dire ne plus rien faire !

Et comme on te connaît, ce sera tout le contraire.

Tu t’occuperas de tes enfants et petits-enfants,

Tu sauras leur consacrer beaucoup plus de temps.

 

Tu pourras aussi voyager, lire, jardiner...

Tu rempliras largement toutes tes journées.

C’est pour toi le début d’une nouvelle vie,

Et n’oublie surtout pas d’aller voir tes amis !

 

Tu as un très grand cœur !

Et tu vis à cent à l’heure.

Profite de ta retraite et lève le pied,

Je te souhaite longue vie et prospérité.

Reine DELHAYE

 

 

 

 

 

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4 SEPTEMBRE 1944!

 

 

 

  

 

 

 

 

 

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4 septembre 1944, Louis, 8 ans, est juché sur un char américain, en plein milieu de la rue de Saint Quentin.

Il ne comprend pas tout ce qui se passe. Il regarde autour de lui tous ces gens qui crient, pleurent, chantent, tendent les mains vers ces soldats en uniforme qu’il n’a jamais vus. Sa maman lui explique qu’ils sont américains, qu’ils ont débarqué en France par la Normandie pour les délivrer, que plus jamais il n’entendra le bruit des bottes allemandes sur les pavés de Caudry, que plus jamais il n’aura peur de sortir, que c’est terminé, le rationnement, qu’il n’aura plus faim et qu’il va enfin pouvoir vivre comme tous les petits garçons, et surtout de ne jamais oublier ce jour.

Aujourd’hui, Louis a quatre-vingt-huit ans. Il a eu une belle vie bien remplie, un beau métier (tulliste). Il a épousé Jeanne, son amie d’enfance, et ils ont eu 5 enfants qui leur ont donné 7 petits-enfants. Tous heureux de vivre libres. À l’aube de fêter leurs noces de diamant, Louis se remémore souvent ce jour de septembre 1944. Il a raconté à ses enfants et ses petits-enfants la guerre, l’occupation et toutes ses horreurs. Si la vie ne lui a pas fait revivre ces moments terribles, est-ce qu’il en sera de même pour ses petits-enfants ? En ces temps agités où tout va mal et où les hommes continuent de s’entretuer aux quatre coins du monde ?

C’est de ne jamais oublier, faire revivre est peut-être la solution pour que plus jamais les petits Louis ne revivent ce jour, aussi beau, aussi symbolique soit-il, juste le devoir de mémoire.

Olivier BODELLE

 

 

 

 

 

 

 

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TOUSSAINT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Je viens vous voir avec ces quelques fleurs,

C’est un simple bouquet de chrysanthèmes.

Elles s’étalent dans un recoin de mon cœur

Pour colorer la triste dalle de : Je vous aime.

 

Et en poussant le portail du vieux cimetière,

Notre bise m’a embrassé sur les deux yeux.

Pour faire un discours, je ne serais pas fier.

L’encre de mon mouchoir est pour ces lieux.

 

Je ne peux que me taire et caresser la pierre,

Le passé concasse le présent, se fait plaisir.

Le Repos, ici, c’est le futur pour ma carrière,

Dans un sablier si plein mais dénué de désir.

 

Ce moment ensemble à repousser l’éternité,

Je nous recueille nos plus beaux souvenirs

À grands renforts de larmes dans l’impunité

D’un survivant qui attend le dernier soupir.

 

LA LANDE

 

J’ai vu un sourire éclairer ton visage,

Comme le soleil allumé après l’orage.

La pluie n’est donc qu’une passagère

Des nuages noirs et ma pensée légère.

 

La lande se couche aussi dans le vent.

À ces caresses elle se courbe souvent.

Il fait plier même les vieux chardons.

Je peux croire et te demander Pardon.

 

L’Amour secoue très fort mon cœur,

À la lande, je cherche quelques fleurs

Pour devancer le vent et ses rudesses,

Te les offrir sans demander promesse.

 

Ce soleil blanc fait briller tes armes.

Il sait mettre en avant tes charmes,

Je dois regarder mais ne pas toucher

Sur la lande, épuisé, je vais coucher.

Pascal

 

 

 

 

 

 

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L’ARBRE DU PARADIS

 

 

 

 

 

 

 

 

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Par-dessous ses branches

Qui abritaient nos heures à deux

Et nos merveilleux rendez-vous du dimanche,

Ceux qui nous permettaient d’être heureux,

 

L’arbre que l’on s’était choisi

Etait beau et vénérable.

Car c’était celui de notre paradis

Pour ce bonheur entrevu et souhaitable ;

 

En son écorce, patiemment, nous y avions gravé,

Ardemment et au grand jour,

Nos deux cœurs entrelacés

Symbole de notre plus tendre amour.

 

L’arbre de toutes nos rêveries,

Longtemps encore, pourrait nous abriter.

L’arbre de notre doux paradis

Pour nos plus chères et belles années.

Albert JOCAILLE

 

 

 

 

 

 

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REVE DE FEUILLE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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«Je suis une feuille de chêne

Chue au sol par un clair matin.

Peu importe la mise en scène,

Tu passeras sur le chemin.

 

Tu m'ignoreras sans scrupule,

Idem ces appels à l'entour :

Couleurs, air musqué qui circule

Véhiculant un même amour,

 

Sans écouter sous ta semelle

La plainte de mes sœurs qui mord

Dans le froid d'automne rebelle

Préparant son pavillon mort.

 

Jadis enfant, à la recherche

De quelque trophée automnal

Tes jeunes doigts, candide perche,

M'auraient prise sans aucun mal.

 

Puis fièrement à ton école

Pour le cours joyeux de dessin

J'eus été ton modèle, folle

De fierté naïve à dessein.

 

Ils sont loin ces moments de liesse,

Avec le temps tout est passé.

Pourtant je me rêve en princesse

Sous le fusain par toi passé».

Jean-François Sautière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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SOUVENIRS, SOUVENIRS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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J'ai ouvert mon coffre à souvenirs de bois

Remplis d'un vieux pneu qui était à moi avant

Une belle balançoire que j'avais, enfant

Elle m'a procuré de la douleur, plus d'une fois

 

De vieilles photos qui ont grisé dans le temps

On y voit mon chien et mes amis de la ville

En campagne maintenant je vis tout tranquille

J'y retrouve mes vieux jouets cassés d’antan

 

Quelques posters de mes chanteurs si beaux avant

Une ancienne robe que je portais bébé

Que de souvenirs que je n'ai pas effacés

Un pull de maman qui me berçait tendrement

 

Des contes de fées auxquels petit je croyais

Maintenant que j'ai trouvé mon unique amour

J'aimerais tellement qu'il dure pour toujours

Un bonnet père noël qui m'a fait pleurer

 

C'est si beau et tendre les longs souvenirs non ?

Je ne m'en séparais pour rien au monde

Laissez-moi les contempler encore une seconde

Je regarde tout ça avec de l'attention

Julien BURY

 

 

 

 

 

 

 

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ARBRE DE PAPIER

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Arbre sacrifié pour notre soif de connaissances

toi dont les racines ont puisé les forces de la terre

toi par quoi tout a commencé

esprit de l'arbre sur l'autel de l'écriture

papier secret parcheminé

papier de soie ou d’Arménie

idées noires sur page blanche

lettre d'amour ou manuscrit

papier chiffon livre colère

livre chagrin plein de détresse

pages assemblées en lignes tortueuses

larmes de poète en rimes langoureuses

ce parfum d'encre et de papier je le connais si bien

bibliothèque d'arbres s'insurge dans les rayons ordonnés

forêt secrète s'érige dans les lignes de nos histoires.

Thérèse L.

 

 

 

 

 

 

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LE REVE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Ce soir-là, Jean Mouloud traînait pour manger. Sa passion était de mixer sur son ordinateur des morceaux qu'il adorait pour n'en faire plus qu'un seul. C'était un homme de 25 ans, d'origine Togolaise, il travaillait comme pompiste dans la région parisienne. Il avait perdu goût à la vie depuis que sa copine l'avait quitté. Il rêvait d'être célèbre et d'être apprécié de tout le monde mais ce n'était pas le cas malheureusement.

Après avoir quitté son ordinateur, il alla souper puis il partit se coucher comme à l'accoutumée.

Le lendemain matin, son réveil sonna à 7h00 précises ; il se leva avec un air grisé, se lava, s'habilla, puis partit au travail.

Arrivé à son travail, il commença à remplir d'essence le réservoir de deux ou trois voitures. Puis une magnifique limousine noire arriva ; derrière le chauffeur, il y avait un homme d'un certain âge. Il se demandait qui cela pouvait-il bien être. Il remplit le réservoir de la voiture tout en sifflotant la nouvelle chanson qu'il avait mixée hier soir.

Tout à coup, l'homme sortit de la limousine et lui dit :

- Quelle est cette chanson, jeune homme, s'il vous plaît ? Elle m'a l'air très bien.

- Euh… en fait c'est une de mes compositions.

- Vous composez ?

- Oui, cela m'arrive de temps en temps. Pourquoi ?

- Je suis patron d'une boîte. Venez y faire un tour ce soir. Vous pourriez mixer deux ou trois de vos morceaux. Tenez ! Voici 1000 euros, allez vous changer !

- Merci. A ce soir, alors. Voici votre plein d'essence, c'est gratuit pour vous.

- C'est gentil ! A ce soir.

Jean Mouloud alla chercher ses vêtements. Il se vêtit correctement. Pour ce soir, il était habillé comme un DJ de tous les jours, sweat noir à capuche et baskets blanches. Autour du cou, il portait également une énorme chaîne en or. Jean Mouloud était vraiment habillé tendance !

Le soir même vers 23h30, Jean Mouloud présenta ses titres. Les filles dans la foule étaient folles de lui. C'était la star de la soirée, on n'avait d'yeux que pour lui. Il avait soudain repris goût à la vie. La soirée passa très vite.

A 6h00 du matin, il quitta la boîte de nuit, il en avait les larmes aux yeux, son rêve s'était enfin réalisé. Le patron lui proposa de rentrer chez lui. Avant de monter dans la limousine, Jean Mouloud entendit un bruit sourd. Il se retourna en ouvrant les yeux, c'était son réveil qui sonnait. Tout ceci n'avait été qu'un rêve. Il se leva de son lit et repartit pour une nouvelle journée de travail…

Lycée JACQUARD

 

 

 

 

 

 

 

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LA NUIT S’OUVRE

 

 

 

 

 

 

 

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La nuit s’ouvre entre les oripeaux de la guerre

Les gens s’entassent dans leurs rêves mal fermés

Quand le jour pointera

La bombe sautera

Malin qui saura dire combien de gens vivront

Les volcans réveillés crachent le soufre en feu

Dans le ciel, d’étranges chars volants se déplacent

Les gens de Sodome et Gomorrhe dorment déjà

Quand le jour pointera

La bombe sautera

Seule une petite famille sera sauvée

Lot est parti dans la montagne avant l’aube

Quand le jour pointera

La bombe sautera

Pourquoi se préparer dans le noir, à partir ?

La fin de Sodome sera la nôtre demain …

Quand le jour pointera

La bombe sautera …

HERTIA MAY

 

 

 

 

 

 

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VICTIME DE L’AMOUR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Je suis une victime de l’amour

Celui-là même qui me hante tous les jours

Celui qui me ronge

Qui me fait avoir des songes

Celui qui restera toujours en moi

Et qui me provoque autant d’émois

Ne cesseras-tu donc jamais

Vais-je enfin avoir la paix

Et avoir la force de t’oublier

Ainsi que les bons moments passés à tes côtés

C’est terriblement dur

Que de subir ce châtiment

Pourtant j’avais le cœur si pur

Alors pourquoi ce changement

Je ne demandais qu’à t’aimer

Et je t’ai pourtant trompée

Pourquoi

Je ne sais pas

Mais aujourd’hui je regrette

Et tu n’es pas prête

A me pardonner

Mes erreurs du temps passé

Alors s’il te plait

Arrête de me hanter

Lycée JACQUARD)

 

 

 

 

 

 

 

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JOLIE DEMOISELLE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dans l’herbe tendre, elle sétend,

Sa robe de dentelle caresse le vent.

Les fils légers, brodés d’élégance,

S’unissent aux murmures de la danse.

 

Le soleil joue dans ses cheveux dorés,

Des éclats d’or sur son teint nacré,

Ses paupières closes, un rêve s’esquisse,

Elle est l’écrin d’une douce malice.

 

Autour d’elle, la nature s’éveille,

Les oiseaux chantent en ritournelle.

Leur mélodie légère et cristalline

Effleure ses lèvres d’un souffle divin.

 

Les fleurs s’inclinent sous sa beauté,

Le trèfle vert devient son lit sacré.

.

Les brins d’herbe tissent des secrets,

Complices de ses pensées muettes

La dentelle s’enlace à la lumière,

Comme un poème gravé dans l’air.

Chaque fil raconte une histoire douce,

Un murmure fragile que rien ne pousse.

 

Et dans cette scène presque irréelle,

Elle est la reine de la nature éternelle.

Un tableau vivant où tout s’accorde,

La fille et l’univers dans un même accord.

 

Ainsi allongée dans ce champ tranquille,

Elle devient l’essence du subtil.

Nature et dentelle, un parfait mélange,

Un instant figé dans le doux échange.

 

Saint-Hesbaye

 

 

 

 

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LA DETTE CACHÉE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le soleil se levait sur la Thaïlande ; comme tous les matins, Ting réveillait ses deux petits frères Kham et Yai et sa sœur Mailie. Ting était âgé de seize ans déjà et pratiquait le muay thaï, un sport de combat d’une rare violence où tous les coups sont permis, depuis ses 7 ans. Son père travaillait sur ses terres et sa mère travaillait comme femme de ménage chez un riche européen qui s’était fait construire une grande maison deux ans auparavant.

Après avoir déjeuné, Ting emmena ses petits frères et sa petite sœur à l’école à dos d’éléphant puis rentra car il devait, comme tous les jours, s’entrainer au muay thaï.

Alors qu’il s’échauffait, il vit son père arriver en hurlant :

-On a enlevé tes frères et ta sœur, c’est terrible !

-Comment cela s’est-il passé ?

-Je… je ne sais pas mais je suis trop vieux maintenant, qui pourrait les retrouver ? Je t’en prie, aide-moi !

-Je partirai à leur recherche dès ce soir !

-Inutile, si tu veux y aller, attends demain, lui dit son père, le village est désert ce soir !

-D’accord, dès l’aube je partirai.

Et le lendemain, Ting partit à la recherche de ses deux frères et de sa sœur. Au moment de partir, son père l’appela :

-Ting, j’ai appris que Kham, Yai et Mailie sont enfermés chez l’européen où travaille ta mère !

-Je vais les chercher !

-Sois prudent !

Ting partit en direction du domicile de l’européen qui se trouvait à deux kilomètres de là ; quand il arriva, cinq Thaïlandais armés de bâtons de bambou se tenaient là ! Ting comprit qu’il allait se battre. Sa maitrise du muay thaï et sa volonté de retrouver ses frères et sœur le fit triompher de ses cinq gardiens de l’immense maison. Il s’y introduisit : c’était une grande bâtisse, les pièces étaient immenses, décorées de statues diverses. Dans un coin sombre, il vit tout à coup ses frères et sa petite sœur attachés à de vieilles chaises : sans faire attention, il courut vers eux, les détacha, puis se retourna en direction de la porte d’entrée : un européen le menaçait avec un révolver !

Cet homme armé dit à Ting :

-C’est fini maintenant, j’avais préve… !

En un éclair, Ting saisit le bras de son agresseur et le brisa. L’homme hurla de douleur et un coup de feu partit : la balle traversa la jambe de Ting.

Tandis que l’européen se tordait de douleur par terre, Ting ordonna à Kham :

-Va chercher de l’aide, je ne peux plus bouger ma jambe !

-D’acord, répondit Kham.

 

Quelques mois plus tard, Ting était de nouveau sur pied. La balle n’avait laissé aucune séquelle : Ting pouvait reprendre son entraînement.

Un matin, Ting fut appelé par son père :

-Oui, père, que se passe-t-il ?

-J’ai quelque chose à t’avouer.

-Je t’écoute, père.

-Ting, te souviens-tu du moment où tu étais face à l’européen ? Que t’a-t-il dit ?

-Je l’ignore car comme il me menaçait avec son révolver, je ne lui ai pas laissé le temps de parler !

-La vérité est que tout est de ma faute !

-Comment ça ? Explique-toi, père !

-Mes récoltes n’étaient plus assez bonnes : un jour, cet homme est venu et m’a proposé son aide et j’ai accepté. Le problème est que je ne pouvais pas le rembourser. Alors il a commencé à me menacer de prendre les enfants et de les tuer. Mais grâce à ton courage, nous sommes sauvés. Merci Ting !

LEONARD Yannick (2nde 1)

 

 

 

 

 

 

 

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DENTELLES ET PAPILLON

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La dame dentelière a choisi ses fuseaux

Et sur son parchemin, elle pose les aiguilles

Elle ferme ses paupières, repose ses pupilles

À portée de la main, son crochet, ses ciseaux

 

Elle visualise les fleurs et les feuillages

Dans l’entrelacs d’idées, les formes se dessinent

C’est comme une musique aux ondes qui fascinent

Et vont jusqu’à ses doigts qui ressentent l’ouvrage

 

Et les heures couleront d’une habile patience

Où les tresses croisées formeront l’élégance

De nature en dentelles aux froufrous demoiselles

 

C’est là secret léger, au charme papillon

Que les femmes et les filles savent garder entre elles

Et peine Dentelière… aux fils de tradition !

 

 

Ô, DEMOISELLE

 

Vous froissez vos ailes arachnéennes

Dans les cerces des églantines,

Vous fascinez les mouches des grands airs

Pour les aires de vos royaumes !

 

À tous les âges indélébiles de la terre,

À tous les adages sibyllins de ce monde,

Tu as incrusté la pierre des carrières

Où sommeille le nom millénaire

De l’Agrion Jouvencelle.

 

À tous les sages indicibles de l’homme,

À tous les mages initiatiques de l’infinitif,

Tu es chassée du paradis,

Des sources aphrodisiaques

Et des étangs magnétiques,

Par les enfants de prudhommeries.

 

Oscillations ! Délectations !

La Divine des arcs-en-ciel Enchanteurs

S’échappe du filet inquisiteur de l’entomologiste,

Long coureur de hannetons au cœur des houblonnières

Où s’enivre l’oriole des lucioles.

Saint-Hesbaye

 

 

 

 

 

 

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PAR UNE BELLE JOURNEE

 

 

 

 

 

 

 

 

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Par une belle journée d’été, sortez, fermez les yeux et écoutez !

Dans la caresse du vent, il y a le murmure des vivants, des promesses et des serments, au loin des cris et des rires d’enfants et le chant d’un oiseau pour nous dire qu’il fait beau.

Dans le souffle du vent, il y a des peines et des tourments, l’amour parti, triste la vie, les sanglots dissimulés d’un enfant maltraité, et les piaillements d’un oiseau que le chasseur a blessé.

Dans les hurlements du vent, quand Eole et ses amis s’unissent au ciel, aux mers et aux rivières, pour crier aux hommes leur colère. Pour toujours plus de profit, on coupe les arbres et on bâtit, tandis que la Terre disparait sous le béton et le macadam et que quelques nantis, pour une heure de plaisir, s’envoient en l’air en détruisant l’atmosphère. Pour le « Modernisme », les hommes se battent et s’entretuent pour la puissance.

Mais que ferez-vous de vos sous, pauvres fous, lorsque la Terre ne sera plus qu’un désert ou recouverte par les mers ?

Que direz-vous aux enfants, à vos enfants, quand ils vous demanderont comment ?

Comment avez-vous pu en si peu de temps détruire pour votre plaisir cette terre nourricière qui nous a tant donné ?

Quelle autre planète irez-vous conquérir et détruire ?

Vite, vite, il vous reste du temps, il nous reste du temps pour eux, les enfants.

Elisabeth MONTAY - CAUDRY

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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PENSÉE

 

 

 

 

 

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Eudtimps z’in timps, y fot  bin s’arposeu  ed’neu rin feure ! euch dis cha mi, j’eun’ dis rin ! Eut tote fachon euj va d’vir feure in poste  ed’nuit !

Traduction : De temps en temps, il faut bien se reposer de ne rien faire ! je dis ça mais je ne dis rien ! Et de toute façon, je vais devoir faire un poste de nuit !   

HMA

 

 

 

 

 

 

 

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UN JOUR VIENT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Péniblement, clopin-clopant,

Il va du lit à la fenêtre,

Regarde fixement jouer des enfants.

Le doute est-il entré dans son être ?

Vit-il un dernier rêve ? Vit-il l’instant présent ?

Est-ce l’ultime illusion, peut-être,

De renouer à sa vitalité d’antan ?

Il se retourne enfin, hochant la tête,

Prostré, le dos courbé, les bras ballants,

Repart se reposer de ce pas trébuchant.

Ses yeux autrefois si pétillants, si bleus,

Sont devenus sans vie, d’un gris laiteux.

Sa voix si forte auparavant

Est presque inaudible maintenant.

Lui qui en entrant dans la vieillesse

Voulait et semblait ignorer ses soixante ans.

Son avenir était encore plein de promesses.

L’on sentait qu’il voulait vivre cent ans !

Vieillir pour lui c’était mourir,

Paraître « jeune » son grand désir…

Mais depuis, vingt années sont passées.

Sa femme, ses amis l’ont quitté.

Les douleurs en lui se sont invitées.

À présent, il ne triche plus, vieux il est !

Bernard SIMON

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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FADO ou

QUAND LA VOIX SE DECHIRE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Sous les voiles gonflées de rêve et d’espérances,

Voguent le vague à l’âme et l’éternelle errance,

L’horizon qui s’éloigne et l’amour qui se meurt,

L’âpre soif de conquête et du toujours ailleurs

Que nul Japon, nulle Inde et nul Brésil n’étanchent.

 

Ah ! que saigne un instant comme une source vive

La blessure des plaies qu’à plaisir on avive,

Le chant que l’on arrache à l’âme qui s’épanche

Qui parle du malheur et de plus loin encore,

De l’éternel retour d’un roi-chevalier mort.

 

Ou bien d’un souverain qui fit reine une morte !

Que le cœur a de peine et qu’il se réconforte

À mourir chaque jour de ne plus vouloir vivre,

À souffrir et chanter la désespérance ivre,

Les yeux fermés, noyés, dans les eaux du vertige !

Henri LACHEZE

 

 

 

 

 

 

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LA JOIE DE VIVRE

 

 

 

 

 

 

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Malgré toutes ces épreuves, j’ai gardé cette joie de vivre. Si l’on me demandait d’où elle vient, je pourrais dire que du plus loin que je me souvienne, elle a toujours été présente en moi, même quand j’allais et que j’avais mal.

Toujours là à sortir pour cacher mes douleurs et mes peines de cœur, ancrées en moi, me rendant belle de l’intérieur mais encore plus belle de l’extérieur.

Cette joie de vivre est tellement présente que je n’arrive pas à la gérer et la diffuse autour de moi pour rendre les gens heureux, les aider à tenir dans la vie. Ma joie de vivre est si magnifique, qu’elle embellit les vies.

C’est comme si la douleur me faisait exister. Tout ce qui me fait mal me rend plus forte car de tout mal peut sortir le meilleur.

J’ai écrit, j’écris pour me libérer l’esprit. L’écrit a libéré la langue du cœur avec allégresse.

Les mots guérissent les maux !

GUIZMO

 

 

 

 

 

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RETROUVAILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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En ce lundi matin, le commissaire SEKEKCHOZ n’est pas très en forme, il consulte nonchalamment son rapport sur l’affaire BONNARCHEL de ce vendredi.

Il rumine quelque peu :

-Et DUFOUR qui n’est pas encore arrivé, il est 9 heures passées. Il a encore dû faire la fête ce week-end ! Il va m’arriver, la tête encore enfarinée.

Quelqu’un frappe à la porte :

-Entre, DUFOUR, la porte est ouverte ! et pourquoi tu tapes ?

Un personnage entre et ce n’est pas DUFOUR. Un homme d’un certain âge.

-Excusez-moi, je pensais que c’était mon adjoint. Que puis-je pour vous, monsieur … ?

-Ancien commissaire LAROSIERE… Jean LAROSIERE, j’occupais ce poste il y a quelques années maintenant.

-Je me souviens de votre nom, même si l’on ne s'est jamais rencontrés. J’ai été muté après votre départ. Qu’est-ce qui vous amène donc ?

-C’est une vieille histoire que j’ai résolue en partie car il m’est resté un doute qui m’a trotté dans la tête. Si vous voyez ce que je veux dire !

-Allez-y, racontez-moi donc !

-Une dame vient de mourir et on l’enterre après-demain. Ses deux fils faisaient partie d’une bande appelée « Les Titans », ils étaient sept ou huit dans la bande. Un jour, dans les années 1970, un gamin d’une bande rivale « les Hercules » fut retrouvé mort dans le parc de votre commune. C’est pourquoi j’ai pensé à vous. L’un des fils de cette dame fut accusé et fit de la prison. Tout l’accusait mais il n’avait pas l’envergure d’un tueur.

-Et alors ? le coupa le commissaire.

-J’ai bien peur que tous se retrouvent là et qu’il y ait un règlement de compte entre eux !

-Bien, je vais y faire un saut avec mon adjoint, on verra bien s’il se passe quelque chose. Je vous tiendrai au courant, bien entendu.

 

Le lendemain, dans le journal, SEKEKCHOZ lit le faire-part à haute voix à DUFOUR :

-Madame GRAPELLI vient de décéder ce dimanche, et ses obsèques civiles ont lieu demain.

-En quoi ça nous intéresse ?

-Eh bien, on va y aller et ouvrir bien nos oreilles et éventuellement éviter une bagarre.

-Ah bon !

La journée se déroula naturellement comme à l’habitude quand le secteur est calme.

 

Mercredi matin au cimetière de LIGNY, le commissaire et son adjoint attendent patiemment l’arrivée des personnes qui viendront présenter leurs dernières condoléances à la défunte et à la famille.

Alors que l’on va ensevelir sa mère, Philippe GRAPELLI sait qu’il va revoir les anciens de la bande des Titans qu’il n’a pas revus depuis longtemps. Le passé va resurgir et la vérité va sûrement éclater.

Philippe gara sa berline le long du mur du cimetière, suffisamment loin de l’entrée pour faire une arrivée discrète.

-Ça va aller, mon chéri ? lui demanda Nadine, qui était assise à ses côtés.

-Enterrer sa mère n’a rien de drôle. Surtout ici, avec tous les anciens copains, avec les voisins… J’avoue que j’aurais préféré une cérémonie plus confidentielle. Mais comment refuser ces derniers honneurs à maman ?  Je ne me sens pas le droit d’interdire à tous ces braves gens de lui témoigner leur amitié.

-Oui, ta mère a bien droit à des funérailles, entourée de tous ses amis. Tout le monde l’aimait, ici. Tu verras, cela se passera bien. Je suis avec toi. Et Laetitia ne devrait pas tarder.

Philippe chercha leur fille du regard. Mais il ne repéra ni Laetitia ni sa voiture. Il se sentait bien dans sa voiture aux vitres fumées, à l’abri des regards. Il lui fallut regrouper toutes ses forces pour trouver la volonté de sortir du véhicule.

Une fois à l’extérieur, Nadine lui resserra sa cravate noire. Puis ils se dirigèrent vers l’entrée de la nécropole. Durant cette courte marche, Nadine serra la main de son mari dans la sienne.

Le grand portail du cimetière de LIGNY en BAROEUL était ouvert.

À l’entrée, un groupe de personnes, habillées pour la circonstance, attendaient le convoi funéraire. SEKEKCHOZ observait tous ces gens. Tous avaient une bonne soixantaine d’années, un peu plus que lui d’ailleurs. Malgré le temps passé, Nadine reconnut les anciens copains de la bande de Philippe. Elle les connaissait tous, même si, comme son mari, elle ne les avait pas vus depuis fort longtemps.

 

Ils avaient appartenu à la même bande de loubards, les Titans, un groupe de jeunes marginaux qui avait semé la terreur dans la petite ville au milieu des années 1960/70.

Trois messieurs en costume sombre et cheveux gris-blanc s’approchèrent de Philippe, le saluèrent, mais ils en restèrent au stade des politesses et des formules toutes faites, marmonnées sans intonation.

Compte tenu de tous les souvenirs que ces hommes avaient en commun, ces effusions réduites au strict nécessaire paraissaient presque offensantes aux yeux de Nadine. Face au seul fils vivant  d’Yvonne GRAPPELLI,  la défunte, la distance affichée par les anciens copains de Philippe était exagérée, voire déplacée. Même son absence de LIGNY pendant de longues années n’aurait pu justifier qu’en ce jour de deuil on lui oppose un tel affront. Philippe avait peut-être eu raison de craindre ces retrouvailles, pensa Nadine non sans angoisse.

Souhaitant ostensiblement mettre fin au malaise qui s’était installé, un des hommes, un gros moustachu, s’approcha de Philippe et lui adressa des paroles réconfortantes.

SEKEKCHOZ se rapprocha pour mieux écouter leur conversation.

-Philippe, je suis désolé pour ta maman. Yvonne était une femme formidable. J’ai pleuré pendant toute une journée. Et puis, ça m’a rappelé toute cette époque

-Merci Gilles. C’est gentil. Elle t’aimait beaucoup, toi aussi. Tu la faisais rire. Enfin… avant… Avant cette triste histoire. Ensuite, elle ne riait plus beaucoup, la pauvre.

-Ne parlons pas de cela, répondit Gilles. On est tous ici pour célébrer sa mémoire. On ne refera pas l’histoire.

-C’est compliqué, tu sais. J’ai l’impression que tous les regards sont sur moi, et que tous me jugent. À leurs yeux, je suis coupable. Pour toujours, coupable.

-Peut-être… Laisse-les penser ce qu’ils veulent. Tu ne pourras pas les changer. Fais-moi confiance, Philippe. Ça se passera bien. Allez viens, on va voir Michel. Je veux me recueillir pour lui aussi. Et pour ton père. Je les aimais tous beaucoup.

-Merci, Gilles. Tu as toujours été un type bien. Jean-Marc a été prévenu ?

-Il sait que les obsèques ont lieu ce matin.

-Il viendra ?

-Avec Jean-Marc, on ne sait jamais… on verra bien. Pourquoi ? Ça t’inquiète ?

-Je ne sais pas. Ça a été compliqué avec lui, après l’affaire.  Je ne sais pas  si ça lui fera  vraiment  plaisir  de me revoir. On ne se parle plus beaucoup.

-Vous êtes fâchés ? lui demanda Gilles.

-Non, pas vraiment. Disons que, longtemps, Jean-Marc m’a appelé pour me reparler de Michel. Tu vois de quoi je parle ?

Gilles approuva d’un battement d’œil, il mit fin à ces échanges en lui tapant sur l’épaule, en camarade. Ce geste effectué à la vue de tous était un appel à la solidarité des anciens de la bande pour l’un des leurs, longtemps parti, qui revenait dans la douleur, puis il s’esquiva.

SEKEKCHOZ en profita pour le rejoindre :

-Pardon, monsieur ! Je vous ai entendu discuter avec Philippe, vous pourriez m’en dire plus sur lui, je n'ai pas bien compris sa situation.

-Philippe avait un frère qui a fait de la prison. Mais on n’a pas tout dit à son sujet. Il est allé en prison, mais… son père a toujours dit que c’était quelqu’un de bien. Il a toujours été très sensible au sujet de la mémoire de son fils aîné. Pour l’avoir connu, Michel était un garçon qui n’avait rien à faire avec notre bande de bagarreurs. C’était un rêveur, un gentil qui n’aimait qu’une seule chose : lire des livres. Il voulait faire des études, devenir instituteur. Peut-être plus encore…

-Et qu’est-il arrivé pour qu’il aille en prison ? demande le commissaire.

-Il y était pour deux raisons. D’abord, son père est d’origine pied-noir. C’étaient des Français qui vivaient en Algérie, vous le savez, du temps des colonies. Ils sont venus en métropole lorsque l’Algérie est devenue indépendante, en 1962.

Cependant, même s’ils étaient juridiquement français, ils avaient du mal à être acceptés dans la population de LIGNY. Ils parlaient fort avec un accent bizarre et des manières qui ne plaisaient pas aux gens d’ici. Alors, la bande de blousons noirs, pour les deux frères, c’était un moyen de faire partie d’un groupe. On parlerait de « s’intégrer », de nos jours.

Parmi les copains, on ne leur demandait pas d’où ils venaient. Leur code de l’honneur reposait sur d’autres valeurs : la parole donnée, la fidélité au groupe, le courage dans les bagarres…

-Je vois. Et l’autre argument ?

-Michel tenait à rester dans la bande pour veiller sur son petit frère. Philippe, c’est difficile à croire aujourd’hui, était un bagarreur, une tête brûlée. Michel ne voulait pas qu’il lui arrive quelque chose. Alors, même s’il n’aimait pas l’ambiance « virile » de la bande, il y tenait sa place pour garder un œil sur son frère.

-D’accord. Je comprends. Mais cela ne me dit pas comment et pourquoi il est allé en prison, requestionne SEKEKCHOZ, voulant en savoir un peu plus que ce que LAROSIERE lui avait dit.

-Patience, monsieur, répondit Gilles. La bande avait l’habitude de se battre contre d’autres jeunes venant d’une autre cité du village voisin, les « Hercules ». Mais de temps en temps, ils se castagnaient aussi contre de jeunes maghrébins. Je sais que c’est difficile à comprendre aujourd’hui, mais à l’époque, c’était comme ça. Ce n’était pas une affaire de racisme. Je pense qu’il faut plutôt le voir comme des regroupements de jeunes désabusés, un peu perdus et souvent en colère contre une société qui ne leur laissait pas assez de place. Qu’il s’agisse des jeunes rebelles comme Philippe ou de récents immigrés, ils avaient pour point commun d’être rejetés par la population bien-pensante de l’époque. Leur père n’a jamais prononcé une parole contre un étranger, je vous l’assure.

-Oui, je pense qu’il avait cette qualité, en plus de toutes les autres : le respect, l’humanité, la tolérance…

- C’est c’la même…

-Et puis un soir, nous nous sommes battus dans le jardin public. Arabes contre blousons noirs. Ça a été très violent.

Mais dès qu’on a entendu les sirènes d’un fourgon de la police, nous avons tous pris la poudre d’escampette. Michel et Philippe sont rentrés en courant chez Yvonne et Gérard, à la cité des Astronautes, où ils pensaient être tranquilles. Mais le lendemain matin, la police est venue les chercher. C’était la catastrophe. Les deux frères, menottes aux poings, emmenés dans la Peugeot 404 de la police. Quand elle m’en parlait, Yvonne en pleurait encore, des années plus tard. Au commissariat, ils ont retrouvé tous les copains de la bande. Tous, sauf le fils du pharmacien, qui était adjoint au maire. Le gros Hector, avec son beau blouson et sa petite moto toute neuve. Celui-ci n’a jamais été inquiété.

-Bonne ambiance

-Oui, comme vous dites. Les policiers nous ont alignés contre un mur avec interdiction de se parler. À cette époque, comment dire… les policiers avaient la matraque facile. Pas de réseaux sociaux, pas de téléphone portable pour filmer, pas d’avocats. Rapidement, ils ont compris qu’il y avait eu un drame dans le parc, la veille au soir. Les policiers ont trouvé un jeune Maghrébin mort. Un coup de couteau dans le cœur. Les enquêteurs devaient trouver qui, dans la bande, avait porté le coup fatal. Ils faisaient passer un interrogatoire très serré à chaque Titan présent au poste. À travers la porte du bureau des inspecteurs, on entendait de grosses voix qui criaient. Les policiers faisaient ce qu’ils pouvaient pour nous impressionner et nous forcer à avouer. Des fois, certains d’entre nous osaient leur tenir tête. Alors, on entendait les gifles claquer. L’interrogatoire terminé, ils nous faisaient sortir par une autre porte, afin qu’on ne croise pas ceux qui attendaient leur tour dans le couloir. Michel et son frère furent les derniers à passer. Philippe a dit ce qu’il savait, c’est-à-dire pas grand-chose. Il n’était pas dans le secteur du parc où le jeune garçon est mort. Il n’avait rien vu. Les policiers ont essayé de lui faire avouer des choses qu’il n’avait pas faites, mais il a tenu bon.

Ils l’ont placé en cellule, avec les autres. Les gardiens de la paix nous surveillaient pour qu’on ne se parle pas. Dans le silence, nous nous regardions avec insistance. On essayait de savoir qui avait parlé. Il fallait un coupable pour le commissaire de police. Une affaire réglée avec efficacité qui lui vaudrait un article dans La Voix du Nord et les félicitations du sénateur-maire, Marcel LAGACHE, industriel.

-Donc, d’après vous, si personne n’avait parlé jusqu’alors, c’est donc que c’est Michel qui avait tué ? Est-ce qu’il a tout avoué ?

 

À suivre                Hector MELON D’AUBIER

Tiré du livre : SEKEKCHOZ .... Commissire

 

 

 

 

 

 

 

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REVELATIONS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3e partie (suite du n° 78)

Élisabeth apprit que son mari n'était plus aux urgences. Il avait été transféré en médecine générale et bénéficiait d'une chambre particulière. Elle poussa la porte avec appréhension : que pouvait-elle lui dire de positif ? Il dormait. Le plus doucement possible, elle tira une chaise près du lit.

Christophe remua et ouvrit les yeux : - Ah c'est toi ! dit-il. Tu vois, je suis dégringolé bien bas : les médecins disent que je ne remarcherai pas ! Je ne comprends pas ce qui m'est arrivé ! J'ai fait un rêve! Mais on ne rêve pas en conduisant ! Je prenais un gars en stop, puis il y avait une soucoupe volante posée près de la route ! Il secoua la tête, ça n'a aucun sens ! Et mon passager disait qu'il était un extraterrestre, et qu'il venait pour me parler !!! Et après, on me retrouve broyé dans un arbre !!! Tu parles d'un délire !!!! 

Le docteur Mancier entra discrètement à ce moment-là : - Bonjour madame Maillay, j'entendais du bruit et me demandais si votre mari allait bien : il est sujet à une hallucination persistante, il a dû vous en parler. Ne vous inquiétez pas : avec la morphine et l'anesthésie qu'il a subie, c'est tout à fait normal, ça devrait s'estomper dans les jours qui viennent. - Bonjour docteur, pensez-vous le garder longtemps ? Je veux dire, si les fractures sont réduites et qu'il est plâtré, ne serait-il pas possible qu'il rentre à la maison ? Je pense que ce serait mieux pour son moral.

- Je comprends tout à fait, nous n'allons pas le séquestrer, ajouta-t-il. Nous le gardons encore demain : un dernier scanner à passer, et nous vous le rendons. Je vous demanderai de passer au secrétariat, il y a des formalités à accomplir... Gêné, il ajouta : " et des dispositions d'autonomie à prendre. "

Après le départ de sa femme et du médecin, la pièce se retrouva plongée dans un silence épais. Maillay, allongé sur le dos, ruminait de bien sombres pensées : - Et voilà ! Condamné à passer le reste de ma vie dans un fauteuil roulant ! Je ne sais même pas comment c'est arrivé !

Des larmes d'amertume et de rage coulaient sur son visage. La chambre s'assombrissait, le crépuscule tombait, n'arrangeant rien au moral de Christophe. Un toc-toc énergique retendit soudain dans ses oreilles.

- Entrez ! dit-il un peu surpris.

Il n'attendait pas de visite. La porte s'ouvrit et, apparut dans l'encadrement la haute silhouette d'un homme. HENDLER !!! L’extraterrestre !!!!!! - - Vous en faites une tête ! On dirait que vous n'êtes pas content de me revoir ! Je vous avais pourtant dit que nous nous rencontrerions souvent ! -- Mais comment êtes-vous là ? Comment êtes-vous sorti de mon rêve pour arriver ici ?! bredouilla Christophe.

- Doucement! Qu’est-ce que c'est que cette histoire de rêve ? Vous m'avez pris en stop il y a trois jours, vous m'avez accompagné jusqu'à un véhicule spatial, où est le rêve ? dit Hendler en souriant narquoisement. Je suis venu dès que j'ai appris votre mésaventure. - Mésaventure ? Vous en avez de bonnes ! Paralysé à vie, vous parlez d'une mésaventure ! s'indigna Christophe. - - Vous permettez? demanda Hendler.

Sans se soucier de la réponse, il s'approcha du lit, passa lentement la main au-dessus de Maillay, du sommet du crâne à la pointe des pieds.

- Vous allez passer une bonne nuit et, demain matin, vous demanderez qu'on vous enlève tout ce mortier : on dirait une statue ! Vous vous lèverez, enfilerez vos habits, et vous sortirez de cet endroit peu engageant ! -

-Merde, ça glisse !

L'inspecteur Fresnel se cramponna in extremis à une branche : encore deux mètres à parcourir et il atteindrait cette satanée voiture. -- elle ne roulera plus, celle-là ! se prit-il à penser.

Il posa enfin la main sur la poignée de porte, côté passager. La porte resta bloquée, évidemment. Posant son pied sur le montant entre les deux portières, Fresnel s'arc-bouta, tirant de toutes ses forces sur la poignée. Celle-ci céda d'un coup, envoyant l'inspecteur bouler en arrière. Il était propre ! - Les risques du métier, songea-t-il, non sans ironie.

Se penchant à l'intérieur de la voiture, il commença méthodiquement son investigation : prit les empreintes digitales sur le volant, sur les poignées intérieures, sans grande conviction : les secouristes avaient dû tout brouiller en évacuant Maillay. Il ouvrit la boite à gants, fouilla dans les papiers qui s'y trouvaient, assurance, constat à l'amiable, mouchoirs en papier : rien de suspect. Le plancher était aussi déconcertant de propreté : Maillay semblait prendre soin de sa voiture.

Il se pencha pour regarder sous les sièges. Propre aussi. Juste une petite capsule en caoutchouc qui faisait tache sur la moquette immaculée. Fresnel la saisit avec précaution et la glissa dans une pochette de plastique. - Au moins, je ne rentrerai pas bredouille, se dit-il, fataliste.

 

- Je vous dis que je veux qu'on m'enlève ces plâtres et qu'on me donne mes vêtements, c'est quand même pas difficile à comprendre ! s'égosilla Maillay

- Vous êtes devenu fou ! lui répondit l'infirmière. Vous avez une vertèbre en bouillie, et je ne vous parle pas de vos jambes ! De toute façon, le docteur va passer. J'espère qu'il saura vous faire entendre raison ! Moi, je n'en vais, vous m'énervez !

- Elle sortit en claquant la porte. Il fallait qu’elle en réfère à sa hiérarchie, elle se rendit au bureau de l'étage. Le docteur Mancier s'y trouvait, et l'infirmière, encore sous pression, lui sauta littéralement à la gorge :

- Ah, vous êtes là ! Vous tombez bien, monsieur Maillay. Vous savez, l'accidenté de la route ! Eh bien, il veut qu'on lui enlève ses plâtres, et il dit qu'il veut rentrer chez lui !

- Allons ! Gardez votre sang-froid, Martine. Le Médecin lui frappa l'épaule amicalement. Je vais lui parler et tenter de le calmer ! Ah, ces malades : ils nous feront mourir !....

- Monsieur Maillay ! Martine vient de m'apprendre que vous étiez un miraculé ! - Le docteur Mancier souriait de toutes ses dents, les bras ouverts.

- Mais vous comprendrez que l'on ne peut pas vous déplâtrer comme ça, à l'arrache ! Voici ce que je vous propose : vous passez des radios de contrôle demain matin à la première heure, et si vous n'avez plus aucune trace de vos fractures, ajouta-t-il, avec un clin d'œil appuyé en direction de l’infirmière, vous sortez. Vous savez, nous ne retenons personne ici de force !

Maillay haussa les épaules :

- J'ai l'intime conviction que je suis guéri ; je ne peux pas vous expliquer pourquoi, vous me taxeriez de folie ! J’attendrai donc demain, puisqu'il vous faut des preuves radiologiques !

Puis il ajouta, à l'adresse de l'infirmière :

- Excusez mon emportement de tout à l'heure, mais de se sentir guéri et plâtré comme une momie m'a semblé sur le coup insupportable. Je vous promets de ne plus m'énerver jusqu'aux résultats de la radio !

- À la bonne heure ! s'exclama le docteur Mancier, je vous laisse, puisque vous voilà devenu raisonnable ! Bonne nuit, monsieur Maillay, et à demain !

Comme chaque matin, l'inspecteur Fresnel gravit le perron du commissariat rue Salengro, saluant au passage ses collègues de travail. La routine lui imposait d'accrocher son imper au perroquet avant de jeter un œil à son courrier. Fresnel était de cette race de flics méticuleux, qui s'acharne sur des détails d'apparence insignifiants. Bien souvent ce comportement d’entomologiste l'avait conduit à élucider des enquêtes difficiles, où d'autres collègues se seraient probablement fourvoyés. Il découvrit avec plaisir que les résultats d'analyse de la capsule plastifiée trouvée dans la voiture de Maillay se trouvaient sur son bureau. Selon son habitude, il décacheta l’enveloppe sans précipitation, bien que curieux du contenu. Le laboratoire de recherche avait bien travaillé : il était précisé que le bouchon trouvé sous le siège de la voiture de Maillay, était sans erreur possible le bouchon qui fermait une fiole d’'Isoflurane, anesthésique vétérinaire, à admission gazeuse. Sans effets nauséeux au réveil, sans risques majeurs d’utilisation.

Pensif, Fresnel reposa la lettre -" V'là autre chose!-" dit-il dans ses dents.

CHU de Toulouse, 7 heures 30, salle de radiologie.

- Bonjour monsieur Maillay, c'est bien votre nom ? Le docteur Mancier a demandé une radio de votre squelette, je ne comprends pas trop pourquoi : vous ne pouvez pas avoir déjà reconstruit vos os !... Enfin! Détendez-vous, nous allons vous placer sous le faisceau. À mon signal, vous resterez le plus immobile possible.

- Vous êtes drôle ! Vous me voyez bouger avec cette armature ?

Le radiologue ne répondit pas et s'engouffra dans son pupitre de commande.

- Ne bougez plus !... Voilà c'est fini, on vous ramène dans votre chambre, je fais parvenir les radios au docteur d'ici une quinzaine de minutes ; bonne journée, monsieur.

Deux infirmiers, jeunes mais peu loquaces, pilotèrent sûrement le brancard de Maillay dans le dédale de couloirs. Ils prêtaient beaucoup d'attention à ne pas heurter les murs. L'un d'eux ouvrit la porte de la chambre du malade. Le convoi entra et les deux hommes firent glisser Maillay sur son lit.

- Voilà ! Bonne journée, monsieur !

Et ils s'éclipsèrent.

C'est à ce moment que Maillay prit conscience de la présence d'un homme, debout, appuyé contre le radiateur.

- Bonjour monsieur Maillay, je suis l'inspecteur Fresnel, du commissariat de Toulouse, chargé de l'enquête sur les circonstances de votre accident de voiture. Pouvez-vous me raconter vos derniers souvenirs avant que vous n'ayez quitté la route ?-

Maillay leva les yeux vers son interlocuteur :

- Eh bien non, justement, et c'est ce qui me fait pester ! La dernière chose dont je me souviens c'est cet auto-stoppeur, que j'avais pris en charge quelques kilomètres plus en amont et qui monte dans la soucoupe volante, appelez ça comme vous voudrez ! -

Fresnel l’interrompit :

- Vous voulez dire que vous avez pris en stop un extraterrestre et que vous l'avez conduit jusqu'à son vaisseau spatial ? C'est une blague, j'espère ? Vous avez été médicamenté récemment ? Vous vous rendez bien compte que vos propos sont... étranges !

- Je suis comme vous, inspecteur, j'ai cru à un montage, si vous préférez, une espèce de bizutage, mais quand ce type est revenu me voir, hier à l'hôpital, et qu'il a promené ses mains sur moi en me disant que j'étais guéri, je l'ai cru. Il avait l'air tellement sûr de lui, et il m'avait dit que nous nous reverrions sous peu ! Tout se passe comme il l'avait prédit !

- Possédez-vous un animal chez vous ? Avez-vous l'occasion d'en approcher, avez-vous un vétérinaire parmi vos contacts ?

- Euh, non ! Nous n'avons pas d'animaux domestiques, votre question me semble hors sujet, inspecteur !

- Laissez-moi en décider, monsieur Maillay. Pas de chevaux non plus ?

- Non ! Nous n'avons pas le temps de ce genre de loisir !

- Bien. Ce sera tout pour aujourd'hui monsieur Maillay, je vais vous laisser reprendre des forces. Mais nous nous reverrons sous peu : votre histoire comporte beaucoup de blancs ! À bientôt monsieur Maillay.

L'inspecteur quitta la chambre, un pli barrait son front : "ou bien il est dingue, ou il me mène en bateau, ou alors c'est le dindon d'une farce ! pensa-t-il en appuyant sur le bouton de l’ascenseur. Perdu dans ses pensées, il ne vit pas apparaître à l'autre bout du couloir le docteur Mancier, qui courait plus qu'il ne marchait, avec de grands mouvements de bras, vers la chambre de Maillay. Le médecin entra sans toquer. Il était blême et laissa son dos appuyé contre le battant :

- C'est pas possible ! Vous me faites une blague ! Vos radio ! Vos fractures ont disparu !

- Alors, docteur, vous me croyez, maintenant ? ironisa Maillay. Vous allez m'enlever ce carcan ?

Deux jours plus tard, Christophe Maillay descendait allègrement l'escalier de l’hôpital. Sans douleurs, sans courbatures. Il décida de passer tout de suite chez lui rencontrer son épouse, certainement pas encore remise de ce prodige.

Effectivement, Élisabeth Maillay lui parut sonnée :

- Tu te rends compte ! C’est un miracle ! Comment expliques-tu cela ? Ce n'est pas normal ! Et le flic, qu'est-ce qu'il cherche, hein ! Tu peux me le dire ?

- Je te l'ai déjà dit, répondit Christophe, mon auto-stoppeur est passé dans ma chambre, a passé les mains sur mon corps, et m'a dit : voilà, vous êtes guéri !

- Et tu l'as cru ?

Oui, avais-je quelque chose de mieux à entendre ?  

                             à suivre          Franck DEFOSSEZ

 

 

 

 

 

 

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