SOMMAIRE DE LA CAUDRIOLE N°79
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BD HARDUIN d’AMERVAL n°1 à 63
Illustration BD : ODILON page 2
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PATRICK MERIC
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HUMOUR
- PATOIS
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LES
CHOCOLATS DE PAQUES ET LES RATONS page
3
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Nicolas MINAIR |
UN DROLE DE NUMERO page 3
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Albert JOCAILLE |
EXPRESSIONS COURANTES page 4
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HERTIA-MAY |
DANS UNE MER et L’HOMME est VAINCU page 4/
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Didier COLPIN |
LE CAILLOU page 5
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Franck DEFOSSEZ |
LES DEBOIRES page 6
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Gérard ROSSI |
NAÏVETE et I VEUT MIUX… page 8et 10
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Léonce BAJART |
DIX FEES RAMANT page 9
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Marc VINCENT |
PENSÉES page 14
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ADULTES –POESIES
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LA PAIX
page 7
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Daniel CARLIER |
LA RETRAITE page 7
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Reine
DELHAYE |
4 SEPTEMBRE
page 8
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Olivier BODELLE |
TOUSSAINT
et LA LANDE page 8
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PASCAL |
L’ARBRE du
PARADIS page 6
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Albert JOCAILLE |
REVE de FEUILLE page 10
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Jean-François SAUTIERE |
SOUVENIRS page 10
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Julien BURY |
ARBRE DE PAPIER page 11
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Thérèse LEROY |
LA NUIT S’OUVRE page 12
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HERTIA-MAY |
JOLIE DEMOISELLE page 12
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Saint HESBAYE |
LE REVE et VICTIME DE L’AMOUR page 12
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Lycée JACQUARD |
LA DETTE CACHEE page 13
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Yannick
LEONARD |
DENTELLES et PAPILLON ; Ô
DEMOISELLE page 14
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Saint HESBAYE |
PAR UNE BELLE JOURNEE
page 14
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Isabelle MONTAY |
UN JOUR VIENT page 15
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Bernard SIMON |
FADO page 15
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Henri
LACHEZE |
LA JOIE DE VIVRE page 15
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GUIZMO |
ARGENTINE page 16
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Luis MARIANO |
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NOUVELLES |
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RETROUVAILLES
page 17/18/19
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Hector
MELON d’AUBIER |
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REVELATIONS page 20/21/22 |
Franck DEFOSSEZ |
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DIVERS |
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CONCOURS POESIES page 23 |
STE EMULATION |
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SALON DES ARTS page
24 |
OMC CAUDRY |
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SALON DU LIVRE 3)de couverture |
OMC CAUDRY |
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LES CHICOLATS D’PAQUES |
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Pâques ch’étot les uéfs qu’in muchot dins l’gardin Pou qu’l’infant i s’arluche à démucher les caches. In rwétiot après l’cloqu’, l’glaine o bin l’lapin, L’fiête a’ durot lonmint, pindant nos jonnés aches. Achteur’no pouille a’ pond, pét’lant dins no pat’lin, Les uéfs is sont marrons, o d’coleur d’brin d’agaches, In voudrot min.m’ voler l’cheux à mon no visin, Si t’a gramint d’gamins, ravisse à ches partaches ! M’tiête a l’a l’tornis dins les grands magasins, Les uéfs dins les paquets, des rutés brissausaches, In a rimpli es’mand’, nos vint’s is vont ête pleins, Intonnés d’chicolat, in n’saurot pon êt’ saches... Nicolas MINAIR LES RATONS. Ch’est l’Candélé’, j’n’ai mie mingé d’raton, Con.me dit l’proverp, ej vas pisser tout cron, Faudra rvénir, à l’prochain Cras Mardi, Comme in as’gueul’ s’berlaffer d’chuqu’ Candi. J’aros pu quer y mett’d’el castonate, Pou mi maquer, cha s’ra toudis pus rate, D’el confiture, à pronne, à pun, à poire, Du caramel, cha donn’ra invie d’boire ! In l’inroul’ra, ç’te tiot raton bin caud, In l’infourn’ra, bin drot dins no gasiau, Chinq, six, siept, huit, l’z’avaler d’ène felté, Pou mn’estomaqu’, cha s’ra toudis l’gaieté ! Vlà l’nuit qu’al’vient, l’solel i s’a couqué, Mais mi, j’m’in fich’, l’couqu’baque al’va passer, Adon, me vlà intonné squ’à lindmain, J’vas démaquer o drouler à fond d’train ! Nicolas MINAIR |
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UN DROLE DE NUMERO
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EXPRESSIONS COURANTES |
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Mettre la charrue devant les beaux Passer l’alarme à gauche Changer son fusil de pôle La goutte qui fait déborder la vase Un nid rond d’elle ne fait pas le printemps Mourir , le ventre à l’air Avoir malle à partir Monter sur ses grands cheveux Trempé comme une coupe Rongé par le rat mort Avoir l’étalon sur l’estomac De fil à pèche en anguille Tel est frit qui croyait pendre Tissé à quatre épingles Dormir à la belle étable Mourir à sa perte Courir à perdre sa laine (se dit d’un
mouton !) Changer le fusil d’école Courir à sa Berthe Ne pas mettre ses deux pieds dans le même gras Hertia MAY |
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DANS UNE MER
SANS FOND, PAR UNE NUIT SANS LUNE |
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Juste garder le cap maintenir l’apparence Sur l’océan houleux d’une vaine assurance… Brouillard fantomatique en étrange horizon Précarité de la ligne de flottaison Ainsi voguer à vue sans vraiment de boussole Que de trop perturbée et qui souvent s’affole Dans un morne silence essuyer des embruns Les tabous de la mer ne sont pas des tribuns Sous le regard d’Éole et sous l’œil de Neptune Savoir que les flots sont une fosse commune… Le navire est perdu seul sous les éléments -Il vogue sans donner de signes alarmants-... (1) Oceano nox -
Victor Hugo L’Homme est
vaincu (D’ailleurs
existe-t-il ?)... Pseudo-lauriers Pour vrais guerriers… Avec ivresse Avec largesse Morts à gogo Pas d’embargo Déliquescence Obsolescence De l’être Humain -Triste destin-... Pseudo-victoire Pour sombre gloire... Didier COLPIN |
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LE CAILLOU |
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Albéric courait, insensible au froid glacial de ce mois de janvier 1724. Ses larmes gelaient sur ses joues rouges, ses sabots en mauvais bois de peuplier sonnaient sur un sol que le gel avait rendu dur comme la pierre. Il se jeta en tambourinant sur la porte du presbytère : «M’sieur le curé ! Ouvrez ! Il faut que je vous parle ! » Un panache de vapeur sortait de sa bouche. «Monsieur le curé ! Ouvrez vite ! C’est moi : Albéric !» Des pas traînants se firent entendre de l’autre côté de l’huis. Le bruit sec d’un loquet que l’on tire. Le curé se montra dans l’embrasure de la porte, prudemment entrouverte. Albéric !« Mais tu es fou de sortir par ce temps ! Entre vite, nous allons attraper la mort !» Le vieux prêtre approchait 55 ans, perclus de rhumatisme il se déplaçait à petits pas, s’appuyant sur un bâton de buis. «Va dans la pièce du fond, elle est chauffée. Assieds-toi . J’allais boire une décoction de plantes que m’a apportée Marie ... Une bien brave fille ! Alors ! Que t’arrive-t-il pour que tu sois dans un état pareil !? » Le gamin renifla, secoué de vifs sanglots : « C’est de la faute au caillou, M’sieur le Curé» Le curé, un brave homme, regarda Albéric avec douceur : le petit avait retrouvé son père la semaine dernière, pendu dans la grange. Il y avait de quoi perturber un garçon de cet âge. La maman d’Albéric, d’une santé fragile, était morte depuis longtemps, et son père constituait sa seule famille. «De quel caillou parles-tu» demanda doucement l’homme d’église. Le jeune homme prit une grande bouffée d’air avant de commencer : «Vous vous souvenez du colporteur qui est passé un peu avant Noël ? C’est lui qui m’a donné le caillou, en disant comme ça : tu verras, il est magique. -«Pourquoi t’a -t-il donné une pierre ? demanda le curé. - »C’était pour me remercier de l’avoir hébergé, lui et son âne, une nuit, dans l’écurie.» Le prêtre resservit un bol de tisane : «Et que t’a t-il fait, ce caillou, pour être dans un état pareil ?» Albéric regarda le vieil homme droit dans les yeux : « À moi, rien du tout, mais je l’ai montré au maréchal ferrant, et le lendemain on l’a retrouvé pendu, lui aussi !» «Oui, je me souviens, c’était il y a une quinzaine de jours» marmonna le prêtre. «Attendez : ce n’est pas fini ! La veille de sa mort, je l’ai montré à mon père aussi !» sanglota Albéric. «Allons, allons !» s’emporta le curé. «Simple coïncidence ! Ne répète jamais pareille sottise ! Tu veux finir sur le bûcher ? » «Je vous dis que c’est le caillou !» s’entêta le garçon. «Montre moi ce caillou, qu’on en finisse !» sévit le curé. Le gamin fouilla sa poche, soudain fébrile. «Le voici !» dit-il en déposant une pierre grisâtre sur la table. Le vieil homme regarda le caillou, le prit précautionneusement, et le soupesa. «Un caillou tout ce qu’il a d’ordinaire, comment peux-tu penser qu’il provoque le malheur ? … Est-ce que je peux le garder ? demain j’ai rendez-vous avec Monseigneur Thibaud, l’évêque de la ville. Je lui en parlerai et nous verrons comment nous pourrons te délivrer de ces sornettes !» «Comme vous voulez, M’sieur le Curé, mais faites attention à vous !» Le vieux prêtre haussa les épaules en raccompagnant Albéric jusqu’à la porte du presbytère. « Quelles sottises peut-on entendre dans ces villages loin de toute éducation Chrétienne !» murmura-t-il en refermant soigneusement la lourde porte de son domicile ….. Ce fut Marie qui le lendemain matin, trouva le curé Lothaire pendu dans sa cuisine. Horrifiée, elle s’apprêta à sortir précipitamment, quand elle vit le caillou qui luisait faiblement sur la table. Irrésistiblement, elle tendit la main et le mit dans sa poche. «Qu’il est beau !» dit-elle ….. Franck DEFOSSEZ |
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LES DEBOIRES |
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D’UN PASSEUR D’HISTOIRE Demain, que restera-t-il de moi ? Question que l’on peut se poser, non sans émoi ! Poussière éparpillée dans l’infini du temps passé : Quelques soupirs avalés par l’éternité, pour les mots que j’ai semés ; La FIN de la FAIM ? Souvenir d’enfance, de la dernière guerre. Réfugiés à Pamiers en Ariège, durant deux années sans fin ! Avec mes parents, démunis de tout, j’y ai connu la faim, Heureux ceux qui n’ont pas à subir cette galère. Aujourd’hui, entendre, à table, « j’aime pas les œufs ! », Sous l’occupation, en avoir à manger nous aurait rendus heureux Mais, pour nos enfants, « avoir le ventre creux » Est une chose difficile à comprendre pour eux ! DERNIER PARCOURS Quand tu crois que tout est fini Et que te ronge l’ennui, Ecoute ! Le rossignol qui se met à chanter Dans la nature : merveille de beauté. Aujourd’hui, les gestes affectifs sont devenus délits ! Et le manque de câlins nous ronge jours et nuits. Distanciation ennemie, Tu nous pourris notre fin de vie. Je constate qu’il n’y a pas de vent : Quand le rossi nie Eole ! Ce qui se veut drôle, Mais ne fait plus sourire personne pour autant ! Gérard ROSSI Thun le 11 Février 2025 |
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DIX
FEES RAMANT |
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NAÏVETE |
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Tiot Nenesse i n’a pos invie d’aller
à l’école. I téléphone al directrice : -
Allo ! C’est vous Madame. J’vos téléphone pace èqu’Nénesse
i n’ira pos à l’école aujord’hui … i lé malate. -
Bien, mais… qui est à l’appareil ? - C’est sin père, madame ! qu’i répod Nénesse!!! Léonce BAJART I VEUT MIUX BOULLIR QU’A GUERNOTER Guernoter
c’est cuire à tiot feu. Quind
in a inne affaire in route, in n’dret pos l’laisser tronner. I
veut mix gongner du timps
putôt qu’d’laisser lainguir.
In dit aussi qu’i feut batte el fer pindint qu’i l’est cueud. Leonce
BAJART |
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ARGENTINE |
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Il arriva de son pays Un jour pour visiter Paris Mais à la gare un douanier Très gentiment lui a demandé « Vous n’avez rien à
déclarer ? » Il répondit : « Oh !
non… non… mais Moi j’apporte l’amour de chez nous Et l’amour de chez nous, il est doux Il est doux, il est tendre, il est
fou, Il vous prend de haut en bas, un peu
partout Le soleil ou la lune on s’en fout… Des beaux yeux valent mieux qu’un
bijou Il nous faut des chansons et c’est
tout Et ce n’est ni le Chili, ni le Pérou Refrain Argentine, Argentine C’est l’amour qui va, qui vient dans
le pays Argentine, Argentine C’est vraiment le paradis des
Paradis. Moi j’apporte l’amour de chez nous Et l’amour de chez nous, il est fou Il est fou, il est fort, il casse
tout Il vous met en moins de deux sur les
genoux Entrez donc dans la danse avec nous Moquez-vous des aigris, des jaloux Le plaisir vous donne rendez-vous Car l’on brûle l’amadou par les deux
bouts ! Refrain Argentine, Argentine C’est le plus merveilleux de tous
les pays Argentine, Argentine De l’amour, le Paradis des Paradis II Argentine, Argentine Cependant ce n’est pas le seul
Paradis Argentine, Argentine Car pour l’amour, vous avez aussi
Paris !!! INCONNU |
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LA PAIX |
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Daniel CARLIER |
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LA RETRAITE |
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La
retraite, c’est un bien grand mot ! Cela veut
dire être au repos. Mais si on
n’aime pas la monotonie, Il y a
plein de belles choses qui donnent envie. C’est une
partie de notre existence qui s’arrête, Et pour beaucoup de
gens, ça se passe dans la tête. Plus de
contraintes, plus de nuits agitées ! Tu vas
enfin pouvoir bien te reposer. Attention,
ça ne veut pas dire ne plus rien faire ! Et comme on
te connaît, ce sera tout le contraire. Tu
t’occuperas de tes enfants et petits-enfants, Tu sauras
leur consacrer beaucoup plus de temps. Tu pourras
aussi voyager, lire, jardiner... Tu
rempliras largement toutes tes journées. C’est pour
toi le début d’une nouvelle vie, Et n’oublie
surtout pas d’aller voir tes amis ! Tu as un
très grand cœur ! Et tu vis à
cent à l’heure. Profite de
ta retraite et lève le pied, Je te souhaite
longue vie et prospérité. Reine DELHAYE |
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4 SEPTEMBRE 1944! |
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4 septembre 1944, Louis, 8 ans, est juché sur un char américain, en plein milieu de la rue de Saint Quentin. Il ne comprend pas tout ce qui se passe. Il regarde autour de lui tous ces gens qui crient, pleurent, chantent, tendent les mains vers ces soldats en uniforme qu’il n’a jamais vus. Sa maman lui explique qu’ils sont américains, qu’ils ont débarqué en France par la Normandie pour les délivrer, que plus jamais il n’entendra le bruit des bottes allemandes sur les pavés de Caudry, que plus jamais il n’aura peur de sortir, que c’est terminé, le rationnement, qu’il n’aura plus faim et qu’il va enfin pouvoir vivre comme tous les petits garçons, et surtout de ne jamais oublier ce jour. Aujourd’hui, Louis a quatre-vingt-huit ans. Il a eu une belle vie bien remplie, un beau métier (tulliste). Il a épousé Jeanne, son amie d’enfance, et ils ont eu 5 enfants qui leur ont donné 7 petits-enfants. Tous heureux de vivre libres. À l’aube de fêter leurs noces de diamant, Louis se remémore souvent ce jour de septembre 1944. Il a raconté à ses enfants et ses petits-enfants la guerre, l’occupation et toutes ses horreurs. Si la vie ne lui a pas fait revivre ces moments terribles, est-ce qu’il en sera de même pour ses petits-enfants ? En ces temps agités où tout va mal et où les hommes continuent de s’entretuer aux quatre coins du monde ? C’est de ne jamais oublier, faire revivre est peut-être la solution pour que plus jamais les petits Louis ne revivent ce jour, aussi beau, aussi symbolique soit-il, juste le devoir de mémoire. Olivier BODELLE |
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TOUSSAINT |
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Je viens vous voir avec ces quelques fleurs, C’est un simple bouquet de chrysanthèmes. Elles s’étalent dans un recoin de mon cœur Pour colorer la triste dalle de : Je vous aime. Et en poussant le portail du vieux cimetière, Notre bise m’a embrassé sur les deux yeux. Pour faire un discours, je ne serais pas fier. L’encre de mon mouchoir est pour ces lieux. Je ne peux que me taire et caresser la pierre, Le passé concasse le présent, se fait plaisir. Le Repos, ici, c’est le futur pour ma carrière, Dans un sablier si plein mais dénué de désir. Ce moment ensemble à repousser l’éternité, Je nous recueille nos plus beaux souvenirs À grands renforts de larmes dans l’impunité D’un survivant qui attend le dernier soupir. LA LANDE J’ai vu un sourire éclairer ton visage, Comme le soleil allumé après l’orage. La pluie n’est donc qu’une passagère Des nuages noirs et ma pensée légère. La lande se couche aussi dans le vent. À ces caresses elle se courbe souvent. Il fait plier même les vieux chardons. Je peux croire et te demander Pardon. L’Amour secoue très fort mon cœur, À la lande, je cherche quelques fleurs Pour devancer le vent et ses rudesses, Te les offrir sans demander promesse. Ce soleil blanc fait briller tes armes. Il sait mettre en avant tes charmes, Je dois regarder mais ne pas toucher Sur la lande, épuisé, je vais coucher. Pascal |
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L’ARBRE DU PARADIS |
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REVE DE FEUILLE |
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«Je suis une feuille de chêne Chue au sol par un clair matin. Peu importe la mise en scène, Tu passeras sur le chemin. Tu m'ignoreras sans scrupule, Idem ces appels à l'entour : Couleurs, air musqué qui circule Véhiculant un même amour, Sans écouter sous ta semelle La plainte de mes sœurs qui mord Dans le froid d'automne rebelle Préparant son pavillon mort. Jadis enfant, à la recherche De quelque trophée automnal Tes jeunes doigts, candide perche, M'auraient prise sans aucun mal. Puis fièrement à ton école Pour le cours joyeux de dessin J'eus été ton modèle, folle De fierté naïve à dessein. Ils sont loin ces moments de liesse, Avec le temps tout est passé. Pourtant je me rêve en princesse Sous le fusain par toi passé». Jean-François Sautière |
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SOUVENIRS, SOUVENIRS |
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J'ai
ouvert mon coffre à souvenirs de bois Remplis
d'un vieux pneu qui était à moi avant Une belle balançoire que
j'avais, enfant
Elle
m'a procuré de la douleur, plus d'une fois De
vieilles photos qui ont grisé dans le temps On
y voit mon chien et mes amis de la ville En
campagne maintenant je vis tout tranquille J'y
retrouve mes vieux jouets cassés d’antan Quelques
posters de mes chanteurs si beaux avant Une
ancienne robe que je portais bébé Que
de souvenirs que je n'ai pas effacés Un
pull de maman qui me berçait tendrement Des
contes de fées auxquels petit je croyais Maintenant
que j'ai trouvé mon unique amour J'aimerais
tellement qu'il dure pour toujours Un
bonnet père noël qui m'a fait pleurer C'est
si beau et tendre les longs souvenirs non ? Je
ne m'en séparais pour rien au monde Laissez-moi
les contempler encore une seconde Je
regarde tout ça avec de l'attention Julien BURY |
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ARBRE DE PAPIER |
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Arbre sacrifié pour notre soif de connaissances toi dont les racines ont puisé les forces de la terre toi par quoi tout a commencé esprit de l'arbre sur l'autel de l'écriture papier secret parcheminé papier de soie ou d’Arménie idées noires sur page blanche lettre d'amour ou manuscrit papier chiffon livre colère livre chagrin plein de détresse pages assemblées en lignes tortueuses larmes de poète en rimes langoureuses ce parfum d'encre et de papier je le connais si bien bibliothèque d'arbres s'insurge dans les rayons ordonnés forêt secrète s'érige dans les lignes de nos histoires. Thérèse L. |
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LE
REVE |
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Ce
soir-là, Jean Mouloud traînait pour manger. Sa passion était de mixer sur son
ordinateur des morceaux qu'il adorait pour n'en faire plus qu'un seul.
C'était un homme de 25 ans, d'origine Togolaise, il travaillait comme
pompiste dans la région parisienne. Il avait perdu goût à la vie depuis que
sa copine l'avait quitté. Il rêvait d'être célèbre et d'être apprécié de tout
le monde mais ce n'était pas le cas malheureusement. Après
avoir quitté son ordinateur, il alla souper puis il partit se coucher comme à
l'accoutumée. Le
lendemain matin, son réveil sonna à 7h00 précises ; il se leva avec un
air grisé, se lava, s'habilla, puis partit au travail. Arrivé
à son travail, il commença à remplir d'essence le réservoir de deux ou trois
voitures. Puis une magnifique limousine noire arriva ; derrière le
chauffeur, il y avait un homme d'un certain âge. Il se demandait qui cela
pouvait-il bien être. Il remplit le réservoir de la voiture tout en
sifflotant la nouvelle chanson qu'il avait mixée hier soir. Tout
à coup, l'homme sortit de la limousine et lui dit : -
Quelle est cette chanson, jeune homme, s'il vous plaît ? Elle m'a l'air
très bien. -
Euh… en fait c'est une de mes compositions. -
Vous composez ? -
Oui, cela m'arrive de temps en temps. Pourquoi ? -
Je suis patron d'une boîte. Venez y faire un tour ce soir. Vous pourriez mixer
deux ou trois de vos morceaux. Tenez ! Voici 1000 euros, allez vous changer ! -
Merci. A ce soir, alors. Voici votre plein d'essence, c'est gratuit pour
vous. -
C'est gentil ! A ce soir. Jean
Mouloud alla chercher ses vêtements. Il se vêtit correctement. Pour ce soir,
il était habillé comme un DJ de tous les jours, sweat noir à capuche et
baskets blanches. Autour du cou, il portait également une énorme chaîne en
or. Jean Mouloud était vraiment habillé tendance ! Le
soir même vers 23h30, Jean Mouloud présenta ses titres. Les filles dans la
foule étaient folles de lui. C'était la star de la soirée, on n'avait d'yeux
que pour lui. Il avait soudain repris goût à la vie. La soirée passa très
vite. A
6h00 du matin, il quitta la boîte de nuit, il en avait les larmes aux yeux,
son rêve s'était enfin réalisé. Le patron lui proposa de rentrer chez lui.
Avant de monter dans la limousine, Jean Mouloud entendit un bruit sourd. Il
se retourna en ouvrant les yeux, c'était son réveil qui sonnait. Tout ceci
n'avait été qu'un rêve. Il se leva de son lit et repartit pour une nouvelle
journée de travail… Lycée
JACQUARD
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LA NUIT S’OUVRE |
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La
nuit s’ouvre entre les oripeaux de la guerre Les
gens s’entassent dans leurs rêves mal fermés Quand
le jour pointera La
bombe sautera Malin
qui saura dire combien de gens vivront Les
volcans réveillés crachent le soufre en feu Dans
le ciel, d’étranges chars volants se déplacent Les
gens de Sodome et Gomorrhe dorment déjà Quand
le jour pointera La
bombe sautera Seule
une petite famille sera sauvée Lot
est parti dans la montagne avant l’aube Quand
le jour pointera La
bombe sautera Pourquoi
se préparer dans le noir, à partir ? La
fin de Sodome sera la nôtre demain … Quand
le jour pointera La
bombe sautera … HERTIA MAY |
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VICTIME DE L’AMOUR |
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Je suis une victime de l’amour Celui-là même qui me hante tous les jours Celui qui me ronge Qui me fait avoir des songes Celui qui restera toujours en moi Et qui me provoque autant d’émois Ne cesseras-tu donc jamais Vais-je enfin avoir la paix Et avoir la force de t’oublier Ainsi que les bons moments passés à tes côtés C’est terriblement dur Que de subir ce châtiment Pourtant j’avais le cœur si pur Alors pourquoi ce changement Je ne demandais qu’à t’aimer Et je t’ai pourtant trompée Pourquoi Je ne sais pas Mais aujourd’hui je regrette Et tu n’es pas prête A me pardonner Mes erreurs du temps passé Alors s’il te plait Arrête de me hanter Lycée
JACQUARD) |
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JOLIE DEMOISELLE |
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LA DETTE
CACHÉE |
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Le soleil se levait sur la Thaïlande ; comme tous les matins, Ting réveillait ses deux petits frères Kham et Yai et sa sœur Mailie. Ting était âgé de seize ans déjà et pratiquait le muay thaï, un sport de combat d’une rare violence où tous les coups sont permis, depuis ses 7 ans. Son père travaillait sur ses terres et sa mère travaillait comme femme de ménage chez un riche européen qui s’était fait construire une grande maison deux ans auparavant. Après avoir déjeuné, Ting emmena ses petits frères et sa petite sœur à l’école à dos d’éléphant puis rentra car il devait, comme tous les jours, s’entrainer au muay thaï. Alors qu’il s’échauffait, il vit son père arriver en hurlant : -On a enlevé tes frères et ta sœur, c’est terrible ! -Comment cela s’est-il passé ? -Je… je ne sais pas mais je suis trop vieux maintenant, qui pourrait les retrouver ? Je t’en prie, aide-moi ! -Je partirai à leur recherche dès ce soir ! -Inutile, si tu veux y aller, attends demain, lui dit son père, le village est désert ce soir ! -D’accord, dès l’aube je partirai. Et le lendemain, Ting partit à la recherche de ses deux frères et de sa sœur. Au moment de partir, son père l’appela : -Ting, j’ai appris que Kham, Yai et Mailie sont enfermés chez l’européen où travaille ta mère ! -Je vais les chercher ! -Sois prudent ! Ting partit en direction du domicile de l’européen qui se trouvait à deux kilomètres de là ; quand il arriva, cinq Thaïlandais armés de bâtons de bambou se tenaient là ! Ting comprit qu’il allait se battre. Sa maitrise du muay thaï et sa volonté de retrouver ses frères et sœur le fit triompher de ses cinq gardiens de l’immense maison. Il s’y introduisit : c’était une grande bâtisse, les pièces étaient immenses, décorées de statues diverses. Dans un coin sombre, il vit tout à coup ses frères et sa petite sœur attachés à de vieilles chaises : sans faire attention, il courut vers eux, les détacha, puis se retourna en direction de la porte d’entrée : un européen le menaçait avec un révolver ! Cet homme armé dit à Ting : -C’est fini maintenant, j’avais préve… ! En un éclair, Ting saisit le bras de son agresseur et le brisa. L’homme hurla de douleur et un coup de feu partit : la balle traversa la jambe de Ting. Tandis que l’européen se tordait de douleur par terre, Ting ordonna à Kham : -Va chercher de l’aide, je ne peux plus bouger ma jambe ! -D’acord, répondit Kham. Quelques mois plus tard, Ting était de nouveau sur pied. La balle n’avait laissé aucune séquelle : Ting pouvait reprendre son entraînement. Un matin, Ting fut appelé par son père : -Oui, père, que se passe-t-il ? -J’ai quelque chose à t’avouer. -Je t’écoute, père. -Ting, te souviens-tu du moment où tu étais face à l’européen ? Que t’a-t-il dit ? -Je l’ignore car comme il me menaçait avec son révolver, je ne lui ai pas laissé le temps de parler ! -La vérité est que tout est de ma faute ! -Comment ça ? Explique-toi, père ! -Mes
récoltes n’étaient plus assez bonnes : un jour, cet homme est venu et
m’a proposé son aide et j’ai accepté. Le problème est que je ne pouvais pas
le rembourser. Alors il a commencé à me menacer de prendre les enfants et de
les tuer. Mais grâce à ton courage, nous sommes sauvés. Merci Ting ! LEONARD Yannick
(2nde 1) |
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DENTELLES ET PAPILLON |
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La dame dentelière a choisi ses fuseaux Et sur son parchemin, elle pose les aiguilles Elle ferme ses paupières, repose ses pupilles À portée de la main, son crochet, ses ciseaux Elle visualise les fleurs et les feuillages Dans l’entrelacs d’idées, les formes se dessinent C’est comme une musique aux ondes qui fascinent Et vont jusqu’à ses doigts qui ressentent l’ouvrage Et les heures couleront d’une habile patience Où les tresses croisées formeront l’élégance De nature en dentelles aux froufrous demoiselles C’est là secret léger, au charme papillon Que les femmes et les filles savent garder entre elles Et peine Dentelière… aux fils de tradition ! Ô, DEMOISELLE Vous froissez vos ailes arachnéennes Dans les cerces des églantines, Vous fascinez les mouches des grands airs Pour les aires de vos royaumes ! À tous les âges indélébiles de la terre, À tous les adages sibyllins de ce monde, Tu as incrusté la pierre des carrières Où sommeille le nom millénaire De l’Agrion Jouvencelle. À tous les sages indicibles de l’homme, À tous les mages initiatiques de l’infinitif, Tu es chassée du paradis, Des sources aphrodisiaques Et des étangs magnétiques, Par les enfants de prudhommeries. Oscillations ! Délectations ! La Divine des arcs-en-ciel Enchanteurs S’échappe du filet inquisiteur de l’entomologiste, Long coureur de hannetons au cœur des houblonnières Où s’enivre l’oriole des lucioles. Saint-Hesbaye |
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PAR UNE BELLE JOURNEE |
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Par une belle journée d’été, sortez, fermez les yeux et écoutez ! Dans la caresse du vent, il y a le murmure des vivants, des promesses et des serments, au loin des cris et des rires d’enfants et le chant d’un oiseau pour nous dire qu’il fait beau. Dans le souffle du vent, il y a des peines et des tourments, l’amour parti, triste la vie, les sanglots dissimulés d’un enfant maltraité, et les piaillements d’un oiseau que le chasseur a blessé. Dans les hurlements du vent, quand Eole et ses amis s’unissent au ciel, aux mers et aux rivières, pour crier aux hommes leur colère. Pour toujours plus de profit, on coupe les arbres et on bâtit, tandis que la Terre disparait sous le béton et le macadam et que quelques nantis, pour une heure de plaisir, s’envoient en l’air en détruisant l’atmosphère. Pour le « Modernisme », les hommes se battent et s’entretuent pour la puissance. Mais que ferez-vous de vos sous, pauvres fous, lorsque la Terre ne sera plus qu’un désert ou recouverte par les mers ? Que direz-vous aux enfants, à vos enfants, quand ils vous demanderont comment ? Comment avez-vous pu en si peu de temps détruire pour votre plaisir cette terre nourricière qui nous a tant donné ? Quelle autre planète irez-vous conquérir et détruire ? Vite, vite, il vous reste du temps, il nous reste du temps pour eux, les enfants. Elisabeth MONTAY - CAUDRY |
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PENSÉE |
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Eud’ timps z’in timps, y fot bin s’arposeu ed’neu rin feure !
euch dis cha mi, mé j’eun’ dis rin ! Eut tote fachon euj va d’vir feure in poste ed’nuit ! Traduction : De temps en temps, il faut bien se reposer de ne
rien faire ! je dis ça mais je ne dis rien ! Et de toute façon, je
vais devoir faire un poste de nuit !
HMA |
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UN JOUR VIENT |
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Péniblement,
clopin-clopant, Il va du lit à la fenêtre, Regarde fixement jouer des
enfants. Le doute est-il entré dans
son être ? Vit-il un dernier rêve ? Vit-il l’instant présent ? Est-ce l’ultime illusion,
peut-être, De renouer à sa vitalité
d’antan ? Il se retourne enfin,
hochant la tête, Prostré, le dos courbé,
les bras ballants, Repart se reposer de ce
pas trébuchant. Ses yeux autrefois si
pétillants, si bleus, Sont devenus sans vie,
d’un gris laiteux. Sa voix si forte
auparavant Est presque inaudible maintenant. Lui qui en entrant dans la
vieillesse Voulait et semblait
ignorer ses soixante ans. Son avenir était encore
plein de promesses. L’on sentait qu’il voulait
vivre cent ans ! Vieillir pour lui c’était
mourir, Paraître
« jeune » son grand désir… Mais depuis, vingt années
sont passées. Sa femme, ses amis l’ont quitté. Les douleurs en lui se
sont invitées. À présent, il ne triche plus, vieux il est ! Bernard SIMON |
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FADO ou QUAND LA VOIX SE DECHIRE |
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Sous les voiles gonflées de rêve et d’espérances, Voguent le vague à l’âme et l’éternelle errance, L’horizon qui s’éloigne et l’amour qui se meurt, L’âpre soif de conquête et du toujours ailleurs Que nul Japon, nulle Inde et nul Brésil n’étanchent. Ah ! que saigne un instant comme une source vive La blessure des plaies qu’à plaisir on avive, Le chant que l’on arrache à l’âme qui s’épanche Qui parle du malheur et de plus loin encore, De l’éternel retour d’un roi-chevalier mort. Ou bien d’un souverain qui fit reine une morte ! Que le cœur a de peine et qu’il se réconforte À mourir chaque jour de ne plus vouloir vivre, À souffrir et chanter la désespérance ivre, Les yeux fermés, noyés, dans les eaux du vertige ! Henri LACHEZE |
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LA JOIE DE VIVRE |
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Malgré toutes ces épreuves, j’ai
gardé cette joie de vivre. Si l’on me demandait d’où elle vient, je pourrais
dire que du plus loin que je me souvienne, elle a toujours été présente en
moi, même quand j’allais et que j’avais mal. Toujours là à sortir pour cacher mes
douleurs et mes peines de cœur, ancrées en moi, me rendant belle de
l’intérieur mais encore plus belle de l’extérieur. Cette joie de vivre est tellement
présente que je n’arrive pas à la gérer et la diffuse autour de moi pour
rendre les gens heureux, les aider à tenir dans la vie. Ma joie de vivre est
si magnifique, qu’elle embellit les vies. C’est comme si la douleur me faisait
exister. Tout ce qui me fait mal me rend plus forte car de tout mal peut
sortir le meilleur. J’ai écrit, j’écris pour me libérer
l’esprit. L’écrit a libéré la langue du cœur avec allégresse. Les mots guérissent les maux ! GUIZMO |
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RETROUVAILLES |
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En ce lundi matin, le commissaire SEKEKCHOZ n’est pas très
en forme, il consulte nonchalamment son rapport sur l’affaire BONNARCHEL de
ce vendredi. Il rumine quelque peu : -Et DUFOUR qui n’est
pas encore arrivé, il est 9 heures passées. Il a encore dû faire la fête ce
week-end ! Il va m’arriver, la tête encore enfarinée. Quelqu’un frappe à la porte : -Entre, DUFOUR, la porte est ouverte ! et
pourquoi tu tapes ? Un personnage entre et ce n’est pas DUFOUR. Un homme
d’un certain âge. -Excusez-moi, je pensais que c’était mon adjoint. Que
puis-je pour vous, monsieur … ? -Ancien commissaire LAROSIERE… Jean LAROSIERE,
j’occupais ce poste il y a quelques années maintenant. -Je me souviens de votre nom, même si l’on ne s'est
jamais rencontrés. J’ai été muté après votre départ. Qu’est-ce qui vous amène
donc ? -C’est une vieille histoire que j’ai résolue
en partie car il m’est resté un doute qui m’a trotté dans la tête. Si vous
voyez ce que je veux dire ! -Allez-y, racontez-moi donc ! -Une dame vient de mourir
et on l’enterre après-demain. Ses deux fils faisaient partie d’une bande
appelée « Les Titans », ils étaient sept ou huit dans la bande. Un
jour, dans les années 1970, un gamin d’une bande rivale « les
Hercules » fut retrouvé mort dans le parc de votre commune. C’est
pourquoi j’ai pensé à vous. L’un des fils de cette dame fut accusé et fit de
la prison. Tout l’accusait mais il n’avait pas l’envergure d’un tueur. -Et alors ?
le coupa le commissaire. -J’ai bien peur que tous se retrouvent là et
qu’il y ait un règlement de compte entre eux ! -Bien, je vais y faire un saut avec mon
adjoint, on verra bien s’il se passe quelque chose. Je vous tiendrai au
courant, bien entendu. Le lendemain, dans le journal, SEKEKCHOZ lit le
faire-part à haute voix à DUFOUR : -Madame GRAPELLI vient de décéder ce
dimanche, et ses obsèques civiles ont lieu demain. -En quoi ça nous intéresse ? -Eh bien, on va y aller et ouvrir bien nos
oreilles et éventuellement éviter une bagarre. -Ah bon ! La journée se déroula naturellement comme à l’habitude
quand le secteur est calme. Mercredi matin au cimetière de LIGNY, le commissaire et
son adjoint attendent patiemment l’arrivée des personnes qui viendront
présenter leurs dernières condoléances à la défunte et à la famille. Alors que l’on va ensevelir sa mère, Philippe GRAPELLI
sait qu’il va revoir les anciens de la bande des Titans qu’il n’a pas revus
depuis longtemps. Le passé va resurgir et la vérité va sûrement éclater. Philippe gara sa berline le long du mur du cimetière,
suffisamment loin de l’entrée pour faire une arrivée discrète. -Ça va aller, mon chéri ?
lui demanda Nadine, qui était assise à ses côtés. -Enterrer sa mère n’a rien de drôle. Surtout ici,
avec tous les anciens copains, avec les voisins… J’avoue que j’aurais préféré
une cérémonie plus confidentielle. Mais comment refuser ces derniers honneurs
à maman ? Je ne me sens pas le
droit d’interdire à tous ces braves gens de lui témoigner leur amitié. -Oui, ta
mère a bien droit à des funérailles, entourée de tous ses amis. Tout le monde
l’aimait, ici. Tu verras, cela se passera bien. Je suis avec toi. Et Laetitia
ne devrait pas tarder. Philippe chercha leur fille du regard. Mais il ne repéra
ni Laetitia ni sa voiture. Il se sentait bien dans sa voiture aux vitres
fumées, à l’abri des regards. Il lui fallut regrouper toutes ses forces pour
trouver la volonté de sortir du véhicule. Une fois à l’extérieur, Nadine lui resserra sa cravate
noire. Puis ils se dirigèrent vers l’entrée de la nécropole. Durant cette
courte marche, Nadine serra la main de son mari dans la sienne. Le grand portail du cimetière de LIGNY en BAROEUL était
ouvert. À l’entrée, un groupe de personnes, habillées pour la
circonstance, attendaient le convoi funéraire. SEKEKCHOZ observait tous ces
gens. Tous avaient une bonne soixantaine d’années, un peu plus que lui
d’ailleurs. Malgré le temps passé, Nadine reconnut les anciens copains de la
bande de Philippe. Elle les connaissait tous, même si, comme son mari, elle
ne les avait pas vus depuis fort longtemps. Ils avaient appartenu à la même bande de loubards, les
Titans, un groupe de jeunes marginaux qui avait semé la terreur dans la
petite ville au milieu des années 1960/70. Trois messieurs en costume sombre et cheveux gris-blanc
s’approchèrent de Philippe, le saluèrent, mais ils en restèrent au stade des
politesses et des formules toutes faites, marmonnées sans intonation. Compte tenu de tous les souvenirs que ces hommes avaient
en commun, ces effusions réduites au strict nécessaire paraissaient presque
offensantes aux yeux de Nadine. Face au seul fils vivant d’Yvonne GRAPPELLI, la défunte, la distance affichée par les
anciens copains de Philippe était exagérée, voire déplacée. Même son absence
de LIGNY pendant de longues années n’aurait pu justifier qu’en ce jour de
deuil on lui oppose un tel affront. Philippe avait peut-être eu raison de
craindre ces retrouvailles, pensa Nadine non sans angoisse. Souhaitant ostensiblement mettre fin au malaise qui
s’était installé, un des hommes, un gros moustachu, s’approcha de Philippe et
lui adressa des paroles réconfortantes. SEKEKCHOZ se rapprocha pour mieux écouter leur
conversation. -Philippe, je suis désolé pour ta maman.
Yvonne était une femme formidable. J’ai pleuré pendant toute une journée. Et
puis, ça m’a rappelé toute cette époque… -Merci Gilles. C’est gentil. Elle t’aimait
beaucoup, toi aussi. Tu la faisais rire. Enfin… avant… Avant cette triste
histoire. Ensuite, elle ne riait plus beaucoup, la pauvre. -Ne parlons pas de cela, répondit
Gilles. On est tous ici pour célébrer sa mémoire. On ne refera pas
l’histoire. -C’est compliqué, tu sais. J’ai l’impression que tous
les regards sont sur moi, et que tous me jugent. À leurs yeux, je suis
coupable. Pour toujours, coupable. -Peut-être… Laisse-les penser ce qu’ils
veulent. Tu ne pourras pas les changer. Fais-moi confiance, Philippe. Ça se
passera bien. Allez viens, on va voir Michel. Je veux me recueillir pour lui
aussi. Et pour ton père. Je les aimais tous beaucoup. -Merci, Gilles. Tu as toujours été un type
bien. Jean-Marc a été prévenu ? -Il sait que les obsèques ont lieu ce matin. -Il viendra ? -Avec Jean-Marc, on ne sait jamais… on verra
bien. Pourquoi ? Ça t’inquiète ? -Je ne sais pas. Ça a été compliqué avec lui, après
l’affaire. Je ne sais pas si ça lui
fera vraiment plaisir
de me revoir. On ne se parle
plus beaucoup. -Vous êtes fâchés ?
lui demanda Gilles. -Non, pas vraiment. Disons que, longtemps, Jean-Marc
m’a appelé pour me reparler de Michel. Tu vois de quoi je parle ? Gilles approuva d’un battement d’œil, il mit fin à ces
échanges en lui tapant sur l’épaule, en camarade. Ce geste effectué à la vue
de tous était un appel à la solidarité des anciens de la bande pour l’un des
leurs, longtemps parti, qui revenait dans la douleur, puis il s’esquiva. SEKEKCHOZ en profita pour le rejoindre : -Pardon,
monsieur ! Je vous ai entendu discuter avec Philippe, vous pourriez m’en
dire plus sur lui, je n'ai pas bien compris sa situation. -Philippe avait un frère qui a fait de la prison.
Mais on n’a pas tout dit à son sujet. Il est allé en prison, mais… son père a
toujours dit que c’était quelqu’un de bien. Il a toujours été très sensible
au sujet de la mémoire de son fils aîné. Pour l’avoir connu, Michel était un
garçon qui n’avait rien à faire avec notre bande de bagarreurs. C’était un
rêveur, un gentil qui n’aimait qu’une seule chose : lire des livres. Il
voulait faire des études, devenir instituteur. Peut-être plus encore… -Et qu’est-il arrivé pour qu’il aille en
prison ? demande le commissaire. -Il y était pour deux raisons. D’abord, son père est
d’origine pied-noir. C’étaient des Français qui vivaient en Algérie, vous le
savez, du temps des colonies. Ils sont venus en métropole lorsque l’Algérie
est devenue indépendante, en 1962. Cependant, même s’ils étaient juridiquement
français, ils avaient du mal à être acceptés dans la population de LIGNY. Ils
parlaient fort avec un accent bizarre et des manières qui ne plaisaient pas
aux gens d’ici. Alors, la bande de blousons noirs, pour les deux frères,
c’était un moyen de faire partie d’un groupe. On parlerait de
« s’intégrer », de nos jours. Parmi les copains, on ne leur demandait pas
d’où ils venaient. Leur code de l’honneur reposait sur d’autres
valeurs : la parole donnée, la fidélité au groupe, le courage dans les
bagarres… -Je vois. Et l’autre argument ? -Michel tenait à rester dans la bande pour veiller
sur son petit frère. Philippe, c’est difficile à croire aujourd’hui, était un
bagarreur, une tête brûlée. Michel ne voulait pas qu’il lui arrive quelque
chose. Alors, même s’il n’aimait pas l’ambiance « virile » de la
bande, il y tenait sa place pour garder un œil sur son frère. -D’accord. Je comprends. Mais cela ne me dit
pas comment et pourquoi il est allé en prison,
requestionne SEKEKCHOZ, voulant en savoir un peu
plus que ce que LAROSIERE lui avait dit. -Patience, monsieur, répondit Gilles. La bande
avait l’habitude de se battre contre d’autres jeunes venant d’une autre cité
du village voisin, les « Hercules ». Mais de temps en temps, ils se
castagnaient aussi contre de jeunes maghrébins. Je sais que c’est difficile à
comprendre aujourd’hui, mais à l’époque, c’était comme ça. Ce n’était pas une
affaire de racisme. Je pense qu’il faut plutôt le voir comme des
regroupements de jeunes désabusés, un peu perdus et souvent en colère contre
une société qui ne leur laissait pas assez de place. Qu’il s’agisse des
jeunes rebelles comme Philippe ou de récents immigrés, ils avaient pour point
commun d’être rejetés par la population bien-pensante de l’époque. Leur père
n’a jamais prononcé une parole contre un étranger, je vous l’assure. -Oui, je pense qu’il avait cette qualité, en
plus de toutes les autres : le respect, l’humanité, la tolérance… - C’est c’la même… -Et puis un soir, nous nous sommes battus dans le
jardin public. Arabes contre blousons noirs. Ça a été très violent. Mais dès qu’on a entendu les sirènes d’un
fourgon de la police, nous avons tous pris la poudre d’escampette. Michel et Philippe
sont rentrés en courant chez Yvonne et Gérard, à la cité des Astronautes, où
ils pensaient être tranquilles. Mais le lendemain matin, la police est venue
les chercher. C’était la catastrophe. Les deux frères, menottes aux poings,
emmenés dans la Peugeot 404 de la police. Quand elle m’en parlait, Yvonne en
pleurait encore, des années plus tard. Au commissariat, ils ont retrouvé tous
les copains de la bande. Tous, sauf le fils du pharmacien, qui était adjoint
au maire. Le gros Hector, avec son beau blouson et sa petite moto toute
neuve. Celui-ci n’a jamais été inquiété. -Bonne ambiance… -Oui, comme vous dites. Les policiers nous ont
alignés contre un mur avec interdiction de se parler. À cette époque, comment
dire… les policiers avaient la matraque facile. Pas de réseaux sociaux, pas
de téléphone portable pour filmer, pas d’avocats. Rapidement, ils ont compris
qu’il y avait eu un drame dans le parc, la veille au soir. Les policiers
ont trouvé un jeune Maghrébin mort. Un coup de couteau dans le cœur. Les
enquêteurs devaient trouver qui, dans la bande, avait porté le coup fatal.
Ils faisaient passer un interrogatoire très serré à chaque Titan présent au
poste. À travers la porte du bureau des inspecteurs, on entendait de grosses
voix qui criaient. Les policiers faisaient ce qu’ils pouvaient pour nous
impressionner et nous forcer à avouer. Des fois, certains d’entre nous
osaient leur tenir tête. Alors, on entendait les gifles claquer.
L’interrogatoire terminé, ils nous faisaient sortir par une autre porte, afin
qu’on ne croise pas ceux qui attendaient leur tour dans le couloir. Michel et
son frère furent les derniers à passer. Philippe a dit ce qu’il savait,
c’est-à-dire pas grand-chose. Il n’était pas dans le secteur du parc où le
jeune garçon est mort. Il n’avait rien vu. Les policiers ont essayé de lui
faire avouer des choses qu’il n’avait pas faites, mais il a tenu bon. Ils l’ont placé en cellule, avec les autres.
Les gardiens de la paix nous surveillaient pour qu’on ne se parle pas. Dans
le silence, nous nous regardions avec insistance. On essayait de savoir qui
avait parlé. Il fallait un coupable pour le commissaire de police. Une
affaire réglée avec efficacité qui lui vaudrait un article dans La Voix du
Nord et les félicitations du sénateur-maire, Marcel LAGACHE, industriel. -Donc, d’après vous, si personne n’avait
parlé jusqu’alors, c’est donc que c’est Michel qui avait tué ? Est-ce
qu’il a tout avoué ? À suivre
Hector MELON D’AUBIER Tiré du livre : SEKEKCHOZ .... Commissire |
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REVELATIONS |
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3e partie (suite du n° 78) Élisabeth apprit que son mari n'était plus aux urgences. Il avait été transféré en médecine générale et bénéficiait d'une chambre particulière. Elle poussa la porte avec appréhension : que pouvait-elle lui dire de positif ? Il dormait. Le plus doucement possible, elle tira une chaise près du lit. Christophe remua et ouvrit les yeux : - Ah c'est toi ! dit-il. Tu vois, je suis dégringolé bien bas : les médecins disent que je ne remarcherai pas ! Je ne comprends pas ce qui m'est arrivé ! J'ai fait un rêve! Mais on ne rêve pas en conduisant ! Je prenais un gars en stop, puis il y avait une soucoupe volante posée près de la route ! Il secoua la tête, ça n'a aucun sens ! Et mon passager disait qu'il était un extraterrestre, et qu'il venait pour me parler !!! Et après, on me retrouve broyé dans un arbre !!! Tu parles d'un délire !!!! Le docteur Mancier entra discrètement à ce moment-là : - Bonjour madame Maillay, j'entendais du bruit et me demandais si votre mari allait bien : il est sujet à une hallucination persistante, il a dû vous en parler. Ne vous inquiétez pas : avec la morphine et l'anesthésie qu'il a subie, c'est tout à fait normal, ça devrait s'estomper dans les jours qui viennent. - Bonjour docteur, pensez-vous le garder longtemps ? Je veux dire, si les fractures sont réduites et qu'il est plâtré, ne serait-il pas possible qu'il rentre à la maison ? Je pense que ce serait mieux pour son moral. - Je comprends tout à fait, nous n'allons pas le séquestrer, ajouta-t-il. Nous le gardons encore demain : un dernier scanner à passer, et nous vous le rendons. Je vous demanderai de passer au secrétariat, il y a des formalités à accomplir... Gêné, il ajouta : " et des dispositions d'autonomie à prendre. " Après le départ de sa femme et du médecin, la pièce se retrouva plongée dans un silence épais. Maillay, allongé sur le dos, ruminait de bien sombres pensées : - Et voilà ! Condamné à passer le reste de ma vie dans un fauteuil roulant ! Je ne sais même pas comment c'est arrivé ! Des larmes d'amertume et de rage coulaient sur son visage. La chambre s'assombrissait, le crépuscule tombait, n'arrangeant rien au moral de Christophe. Un toc-toc énergique retendit soudain dans ses oreilles. - Entrez ! dit-il un peu surpris. Il n'attendait pas de visite. La porte s'ouvrit et, apparut dans l'encadrement la haute silhouette d'un homme. HENDLER !!! L’extraterrestre !!!!!! - - Vous en faites une tête ! On dirait que vous n'êtes pas content de me revoir ! Je vous avais pourtant dit que nous nous rencontrerions souvent ! -- Mais comment êtes-vous là ? Comment êtes-vous sorti de mon rêve pour arriver ici ?! bredouilla Christophe. - Doucement! Qu’est-ce que c'est que cette histoire de rêve ? Vous m'avez pris en stop il y a trois jours, vous m'avez accompagné jusqu'à un véhicule spatial, où est le rêve ? dit Hendler en souriant narquoisement. Je suis venu dès que j'ai appris votre mésaventure. - Mésaventure ? Vous en avez de bonnes ! Paralysé à vie, vous parlez d'une mésaventure ! s'indigna Christophe. - - Vous permettez? demanda Hendler. Sans se soucier de la réponse, il s'approcha du lit, passa lentement la main au-dessus de Maillay, du sommet du crâne à la pointe des pieds. - Vous allez passer une bonne nuit et, demain matin, vous demanderez qu'on vous enlève tout ce mortier : on dirait une statue ! Vous vous lèverez, enfilerez vos habits, et vous sortirez de cet endroit peu engageant ! - -Merde, ça glisse ! L'inspecteur Fresnel se cramponna in extremis à une branche : encore deux mètres à parcourir et il atteindrait cette satanée voiture. -- elle ne roulera plus, celle-là ! se prit-il à penser. Il posa enfin la main sur la poignée de porte, côté passager. La porte resta bloquée, évidemment. Posant son pied sur le montant entre les deux portières, Fresnel s'arc-bouta, tirant de toutes ses forces sur la poignée. Celle-ci céda d'un coup, envoyant l'inspecteur bouler en arrière. Il était propre ! - Les risques du métier, songea-t-il, non sans ironie. Se penchant à l'intérieur de la voiture, il commença
méthodiquement son investigation : prit les empreintes digitales sur le
volant, sur les poignées intérieures, sans grande conviction : les
secouristes avaient dû tout brouiller en évacuant Maillay.
Il ouvrit la boite à gants, fouilla dans les papiers qui s'y trouvaient,
assurance, constat à l'amiable, mouchoirs en papier : rien de suspect.
Le plancher était aussi déconcertant de propreté : Maillay
semblait prendre soin de sa voiture. Il se pencha pour regarder sous les sièges. Propre aussi. Juste une petite capsule en caoutchouc qui faisait tache sur la moquette immaculée. Fresnel la saisit avec précaution et la glissa dans une pochette de plastique. - Au moins, je ne rentrerai pas bredouille, se dit-il, fataliste. - Je vous dis que je veux qu'on m'enlève ces plâtres et qu'on me donne mes vêtements, c'est quand même pas difficile à comprendre ! s'égosilla Maillay - Vous êtes devenu fou ! lui répondit l'infirmière. Vous avez une vertèbre en bouillie, et je ne vous parle pas de vos jambes ! De toute façon, le docteur va passer. J'espère qu'il saura vous faire entendre raison ! Moi, je n'en vais, vous m'énervez ! - Elle sortit en claquant la porte. Il fallait qu’elle en réfère à sa hiérarchie, elle se rendit au bureau de l'étage. Le docteur Mancier s'y trouvait, et l'infirmière, encore sous pression, lui sauta littéralement à la gorge : - Ah, vous êtes là ! Vous tombez bien, monsieur Maillay. Vous savez, l'accidenté de la route ! Eh bien, il veut qu'on lui enlève ses plâtres, et il dit qu'il veut rentrer chez lui ! - Allons ! Gardez votre sang-froid, Martine. Le Médecin lui frappa l'épaule amicalement. Je vais lui parler et tenter de le calmer ! Ah, ces malades : ils nous feront mourir !.... - Monsieur Maillay ! Martine vient de m'apprendre que vous étiez un miraculé ! - Le docteur Mancier souriait de toutes ses dents, les bras ouverts. - Mais vous comprendrez que l'on ne peut pas vous déplâtrer comme ça, à l'arrache ! Voici ce que je vous propose : vous passez des radios de contrôle demain matin à la première heure, et si vous n'avez plus aucune trace de vos fractures, ajouta-t-il, avec un clin d'œil appuyé en direction de l’infirmière, vous sortez. Vous savez, nous ne retenons personne ici de force ! Maillay haussa les épaules : - J'ai l'intime conviction que je suis guéri ; je ne peux pas vous expliquer pourquoi, vous me taxeriez de folie ! J’attendrai donc demain, puisqu'il vous faut des preuves radiologiques ! Puis il ajouta, à l'adresse de l'infirmière : - Excusez mon emportement de tout à l'heure, mais de se sentir guéri et plâtré comme une momie m'a semblé sur le coup insupportable. Je vous promets de ne plus m'énerver jusqu'aux résultats de la radio ! - À la bonne heure ! s'exclama le docteur Mancier, je vous laisse, puisque vous voilà devenu raisonnable ! Bonne nuit, monsieur Maillay, et à demain ! Comme chaque matin, l'inspecteur Fresnel gravit le perron du commissariat rue Salengro, saluant au passage ses collègues de travail. La routine lui imposait d'accrocher son imper au perroquet avant de jeter un œil à son courrier. Fresnel était de cette race de flics méticuleux, qui s'acharne sur des détails d'apparence insignifiants. Bien souvent ce comportement d’entomologiste l'avait conduit à élucider des enquêtes difficiles, où d'autres collègues se seraient probablement fourvoyés. Il découvrit avec plaisir que les résultats d'analyse de la capsule plastifiée trouvée dans la voiture de Maillay se trouvaient sur son bureau. Selon son habitude, il décacheta l’enveloppe sans précipitation, bien que curieux du contenu. Le laboratoire de recherche avait bien travaillé : il était précisé que le bouchon trouvé sous le siège de la voiture de Maillay, était sans erreur possible le bouchon qui fermait une fiole d’'Isoflurane, anesthésique vétérinaire, à admission gazeuse. Sans effets nauséeux au réveil, sans risques majeurs d’utilisation. Pensif, Fresnel reposa la lettre -" V'là autre chose!-" dit-il dans ses dents. CHU de Toulouse, 7 heures 30, salle de radiologie. - Bonjour monsieur Maillay, c'est bien votre nom ? Le docteur Mancier a demandé une radio de votre squelette, je ne comprends pas trop pourquoi : vous ne pouvez pas avoir déjà reconstruit vos os !... Enfin! Détendez-vous, nous allons vous placer sous le faisceau. À mon signal, vous resterez le plus immobile possible. - Vous êtes drôle ! Vous me voyez bouger avec cette armature ? Le radiologue ne répondit pas et s'engouffra dans son pupitre de commande. - Ne bougez plus !... Voilà c'est fini, on vous ramène dans votre chambre, je fais parvenir les radios au docteur d'ici une quinzaine de minutes ; bonne journée, monsieur. Deux infirmiers, jeunes mais peu loquaces, pilotèrent sûrement le brancard de Maillay dans le dédale de couloirs. Ils prêtaient beaucoup d'attention à ne pas heurter les murs. L'un d'eux ouvrit la porte de la chambre du malade. Le convoi entra et les deux hommes firent glisser Maillay sur son lit. - Voilà ! Bonne journée, monsieur ! Et ils s'éclipsèrent. C'est à ce moment que Maillay prit conscience de la présence d'un homme, debout, appuyé contre le radiateur. - Bonjour monsieur Maillay, je suis l'inspecteur Fresnel, du commissariat de Toulouse, chargé de l'enquête sur les circonstances de votre accident de voiture. Pouvez-vous me raconter vos derniers souvenirs avant que vous n'ayez quitté la route ?- Maillay leva les yeux vers son interlocuteur : - Eh bien non, justement, et c'est ce qui me fait pester ! La dernière chose dont je me souviens c'est cet auto-stoppeur, que j'avais pris en charge quelques kilomètres plus en amont et qui monte dans la soucoupe volante, appelez ça comme vous voudrez ! - Fresnel l’interrompit : - Vous voulez dire que vous avez pris en stop un extraterrestre et que vous l'avez conduit jusqu'à son vaisseau spatial ? C'est une blague, j'espère ? Vous avez été médicamenté récemment ? Vous vous rendez bien compte que vos propos sont... étranges ! - Je suis comme vous, inspecteur, j'ai cru à un montage, si vous préférez, une espèce de bizutage, mais quand ce type est revenu me voir, hier à l'hôpital, et qu'il a promené ses mains sur moi en me disant que j'étais guéri, je l'ai cru. Il avait l'air tellement sûr de lui, et il m'avait dit que nous nous reverrions sous peu ! Tout se passe comme il l'avait prédit ! - Possédez-vous un animal chez vous ? Avez-vous l'occasion d'en approcher, avez-vous un vétérinaire parmi vos contacts ? - Euh, non ! Nous n'avons pas d'animaux domestiques, votre question me semble hors sujet, inspecteur ! - Laissez-moi en décider, monsieur Maillay. Pas de chevaux non plus ? - Non ! Nous n'avons pas le temps de ce genre de loisir ! - Bien. Ce sera tout pour aujourd'hui monsieur Maillay, je vais vous laisser reprendre des forces. Mais nous nous reverrons sous peu : votre histoire comporte beaucoup de blancs ! À bientôt monsieur Maillay. L'inspecteur quitta la chambre, un pli barrait son front : "ou bien il est dingue, ou il me mène en bateau, ou alors c'est le dindon d'une farce ! pensa-t-il en appuyant sur le bouton de l’ascenseur. Perdu dans ses pensées, il ne vit pas apparaître à l'autre bout du couloir le docteur Mancier, qui courait plus qu'il ne marchait, avec de grands mouvements de bras, vers la chambre de Maillay. Le médecin entra sans toquer. Il était blême et laissa son dos appuyé contre le battant : - C'est pas possible ! Vous me faites une blague ! Vos radio ! Vos fractures ont disparu ! - Alors, docteur, vous me croyez, maintenant ? ironisa Maillay. Vous allez m'enlever ce carcan ? Deux jours plus tard, Christophe Maillay descendait allègrement l'escalier de l’hôpital. Sans douleurs, sans courbatures. Il décida de passer tout de suite chez lui rencontrer son épouse, certainement pas encore remise de ce prodige. Effectivement, Élisabeth Maillay lui parut sonnée : - Tu te rends compte ! C’est un miracle ! Comment expliques-tu cela ? Ce n'est pas normal ! Et le flic, qu'est-ce qu'il cherche, hein ! Tu peux me le dire ? - Je te l'ai déjà dit, répondit Christophe, mon auto-stoppeur est passé dans ma chambre, a passé les mains sur mon corps, et m'a dit : voilà, vous êtes guéri ! - Et tu l'as cru ? Oui, avais-je quelque chose de mieux à entendre ? à suivre Franck DEFOSSEZ |
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