SOMMAIRE DE LA CAUDRIOLE N°77

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Janvier à Avril 2026

a

 

BD HARDUIN d’AMERVAL  n°1 à 63

Illustration BD : ODILON     page 2

PATRICK  MERIC

HUMOUR - PATOIS

 

PATIEINCHE   page  3&4 

Nicolas MINAIR

DEUX MILLE      page 4

Maurice CATTIAUX

DIS-MOI      page 4

Thérèse LEROY

POLYTE    page  5 

Léonce BAJART

SOULEVER LE VOILE  page 5

Alexy MASSY

AMUSERIES   page 6    

Jean-François SAUTIERE

CE TRES CHER EXCELLENT NARCISSE   page 6

Didier COLPIN

LA RETRAITE   page 7

Gisèle HOURIEZ

PHOTE JAUNIE & ANDINE   page 7 & 17

Henri LACHEZE

DU JOUR A LA NUIT   page 7

LYCEE JACQUARD

CONTREPETERIES OU NON  page 8

Gérard ROSSI

RETROUVER LA VIE    page 8

SYSSY L’IMPERATRICE

DIX FEES RAMANT   page 9

Marc VINCENT

REGLEMENT D‘UN BUVEUR DE BIERE   page 13

HERTIA-MAY

PENSEES   page 16&14

Hector  MELON d’AUBIER**

ADULTES –POESIES

 

LA LIBERATION DE CAUDRY   page 10

Myriam CLOWEZ

TOUS LES FLEUVES VONT A LA MER  page 10

ALIX

NOUS ETIONS VIEUX  page 11

Bernard SIMON

BONSOIR MON AMIE   page 11

PASCAL

QUE RETENIR & VIVRE    page 11&14

Saint HESBAYE

AMITIES ET PENSEE & CLADONIA   page 12

Saint HESBAYE

IL Y A  page 12

Dominique GERARD DEVILLARD

MORT    page 13

LYCEE JACQUARD

UN BON SOLDAT   page 14

Reine DELHAYE

DIVINE  page 14

Julien BURY

QU’UNE PLAISANTERIE   page 15

Didier COLPIN

L’AMOURpage 15

Albert JOCAILLE

UN LOURD SECRET   page 15

Léana DIVERCHY

LIBERTE (S)  page 16

Michèle HALLUIN-PIENS

LE REVE DE LA DENTELLIERE    page 17

Cédric CAFFIAUX

LE REVE   page 19

LYCEE JACQUARD

JOSEPHINE   page  20

CHANSON

NOUVELLES

  

LINDA  page 18&19  

PASCAL

A la lueur d’une Bougie éteinte  page //21 22 23

Blue LYCENNE

RICHARD C.  page  24

HERTIA-MAY

BOURSE DES LIVRES  3°de couverture 

 OMC

 

LE COMITÉ DE LECTURE DE LA CAUDRIOLE ET L’OFFICE MUNICIPAL DE LA CULTURE DE CAUDRY VOUS PRÉSENTENT LEURS MEILLEURS VŒUX DE SANTÉ ET DE SÉRÉNITÉ POUR LA NOUVELLE ANNÉE 2026

 

 

 

 

 

 

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PATIENCE ! PATIEINCHE !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Patience l’Année ! Bientôt les vœux formulés dans le cœur des gens vont se réaliser !

Patieinche l’Année ! Bétôt, tout c’ que ches gins i veultent dins leu cœur, i va s’réaliser.

 

Patience le Fuseau ! Bientôt tu vas tisser le fil d’une nouvelle vie !

Patieinche el’ Broquelet ! Bétôt, vas tisser l’ fil d’ène nouvielle vie !

 

Patience la Neige ! Bientôt tu vas couvrir de ton étole les jardins en prière !

Patieinche elNeiche ! Bétôt, vas arcouverre de t’ mantiau ches gardins in prière !

 

Patience le Champ ! Bientôt tu vas offrir le fruit de tes entrailles pourvu qu’on te cultive !

Patieinche el’ Camp ! Bétôt, vas offerre el’ fruit d’ tes intralles quin in t’ara cultivé.

 

Patience Mars ! Bientôt le printemps naîtra du rire des averses !

Patieinche, el mos d’ Mars ! Bétôt, après ches pleufes à dic et dac, el’ printemps, i va arnaîte !

 

Patience Cerisier ! Bientôt tu vas ressortir de l’armoire ta robe à froufrous !

Patieinche el’ Chérijier ! Bétôt, vas arsortir d’ l’aumaire et’ rope in dintelle !

 

Patience Jardin ! Bientôt le jardinier va te caresser de sa main tavelée !

Patieinche, el’ Gardin ! Bétôt, l’ gardénier, i va t’apochiner avec ses durtés mains !

 

Patience l’Oisillon ! Bientôt le soleil va chauffer de ses rayons ta coquille fendue, cet autre soleil.

Patieinche, el’ tiot Osiau ! Bétôt, l’ solel, i va récauffer d’ ses rayons t’ coquille findue.

 

Patience la Rose ! Bientôt tu seras couronnée reine de Mai !

Patieinche, el’ Rose ! Bétôt, té s’ras l’ reine de ch’ mos d’ Mai !

 

Patience le Rouchi ! Bientôt l’enfant va te réciter dans la cour de l’école !

Patieinche, el’ Rouchi ! Bétôt, l’infant, i va t’ réchiter dins l’ cour ed’ l’école !

 

Patience la Mer ! Bientôt tu vas lécher les orteils des écoliers en vacances !

Patieinche, el’ Mer ! Bétôt, vas léquer l’ z’ortels d’ ches écoliers in vagances !

 

Patience Eté ! Bientôt tu vas mûrir le raisin en sa grappe !

Patieinche, l’Eté ! Bétôt té vas parer ches grappes edrosin !

 

Patience la Syrie ! Bientôt l’enfant va émerger des ruines d’un temple pour donner la main au soldat désarmé !

Patieinche el’ Syrie ! Bétôt, l’infant, i va déhutter d’ ches tempes in aruinemints, et pis i va donner l’ main à chsodart sins armes !

 

Patience la Paix ! Bientôt le monde va se souvenir de toi !

Patieinche, el’ Paix : Bétôt, l’ monte, i s’ ramintuvera d’ ti !

 

Patience la Terre ! Bientôt ton ultime sursaut pour éveiller la conscience des hommes endormis !

Patieinche, no Planète Tierre ! vas bin finir par révier l’ conscieinche d’ ches hommes indormis !

 

Patience Azur ! Bientôt les bombes ne vont plus sillonner ton visage juvénile !

Patieinche, l’Azur ! Bétôt, ches bombes, alles dessineront pus d’ roïettes su tin visache d’infant !

 

Patience le Gland ! Bientôt un chêne se dressera fièrement non loin des roseaux assouplis !

Patieinche, elGland ! Bétôt, té s’ras un quêne pas lon d’ ches rosiaux qu’i s’imbrinqutent.

 

Patience l’Ecureuil ! Bientôt tu vas avoir assez de noisettes pour ton calendrier de l’Avent !

Patieinche, l’ Boquet ! Bétôt, t’aras assez d’ nosettes pou tin calindrier d’ l’Avint !

 

Patience Automne ! Bientôt tu vas fleurir la tombe des soldats tombés pour la France !

Patieinche, l’Automne ! Bétôt, té mettras des fleurs su l’ tompe des soldats qu’i-ont quéu pou l’ France !

 

Patience la Mort ! Ne te hâte pas de fermer les paupières de la grand-mère !

 Patienche el’ Mort ! N’ vas point trop vite à freumer ches yux de l’ taïonne !

 

Patience Livre ! Bientôt l’imprimeur aura forgé ton caractère !

Patieinche, el’ Life ! Bétôt, ch’ l’imprimeux, i-ara forgé et’ caractère !

 

Patience Eglise ! Bientôt la liturgie des Heures va annoncer la Minuit bénie !

Patieinche, l’Egliche ! Bétôt, l’ liturgie d’ ches Heures, alle va annoncher Minuit béni !

 

Patience la Patience ! Bientôt le temps atténuera ta douleur !

Patieinche, el’ Patieinche ! Bétôt, l’ temps, i va adouchir tin mau !

 

Patience l’Horloge ! Bientôt tu vas sonner les 12 coups de l’année nouvelle dans la danse des cotillons !

Patieinche, l’Horloche ! Bétôt, vas sonner ches dousse cops de l’ nouvielle année, pindant qu’in dinsera l’ cotillon !

Nicolas MINAIR

Prix LEMAIRE-DEHARVENG de la Société d’Emulation de Cambrai

et le 2e prix François FROMENT aux Rosati.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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DEUX MIL….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Deux mil vingt-cinq se termine en beauté.

Abordons deux mil vingt-six dans la sérénité

En oubliant au maximum la réalité

Et en mettant les emmerdements de côté.

 

En toute amitié, jouez, dansez, chantez,

Passez l’année nouvelle en cordialité.

De l’argent, ayez en exacte quantité,

Ni trop ni trop peu pour en être ennuyé.

 

Que cette année soit débordante d’amitié,

D’activités, de connaissances, de curiosité,

Que les autres, avec intérêt, vous écoutiez,

En humilité, sans, sur leur vie, empiéter.

 

Que l’amour, sans chaines ni cage dorée,

Remplisse votre vie de l’être adoré,

Quel qu’il soit, enfant, conjoint, parent, ami(e),

Qui vous accompagne au fil de votre vie.

Maurice CATTIAUX

 

 

 

 

 

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DIS-MOI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dis-moi !... Est-ce que tu resteras mon ami ?

 

Peut-être un jour...

trop fatigué de ma tristesse,

tu voleras vers d'autres jeunesses

bien plus belles que ma vieillesse,

bien plus bavardes que ma solitude.

 

Dis-moi !... Est-ce qu'un jour tu m'abandonneras ?

 

Sûrement un jour...

ton cœur frileux partira vers d'autres cieux

bien plus cléments que ma grisaille,

bien plus joyeux que mes nuits de chagrin.

 

Peut-être un jour...

une fois ton chemin retrouvé,

las de ma pesante présence,

tes pas fiévreux te porteront

vers d'autres mystères à découvrir.

 

Dis-moi ! Est-ce que tu te souviendras de moi ?

Thérèse (13/11/07)

 

 

 

 

 

 

 

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POLYTE

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

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Verginie mo du Bisou al n’aveut po puss l’idée d’ess marier èque mi d’aller péquer dins l’erriot Moby.

 

Ia faulu qu’in l’edminne pour li ête marraine du tiot d’ sin cousin Casimir, pou qu’ess vie al suche mal inverguée.

 

Tout çau parce qu’el parrain léteut d’oche à s’ marier, qu’iont eu du bo plaisi au batiso, qui s’ sont ervus au bal d’èle ducasse et qu’ ça a pris tellemint comme ed l’amadou, qu’ia faulu rallemint l’ marier.

 

Comme in dit dins l’ grind monne, mariés pour le meilleur et pour le pire. Malheureusemeint pou Verginie ça été pou l’ pire parce qu’ess n’homme c’éteut inne amusette et in buveu. Et vos povez pinser queu calvaire équVerginie al a induré pindint inne dizonne d’innées.

 

Ia deux meus in interreut sin buveu ! Si j’ vos diseus qu’al a brait j’ mintireus. Quind in a trop longtimps lapidé, in n’ sareut pu braire. Et pi al aveut treus infints à élever : deux tiotes filles raisonnapes et POLYTE, in arsoule fini.

 

Par chaince, à l’école, Intoine sin maîte, c’éteut in comarate d’infince ed Verginie et al compteut boco sur li pou mette sin galmite au pas. Bo garçon, Intoine iaveut amioché Polyte, li faisint d’el morale, li parlint à la douce, mais Polyte, dur et méchint, i s’ moqueut toudis d’ sin maîte. Intoine, qu’al diseut Verginie, èjvos donne tous les dreuts, donnez-li des bafes o bé vos n’in verrez po à bout.

 

-Mais, Verginie, nos n’avons po l’ dreut d’ donner des bafes !

-C’est çau, et Polyte ia l’ dreut d’ vos faire immarvoïer et pi d’è-me faire morir ! Si vos avez deux mons c’est pou vos in servir : si n’ d’a inne pou les caresses, l’eute mon c’est pou donner des bafes quin i feut.

 

Et Intoine finisseut pa s’edminder si Verginie al n’aveut po raison. Verdi passé l’ couvèpe d’el marmite ialleut sauter. Polyte iaveut mis inne guernoule dins l’ tasse d’el blouse ed sin maîte, et tout l’ classe al surqueut quind Intoine, créint prinne sin mouqueu, i mettreut s’ mon su l’ guernoule. Ah ! queu plaisi qu’iont eu !

Intoine, décidé à in finir iaveut ertenu Polyte à midi. A deux seulemint dins l’école, après l’iavoir abassé ses maronnes su ses solés, et erléver s’ qu’misse, iaveut rétindu Polyte, ess pinche collée su l’ tape ed l’école et alors… pan, pan et pan su l’ cu d’ l’arsoule, inne bafe pou t’ mère, inne bafe pour mi et pan, pan et pan !!

Mais Polyte al place ed braire i rieut toudis.

-Qu’mint ça, qui dit Intoine ? t’ettmeuques cor ed mi ?

-Non, Monsieur, arrêtez, arrêtez, j’ n’el ferai pu. ! Seulemin Monsieur, èj’ ris parce èque min fifi i va ête tout bleu… i trimpe dins l’incrier !!!

Léonce BAJART

 

 

 

 

 

 

 

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SOULEVER LE VOILE

 

 

 

 

 

 

 

 

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Je soulève le voile que l’autre me met devant les yeux

Solide

La solitude règne

Dans le monde entier

L’humain est un facteur

D’intelligence

Notre cerveau enregistre

Des informations logiques

Que les mammifères possédaient

Avant l’être humain

Et puis il y a l’affection

Solide lorsqu’elle peut supporter

Et survivre aux orages de la vie

 

Nous avons le devoir

Mais avons-nous l’espoir ?

L’un et l’autre sont-ils vraiment là

Pour faire grandir l’univers ?

Alexy MASSY

 

 

 

 

 

 

 

 

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AMUSERIES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Alain Térieur a fini par sortir.

Bonne nuit Kurt, elle ne sera pas longue.

Alain Proviste est arrivé sans prévenir.

Le pêcheur est arrivé tout à leurre.

Discuter avec des gens bêtes ça ne peut pas marcher.

Qui, durant la guerre 14-18 a fait se soulever les Arabes contre les Turcs ? Florence d’Arabie.

Le devin devine, le tapin tapine, le sardin sardine.

Le vent monte… à l’échelle de Richter.

Ne jetez pas trop vite aux toilettes « Dom qui chiotte de La Manche ».

Le commissaire a réussi à tirer les lombrics des narines du suspect.

Hier j’ai été coincé sur Lille et j’ai dû revenir à la nage.

Le général de Gaulle avait plus d’un tour dans son S.A.C.

Un en-cas qui sent bon est un pare faim.

Quand le benêt vole il le fait gratuitement.

En hiver les imbéciles sont des cons gelés.

Comme tu as mauvais caractère tu têtu.

Non content d’être un malfrat Tony Truand nous casse les oreilles.

Voler en avion est une idée à laquelle Clément adhère.

Ce silicone carné m’est resté sur l’estomac.

La procédure a été suivie en bon uniforme.

Monsieur Lemaire, poissonnier, n’est pas très rapide. C’est Lemaire lent.

L’agriculteur prend sa pipe et laboure.

Le long des quais on peut voir flâner des badauds de plaisance.

Cette metteuse en scène est une vraie casse rôle.

C’est dans les étangs et les marais que les grenouilles croissent.

Le comble pour un couple de musiciens ? Mourir de concert.

Jean-François Sautière

 

 

 

 

 

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CE TRES CHER EXCELLENT NARCISSE

 

 

 

 

 

 

 

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Au centre de lui-même et donc de pas grand-chose

L’égo qui se pavane en face du miroir

Qui lui dit qu’il est beau que son intelligence

En tout point remarquable est en fait un fleuron

Se retrouve shooté d’un délirant ronron

D’un délirant orgueil doublé d’intransigeance

Expliquant qu’au final dans ce leurre au pouvoir

Le nombril transcendé vit une apothéose…

 

Faut-il rire ou pleurer faut-il s’en attrister

Continuellement va la nature humaine

Dans une illusion qui toujours se démène

Pour faire croire que… grande est sa Vanité

Didier COLPIN

 

 

 

 

 

 

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LA RETRAITE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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S’éveiller un matin, étonné mais ravi

En s’écriant : « voilà, le métier c’est fini ! »

Regarder, souriant, la pendule et se dire

Que l’on est libre enfin de chanter et de rire.

 

Oublier les contraintes, et marcher lentement

Pour écouter l’oiseau, pour entendre le vent ;

Rejoindre le midi la table familiale

Heureux d’y retrouver l’ambiance conviviale.

 

Cultiver le savoir, mais soigner le jardin,

Pour qu’éclosent l’œillet, la rose et le jasmin,

Puis goûter le repos, prolongeant la veillée

Savourant les parfums sous la verte feuillée.

 

S’imposer une loi, parfois même un défi,

Concrétiser ce rêve, assez longtemps mûri ;

Agir avec sagesse, et beaucoup de patience

Parce que l’on a l’âge et la grande expérience.

 

Varier chaque jour les travaux, les plaisirs,

Laisser voguer l’esprit pour combler les loisirs,

Afin que la retraite, annonçant la vieillesse,

Soit pour chacun de nous une ère d’allégresse.

 

Gisèle HOURIEZ-MACAREZ

(Vertain)

 

 

 

 

 

 

 

 

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PHOTO JAUNIE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Par les allées, naguère, elles allaient,

Les dames à chapeaux des villes d’eaux,

Prenant le temps, prenant le thé,

Prenant l’air ou les eaux.

 

Toutes leurs voiles dehors, elles semblaient voguer,

Comme de lents vaisseaux vers de lointains ailleurs.

Parfois la main gantée soulevait la voilette

Et laissait s’envoler l’oiseau bleu d’un regard.

 

Un cœur passant par-là, brûlant de s’enflammer,

Se laissait vite éprendre et aussi vite prendre,

Comme les eaux, comme le thé,

Comme l’air ou le temps.

 

S’en sont allés amants, maîtresses et allées.

Allées aussi langoureuses saisons, passions,

Eaux sulfureuses et liaisons. S’en sont allées

Les villes d’eaux, les villes d’hier.

 

Ne restent que jadis, ne restent que naguère

Et par les soirs de lune où rêve la mémoire,

Un peu d’haleine bleue de femme qui s’éloigne

Sous les hautes futaies des allées délaissées.

Henri LACHEZE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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DU JOUR A LA NUIT

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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À la nuit ma touche personnelle,

À la nuit j’apporte tous mes rêves.

 

La terre tourne entre jour et nuit,

Rencontrant la lune ou le soleil,

La lumière doucement nous éveille,

La lumière brûle même la nuit.

 

L’obscurité n’est pas la peur,

L’imagination d’une autre vie,

Un cauchemar lors d’une nuit

Peut se réaliser par malheur.

 

Que ce soit rêve ou cauchemar,

Que ce soit le jour ou la nuit,

Dans l’irréalité adoucie,

Il faut toujours garder l’espoir.

 

Qu’un jour lorsqu’il se réveillera,

Il saura dépasser le rêve,

Il saura dépasser le ciel,

Le jour et la nuit je serai là !

 

Le jour et la nuit ne font qu’un,

Le jour et la nuit par la main.

lycée Jacquard

 

 

 

 

 

 

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CONTREPETERIES OU NON ?

SANS PRETENTION !

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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CHEZ LES NEPALAIS

L’habitant du Népal :

Le Népalais n’est pas laid !

Il a seulement le nez pâle

Et le teint hâlé : c’est un fait !

 

CHEZ LES ANGLAIS

« Honni soit qui mal y pense »

Pas du tout « Charlie », comme en France !

La contrepèterie, ça sent mauvais,

Affirment les esprits mal faits !

 

CHEZ LES MALIENS

C’est au lit d’ soie, qu’au Mali y pensent ?

Normal, car chez eux « bocco à rames » sur des barques, en transe

Arrivent à Lampedusa : paradis chimérique,

Où il n’y a même pas de niche pour les oiseaux d’Afrique.

 

CHEZ NOUS EN FRANCE

C’est au lit d’ soie, que le mâle pense

Pour s’étaler sans entrer en transe

Comme un goujat qu’il est

Alors que c’est autre chose qu’elle attend, c’est un fait !

 

LA METHODE

Les Méthodistes ne se rencontrent pas qu’en religion !

Originaux ou maniaques, ils sont légion.

Fruit de la Méthode : leurs enfants ont pour prénom :

Ogino, Celsius ou Fahrenheit, suivant température, c’est selon !

 

LAPSUS LINGUAE MONTENEGRIN

Le chauffeur de taxi, pas de bonne humeur,

Appelant la Délégation du Monténégro

Qui, sur le trottoir, prend son temps ! « je vous en prie Mes Sieurs,

C’est à vous : montez negro ! »

Gérard ROSSI

 

 

 

 

 

 

 

 

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RETROUVER LA VIE

 

 

 

 

 

 

 

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Je suis une âme très stable, réfléchie, souriante. En fait, toutes les qualités requises que chaque personne humaine devrait recueillir.

Mais ça n’a pas été le cas d’une personne que j’ai aimée, que j’adorais fort, et pourtant, pendant quelques années elle a été très sauvage, violente avec moi, et tout ce qui s’ensuit.

Ce que je demande maintenant, surtout avec la vie qui se développe très vite, c’est de retrouver en moi l’espoir d’être aimée comme je le dois et profiter de toutes les belles choses et des animaux. J’aime les chats, j’aimerais être un chat, chez moi !

Retrouver la vie !

Syssy L’IMPERATRICE

 

 

 

 

 

 

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DIX FEES RAMANT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le Mont-Saint-Michel :

conique et iconique.

 

C’est un animal à fable.

 

Une paire d’allées dallées,

une paire d’effets défaits,

une paire d’années damnées.

 

On ne manque pas de masques :

j’en ai vu trois sur le trottoir

en allant chercher mon pain.

 

Otorino est oto-rhino.

 

Entendu sur France Musique :

« Léo Delibes était contemporain

des compositeurs de son époque »

 

Toutes les voyelles

sont dans la yaourtière.

 

L’assassin de Jaurès a été acquitté.

Peut-on faire confiance

à la justice de son pays ?

 

La Lozère :

très peu touchée par le coronavirus.

 

La voix Ferré.

 

Si elle s’évanouit dans la nature,

utilisez des sels pour la faire revenir.

 

J’ai emmené ma femme à la décharge

avec les déchets encore verts

et je me suis trompé de paquet.

 

Étrillez le cheval, pas l’étrier.

 

Nous faisons tous partie des

hydroalcooliques anonymes.

 

Le confinement permet de ralentir

considérablement la vitesse de

propagation du coronavirus.

Comme ça, ça durera

beaucoup plus longtemps.

 

En faisant du lèche-vitrines,

on nettoie les devantures.

 

 

Alexis est atteint d’alexie.

 

Un pays qui croit en lui

est un pays qui croît en lui.

 

Ô Gabrielle Oliveira-Guyon !

Gabriel Pidoux n’a pas besoin d’une

hache pour fabriquer ses anches.

 

Si je n’avais pas la santé,

mais… j’en serais malade.

 

Il y a Miss Monde ; pourquoi pas

Miss Terre ?… Mystère.

 

Si tu fais un effort,

si tu as un nez fort,

tu deviendras un éphore.

 

L’argent liquide coule à flot.

 

Le coiffeur a coupé par mégarde

mon masque anti-virus.

 

Le 14 juillet,

il promène son chien en liesse.

 

Amis de Georges et de marque,

chez nous la remise est de mise

et non rangée dans la remise.

 

La coupe rose.

 

Renaud, ses chants…

 

Louis XVI vivait avant Thiers ;

il a payé l’époque assez.

 

Celui qui est passionné de nature

est-il passionné naturellement ?

 

La girafe est fière de son cou.

 

Le sein est un vice de forme.

 

Le postillon de Longjumeau

n’a rien à voir avec le coronavirus.

 

Modification de l’état des lieus :

je viens d’en pêcher deux.

 

Marc Vincent

 

 

 

 

 

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. LA LIBERATION DE CAUDRY

ELOGE DE LA LIBERTE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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« Il y a tes rives piégées, il y a ta source d’étoiles… »

Il y a l’espoir qui brille dans tes yeux

Et ta bouche heureuse de m’offrir un baiser,

Un baiser rouge brun comme les agates

Que tous ces hommes d’armes ont arraché,

Aux mères de jeunes enfants que tu as pourtant cachés.

Et je lis dans tes yeux que tu les aperçois,

Ils ne sont pas partis ils jouent à la marelle

Pourtant ils les ont pris, Samuel et puis Sarah.

Tes yeux couleur de pluie se souviennent en silence

De tous ces clandestins offrant leurs corps, leurs bras,

Mais maintenant mon cœur, sois un peu insolente,

Saisis à pleines mains la joie, la liberté

Envole-toi vers tes rêves comme une blanche colombe

Tu verras la faucheuse sera plus vite oubliée.

C’est debout qu’on mérite ou par la volonté.

Bien sûr tu trouveras des rêves inachevés

Des regards éperdus et des corps décharnés

Mais au-delà de tout je veux que tu supportes

Ce que ces hommes-là vont tenter d’oublier.

Et tu verras ma douce qu’ils trouveront la force

De revenir vers ceux qui autrefois riaient.

En attendant mon cœur, je veux te voir sourire

Et s’il me faut connaître qu’un seul amour

Je nomme que le paradis est bien tout près d’ici.

A toi cette inconnue qui par un trait soudain

Par des mots bousculés au hasard du matin

Fuyant la barbarie, les fous, la guerre en somme

A partir de ce jour mon cœur tu fus présente.

Si tu entends la vie s’enivrer au grand jour

Ce n’est rien… c’est mon âme qui pleure et mes doigts qui te chantent.

Myriam CLOWEZ

Valenciennes

 

 

 

 

 

 

 

 

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TOUS LES FLEUVES VONT A LA MER

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

Ma vie

Un fleuve pas tranquille

Qui traverse des montagnes

Rocailleuses puis des plaines verdoyantes

Toi ma vie

Tu es semblable à lui

Tu as traversé l’ivresse

La violence

La tristesse

De l’éloignement irrattrapé

D’enfants et des difficultés

Puis la joie de Donner

La vie

Mais sans rien perdre de toi

De ma tendresse et de

Ma bienveillance

Toi ma vie

Tu bats comme un Grand cœur

En moi toujours aussi fort

Pour mes proches et les autres

ALIX

 

 

 

 

 

 

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NOUS ETIONS VIEUX !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

 

 

 

Nous étions vieux ! la main l’on se donnait !

Deux êtres que la tendresse unissait.

L’avenir semblait donner quelque espoir,

Quand un soir, sans adieu, ni au revoir,

 

Tu es partie, la nuit, sans bruit, sans vie…

Me laissant là, brisé, anéanti.

Dans cette maison vide, hébété,

Je cherche l’ombre d’une ombre insensée.

 

Seul, la mélancolie dans mon âme est entrée.

Le regard voilé tout me semble monotone.

Même mai, ses beaux jours ne sont que ciel d’automne.

Alors, désemparé, vers toi je veux aller.

 

De notre jardin j’ai cueilli ces roses,

Du muguet, un bouquet de lilas blanc.

Ému, sur ta tombe je les dépose.

Ces fleurs de printemps, tu les aimais tant !

 

Fourbu, vaincu par cette vile solitude,

Que vienne le temps où fuyant ces turpitudes,

Près de toi ma femme, je me retrouverai,

Pour ne plus se quitter, réunis à jamais…

Bernard SIMON

 

 

 

 

 

 

Page 16b

 

BONSOIR MON AMIE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

 

Bonsoir mon Amie, au sourire lointain,

Il faut attendre encore jusqu’à demain

Pour succomber aux contours du visage

Que tu m’offres le matin, en un mirage.

 

Bonsoir mon Amie, au cœur si lointain,

J’aimerais tellement te prendre la main,

T’emporter dans l’onde, dans ma ronde,

Te désorienter, te saouler de ma faconde.

 

Bonsoir mon Amie, au corps si lointain,

Te déshabiller est mon travail de romain,

Du regard bien sûr et jamais je n’oserai

Caresser la blancheur de ta peau cachée.

 

Bonsoir mon Amie, au parfum si lointain,

Il abime mes espoirs, éveille mon dessein,

Caresser tes joues, embrouiller ton duvet,

Défaire tes cheveux, qui peut m’arrêter ?

 

Bonsoir mon Amie, au regard si lointain,

Ne vois-tu pas que je veux être ton voisin ?

Fondre à la chaleur de tes pupilles bleues,

Consumé jusqu’aux cendres dans ton feu…

 

Bonsoir mon Amie, au destin si lointain,

Repose-toi un peu et regarde mes dessins.

J’inventerai mille couleurs pour te plaire,

Je t’apporterai la clé de tous les mystères.

 

Bonsoir mon Amie, au soupir si lointain,

Qu’il gonfle ma voile, sèche mon chagrin.

Au large, des dauphins ouvrent le chemin

Du pauvre pirate, vers son île, sans butin.

Pascal

 

 

 

 

 

 

 

Page 16c

 

QUE RETENIR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

Dans ce matin frisquet

Sur le pré pentu

Un moineau friquet

Cherche le hêtre pointu

 

L’âme nue somnole

Cils d’une statue

L’insecte s’envole

Dans la paix perdue

 

Que retenir à ce vouloir

À l’ombre du corridor

Un mythe plus obligé du savoir

Le jouet des sens pour mentor

 

Parfum froid millénaire

Sous l’antre, où je suis

Allège-toi, à te plaire

Tout se tait en magie.

St HESBAYE

 

 

 

 

 

 

Page 17

 

AMITIES ET PENSEES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

 

Tout s’éteint tout revient

Mais les chagrins

S’effilent et s’agenouillent

A la répulsion des cœurs

 

Le passé se range

Dans un ouvrage pâli

Il est temps de songer

A une autre vie

 

Il s’y trouve à jeun

L’amour tout de braises

Trahi par des mains

De sang et de cendres

 

Il s’en sillonne des vents

Dans l’espace mis en page !

Comme les mots du poète

Enlisent l’automne de l’impasse

 

Désert ne serait pas de sable

Qui oublierait la morale d’une fable !

Il faut conserver de cette braise

Un reste de chaleur et une âme d’amitiés.

Saint-Hesbaye

 

 

 

 

 

 

 

Page 18

 

CLADONIA!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

Quelques lichens en trompette

Marqués d’apothécies

Sur un tronc exfolié

D’œil-soleil se balançant sur trois branches

Entre deux nuages mordorés

Ni fleurons ni bourgeons couverts

D’autres moisissures

Aucun oiseau sans ailes

Pas même un vent tiède froid coloré

De fiévreux esprits

Balayent ce monde sélène

Mais une spore courant l’onde

Plus imprévue qu’inattendue

Qui sait vieillir du bout de chaque cupule

Et renaître au présent immobile

Sur l’arbre de rhizines.

Saint-Hesbaye

 

 

 

 

 

Page 18a

 

Il Y A ....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

Il y a tes rives piégées, il y a ta source d’étoiles,

Vint le temps révolu, l’avenir morose,

Le temps des interdits, la liberté sous voile,

Les heures cadencées au fer des pavés roses,

L’horizon disparu, les champs de blé qui grondent,

L’or des vallées qui rouille, au petit matin blême

Et la nuit s’étendit dans ces vallées profondes.

Quelle lumière à porter comme brillant diadème

À ce peuple asservi sous la poudre et l’acier,

Ô lève-toi soleil, sur ces terres déjà d’ombre,

Le sang de nos soldats a rougi nos terriers,

Le fer de nos charrues a mêlé nos décombres,

Et tu oses affronter le peuple paysan !

Ce peuple mille fois soumis, mille fois libéré,

Haine vivace, fais taire ces maugréages ardents

Qui roulent d’âge en âge du fin fond de l’enfer

Chante et crie Liberté

L comme deux ailes

L comme l’oiseau lyre

L comme lève-toi soleil

L comme liberty,

Fusillés pour l’exemple, les sentiers de la gloire

Mort pour la France aujourd’hui ou demain

Seule la glaise a enfoui le glaive de mémoire

De tranchée en tranchée, toujours le même pain

Des inconnus sans nom, un nom parfois célèbre

Seules les croix debout, comme l’arme des ombres

Alignées en ordre de combat funèbre

Dessinent sur les blés fumants en nombre

Ton nom Liberté.

Dominique GERARD DEVILLARD

 

 

 

 

 

 

 

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REGLEMENT DU BUVEUR DE BIERE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

 

 

 

I.La bière saoule, en boire trop conduit à l’ivresse.

 

II.On boira la bière dans son récipient adéquat : l’Abbaye de Leffe dans un calice, la Münich dans son pot en grès.

 

Article trois : Prévoir un conducteur à jeun.

 

Article quatre : Prévoir un lieu de couchage facilement accessible,

a.                   Sans trou de clef

b.                  Sans escalier à monter

c.                   Pas trop éloigné du lieu de beuverie

d.                  Dans tous les cas, prévoir un récipient à portée de la main

 

Grand cinq : Ne pas se raser trop tôt le :

a.                   Lendemain matin

b.                  Surlendemain matin

c.                   Trois jours plus tard

Afin d’éviter de faire des copeaux disgracieux. (remarque : au bout de quatre jours de coma éthylique, il vaut mieux avertir le médecin traitant, sinon le curé de la paroisse)

 

VI.Où trouve-t-on la bière ?

a.                   Là où y’ a des frites

b.                  Dans les estaminets, tavernes, cafés, bistrots, troquets, bars, auberges, canisses, bouis-bouis, etc.)

 

VII.

 

VIII.Comment fabrique-t-on la bière ?

Avec l’orge flamande et le houblon blond une fois.

 

IX.Comment boire la bière ?

Avec recueillement, respect et entre copains (chuchotements : oui, oui avec des copines aussi).

 

X.Proverbes

Bière qui saoule n’amasse pas mousse…

Ne pas confondre le bout du goulot avec le goût du boulot…

 

XI.FIN

Hic… hic…

Hertia-May

 

 

 

 

 

 

Page 19a

 

MORT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

Ange de la mort

Venant me chercher

Je pense que tu as tort

De t’attarder

Viens me prendre

Avant que je ne souffre encore

Viens sans attendre

Dépêche-toi oh ange de la mort

Quand tu seras passé

Et moi trépassé

Je serai enfin heureux

D’être parmi les cieux

Plutôt que de vivre dans ce monde pourri

Où vivre n’est pas une vie

Et après que je sois parti

Je reviendrai te dire merci

 

Oh Toi Ange de La Mort

Lycée JACQUARD

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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UN BON SOLDAT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

 

 

 

 

 

Que tu sois jeune ou plus âgé,

Tu n’as pas le choix, il faut y aller.

Tu vas quitter tes parents,

Ou ta femme et tes enfants.

 

C’est un ordre, il faut partir,

Même pas le temps de réfléchir !

On ne te demande pas ton avis,

Tu te précipites et tu obéis.

 

 Là-bas, au camp, tu vis dans les tranchées,

 S’il pleut, tu es dans la boue et trempé !

 Les balles sifflent et tuent tes amis,

 Toi, tu fais tout pour rester en vie.

 

Tu as froid, tu as chaud ou tu as faim,

En espérant que ça ira mieux demain !

Encore une journée de passée,

Il y a des morts et des blessés.

 

C’est beau de se battre pour son pays,

Mais c’est bien de ne pas perdre la vie !

Tu devais y aller… au combat !

C’est ton destin, tu es SOLDAT.

Reine DELHAYE

 

 

 

 

 

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DIVINES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

Oh Emeraude

Jolie Emeraude

Si fragile

Mais si subtile

Verdoyante

Et clairvoyante

 

Oh Rubis

Mon beau Rubis

Des cristaux

Sont colorés tes minéraux

Couleurs qui te sont données

Par petites impuretés

 

Oh Saphir

Noyant Saphir

Tes couleurs arc en ciel

Quelle merveille

Bleutée

On peut s'y noyer

 

Oh Diamant

Brillant Diamant

Tu représentes l'allotrope

Et cristallises les époques

Parfois en toc

Quand on t'a trop, ça choque

Julien BURY

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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PENSÉE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

L’aute jor,euj lisot in life qu’y parlot eud ché ravache ed l’alcool et du toubak, euj pinsot alorse à eun pus boère ed l’alccol ett d’finqueu, cha s’rot ban pou m’ sinteu ! du cop, apreu réflexian arréteueud lire et eud pinseu !

Traduction : L’autre jour, je lisais un livre où on parlait des ravages de l’alcool et du tabac, je pensais alors à ne plus boire et ne plus fumer, ça serai bon pour ma santé ! du coup, après réflexion j’ai arrêté ……. de lire et de penser !

HMA

 

tiot, tu çou qu’y mante in premian au cieu ? – bin nan ! Ché ché mons pace qu’all po-inte toudis vers eul cieu quind teu prie ! – bé nan ! Ché lé pieu ! j’intinds core eum mère crieu, avec pieu in l’air, « oh man diu, oh man diu, euj vians, euj vians » heureus’min qu’min père y l’étot couqueu pad’sus ell sinan in l’perdot à chaqufos  !

Traduction : Hé petit, sais-tu qui monte en premier au ciel ? – non ! C’est les mains, parce qu’elles pointent toujours vers le ciel quand tu pries ! – bien non ! c’est les pieds ! j’entends encore ma mère crier avec ses pieds en l’air : « oh mon Dieu, oh mon Dieu, je viens, je viens » heureusement que mon père il est toujours couché sur elle, sinon on la perdrait à chaque fois !   

 HMA

 

 

 

 

 

 

 

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VIVRE

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

Vivre, est-ce attendre

La mort au coin d’un feu

Doucement, quand tout dort

Et qu’on est deux ?

 

Vivre, est-ce rire

Aux pleurs, sourire aux larmes

Tristement, quand notre cœur

Se perd dans l’âme ?

Saint-Hesbaye

 

 

 

 

 

 

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QU’UNE PLAISANTERIE ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

Un bel (?) hasard nous fait naître

Vivre dans le malheur d’être

Puis simplement disparaître…

 

Une copulation

Une éjaculation

Des gènes qui se mélangent

Pour un ‘démon’ pour un ‘ange’

 

La vie est au rendez-vous

Entre leurres et remous

Qui bâtissent l’existence

-Pauvre en terme de substance-

 

Enfin vite un point final

Achève le carnaval

Qui constamment très habile

A le mensonge facile...

 

Le sens demeure au placard

L’horreur dans plus d’un écart

Offre un éternel rencard…

Didier COLPIN

 

 

 

 

 

 

Page 24

 

L’AMOUR

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

 

 

L’amour c’est souvent une femme

Qui vient te murmurer

Son désir et sa flamme,

Quand tu viens l’embrasser.

 

L’amour c’est une image

Dont tu as tant besoin

Pour vivre sur ton nuage,

Avec le cœur serein.

 

L’amour, lui qui te rend si faible,

Mais aussi parfois si conquérant,

Pour te brûler les ailes,

En un doux châtiment.

 

Pour le meilleur et le pire,

Il n’y a point de sots sentiments.

Alors pour tout l’amour à réunir,

Il n’est pas de mauvais printemps.

Albert Jocaille

 

 

 

 

 

 

 

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UN LOURD SECRET

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

 

Je m’appelle Léana. De mon prénom masculin Amaury. Depuis l’âge de 14 ans, je me suis rendu compte que je n’étais pas dans le bon corps. Je parlais de moi au féminin. Et c’est seulement à mes 16 ans que j’en ai parlé à mes parents, mais c’était tabou. Alors, c’est seule dans ma chambre que je m’habillais en fille.

 

C’est seulement à 30 ans que j’ai vraiment voulu passer le cap, je n’ai plus peur aujourd’hui. J’ai tant souffert de garder ce secret en moi. Je veux vivre ma vie au grand jour sans me cacher. Ce n’est pas une lubie, c’est une réalité !

Léana RIVERCHY

 

 

 

 

 

 

 

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LIBERTE (s)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

 

 

Il y a des rives piégées, il y a ta source d’étoiles

Et des migrants plongés dans une nuit d’encre

Voguant sur des bateaux fous livrés à eux-mêmes

En quête d’un espoir, d’une preuve d’Humanité.

Une main tendue vers toi Liberté

Mais en vain tu leur échappes.

 

Il y a des reportages dérangeants, il y a des photos chocs

Et des murs de prison oppressants aux barreaux trop serrés

Dénonçant l’arbitraire de leur enfermement

Des journalistes torturés y hurlent leur innocence.

Une main tendue vers toi Liberté

Mais en vain tu leur échappes.

 

Il y a des puits lointains, il y a des outres à remplir

Et la peine des filles, des sœurs, des épouses, des mères

Combattant la misère, osant rêver d’un meilleur avenir, d’égalité

Et de cette arme si puissante pour changer le Monde : l’école.

Une main tendue vers toi Liberté

Mais en vain tu leur échappes.

 

Il y a des isoloirs sans rideau, il y a des urnes éventrées

Et des bulletins qui ne servent que des despotes

Bafouant la volonté de s’exprimer, de choisir

Réprimant les dissidents condamnés à taire à jamais leur avis.

Une main tendue vers toi Liberté

Mais en vain tu leur échappes.

 

Il y a des terres ravagées, il y a des drapeaux plantés

Et des draps blancs sillonnés, marbrés de sang

Portés par des soldats de l’enfer arrachés, fatigués, épuisés

Qui ont parfois tout donné même leur âme.

Ils tendent la main vers toi, ils te frôlent d’un doigt

Ils vont enfin te respirer… Liberté !

Michèle HALLUIN-PIENS

 

 

 

 

 

 

Page 27

 

LE REVE DE LA DENTELLIERE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut 

 

 

Il était une fois une petite fille prénommée Alice qui s’endormit par un bel après-midi d’été, à l’ombre d’un grand saule pleureur, près de l’étang du Val du Riot. La brise chantait doucement dans les feuilles, et bientôt, ses paupières se fermèrent.

 

Dans son rêve, le saule se redressa et lui murmura : « Viens, le royaume de Dentellia t’attend. » Une lumière douce l’enveloppa, et elle se retrouva dans une clairière baignée de rosée. Autour d’elle, les fleurs s’ouvraient en silence et tissaient des fils d’argent entre leurs pétales. Une coccinelle aux ailes de cristal vint se poser sur son doigt.

 

« Suis-moi, Alice, et découvre le secret de la dentelle de Caudry. »

 

Elle marcha parmi les roseaux, où les grenouilles chantaient des berceuses. Soudain, une luciole apparut, puis mille autres, formant une grande toile brillante dans le ciel. Au centre, une femme faite de feuilles et de lumière tissait à la main une étoffe translucide.

 

« Qui êtes-vous ? » demanda Alice.

 

« Je suis la Dentellière. Autrefois, les fées de la nature m’ont confié la mission de capturer la beauté du monde dans un tissu léger comme le souffle du vent. Chaque point que je brode vient d’un murmure de rivière, d’un battement d’aile, d’un soupir de chardon. »

 

Autour d’elle, des animaux magiques venaient déposer des offrandes : des perles de rosée, des fils d’écorce, de minuscules éclats de lune. La Dentellière les transformait en motifs : spirales de fougères, arabesques de lierre, couronnes de ronces douces.

 

« À Caudry, les humains ont entendu notre appel. Ils ont bâti des métiers de bois et de fer pour perpétuer notre art. Mais sans rêve, la dentelle perd son âme. Toi, Alice, tu rêves encore. »

 

La petite fille tendit la main. La Dentellière y plaça une fleur blanche en fil d’aube. « Réveille-toi, et garde la mémoire du fil invisible qui relie les cœurs au monde. »

 

Alice ouvrit les yeux. Sur sa paume reposait un fragment de dentelle en forme de ronce… et l’arbre sous lequel elle dormait semblait lui sourire.

 

Depuis ce jour, Alice rêva chaque nuit, et bientôt, elle apprit à tisser – non pas seulement avec des fils, mais avec la lumière, les souvenirs, et les promesses du vent.

Cédric CAFFIAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

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ANDINE

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut 

 

Âpre la montagne

Et menaçante autour de lui,

L’Indien,
et au-dessus de lui,

Qui le domine et qui l’écrase,

On pourrait presque croire.

 

Fragiles, humains,

Les doigts légers,

Pesant précis sur le roseau

L’accord enfin parfait des âmes

Et des siècles

Et des monts

Et des morts.

 

Flûte-alambic :

Tant de douleur, tant de misère

Pour tant de rare pureté ;

Perle une goutte,

Roule une larme

De ciel patiemment décanté.

Henri LACHEZE

 

 

 

 

 

 

 

 

Page 29

 

LINDA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut 

 

 

C’est la patronne du bar-tabac-journaux de la Croze ; avec son mari, ils tiennent cet établissement depuis plusieurs années. D’une humeur qu’elle voudrait égale avec tous ses clients, avec ses quarante-trois ans, elle a pourtant un caractère bien trempé. Aussi, entre les soûlards, les dépressifs, les solitaires, les joueurs d’Amigo, les retraités, les marginaux, les chômeurs, les glandeurs, etc., elle tient tout son petit monde d’une main ferme. Elle connaît les prénoms et les travers de la plupart des consommateurs ; elle est parfois le seul sourire qu’ils verront de la journée. Derrière les vitres de son aquarium, des requins au menu fretin, des morues aux vieux pêcheurs de barbots, chacun vient ici buller entre sa clope et son café… 

Au quotidien, ce n’est pas évident de composer avec tous ces personnages tellement hétéroclites ; entre les jaloux, les perdants, les rancuniers, les méchants, les timides, elle ménage la chèvre et le chou ; elle complimente l’un, elle engueule l’autre, elle rabroue celui-ci, elle abonde dans le sens de celui-là. Les inconnus, les louches, les exubérants, les tourmentés, les exclus, elle les surveille comme s’ils allaient partir sans payer ; non, comme s’ils allaient dérégler son ambiance. Nerveusement, ce doit être usant, à force, de gérer cette faune. Extravertie ou soupape de sûreté, elle a des éclats de voix à faire trembler les carreaux ; sa colère est volcanique et ses rires sont explosifs. À neuf heures, quand elle arrive, elle fait le tour des tables en bisant les habitués et en serrant la main aux autres.

Un jour, un brin facétieux, je lui ai dit qu’elle était fascinante. Me connaissant et ne sachant pas trop si c’était un compliment ou une bêtise, elle est partie dans son coin pour ouvrir son dictionnaire. Quand elle est revenue, elle avait le sourire ; la définition l’avait satisfaite.

À la force de l’habitude, elle a les oreilles qui traînent, et elle peut entrer dans une conversation, donner son avis sans y être conviée. Linda, on aime ou on n’aime pas ; après tout, elle est chez elle. Le bar, c’est son gagne-pain, c’est son territoire ; elle tient les cordons de la bourse ; avec son mari et ses deux fils, je crois qu’elle a trois enfants.

Elle et moi, nous n’avons pas spécialement d’atomes crochus ; c’est l’espace infinitésimal, celui d’une génération d’écart, c’est la distance entre un anonyme client et une responsable de bistrot, et même si je la tutoie, respect ou recul, elle me vouvoie…

 

Avant le grand confinement, celui qui va tous nous maintenir prostrés derrière les murs de nos maisons, comme d’habitude, hier, je suis allé chercher mon journal. Naturellement, suite aux directives gouvernantes, à la Croze, le côté bar était complètement barricadé. Rajoutant encore plus de sinistre à la calamité, devant tous ses paquets de cigarettes avec leurs photos à faire des cauchemars, Linda tenait le comptoir du tabac ; elle avait la mine défaite, des cernes sous les yeux, le maquillage en berne, le dos voûté, les larmes à fleur de paupières. Plus que tristounette, elle était défaite, Linda ; comme on dit par chez nous, elle était « touchée, coulée ». Je compris qu’avec son bistrot fermé, ce serait un important manque à gagner mais, de là à se décomposer de la sorte, c’était quand même démesuré…

 

Linda, elle n’est pas femme à s’affaisser ; c’est une courageuse, c’est une battante qui, tous les jours, remet son ouvrage sur le métier. Pourtant, elle en avait gros, il fallait que ça sorte. Perdant tout son aplomb de patronne, elle me confessa que son mari s’était pété le genou au ski, la veille, qu’il était à l’hôpital, et qu’elle n’avait même pas pu le voir parce que les soignants interdisaient toute visite. Instinctivement, elle quitta le comptoir et ses clopes pour se rapprocher de moi ; elle n’était plus la patronne, elle était une pauvre femme éplorée, et ses larmes dégoulinaient sur son visage…

 

Individualiste au possible, ce n’est pas mon genre de m’apitoyer ; mon éducation, ma façon de voir mon prochain serait plutôt du style « Charité bien ordonnée commence par soi-même ». Pourtant, tout à coup, comme si j’avais tout compris de son malheur, j’ai eu de la peine ; ses larmes véritables, celles qui viennent de la vraie peur et du grand désespoir, m’ont ému. Une force irrésistible venue de mon coeur m’a ouvert les bras, et une voix qui sortait de la bouche de mon âme a dit « Viens… Tu as l’âge de ma fille aînée… ». Comme si elle n’attendait que cela, elle est venue se blottir ; je l’ai prise dans mes bras, je l’ai serrée contre moi. À cet instant extraordinaire, j’étais le buvard de ses larmes, le confident de ses silences, le rédempteur de son chagrin.

 

Ô, nos effusions remplies d’humanité ne durèrent pas longtemps. Pourtant, j’espère lui avoir transmis toutes mes ondes les plus positives ; j’espère avoir tout pris du négatif qui l’empoisonnait en venin de serpent mortel ; il sera toujours temps de l’évacuer avec un coup de vent du Nord, un long regard sur le pré de Cinq Sous, un rayon de soleil embellissant notre Drôme… 

 

Moi, l’insignifiant, le superflu, le has been, c’est la première fois que je trouve un intérêt à mes cheveux blancs. Fallait-il attendre que j’aie soixante-cinq ans pour trouver de l’utilité à mon existence ?... Est-ce que j’ai vécu jusque là pour vivre ce moment ?... Parfois, je me demande si nos gestes de miséricorde ne sont pas prévus depuis des millénaires. Je me demande encore si nous ne sommes pas que des pions avancés sur un jeu qui nous dépasse, et dont nous ne comprenons ni les tenants, ni les aboutissants… 

 

Ce matin, je suis allé chercher mon journal, à la Croze. Elle avait le sourire, elle avait vu son mari ; dehors, il faisait beau ; les rayons du soleil me réchauffaient déjà le visage…

.PASCAL

 170320

 

 

 

 

 

 

 

Page 30

 

LE REVE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut 

 

 

 

Ce soir-là, Jean Mouloud traînait pour manger. Sa passion était de mixer sur son ordinateur des morceaux qu'il adorait pour n'en faire plus qu'un seul. C'était un homme de 25 ans, d'origine Togolaise, il travaillait comme pompiste dans la région parisienne. Il avait perdu goût à la vie depuis que sa copine l'avait quitté. Il rêvait d'être célèbre et d'être apprécié de tout le monde mais ce n'était pas le cas malheureusement.

Après avoir quitté son ordinateur, il alla souper puis il partit se coucher comme à l'accoutumée.

Le lendemain matin, son réveil sonna à 7h00 précises ; il se leva avec un air grisé, se lava, s'habilla, puis partit au travail.

Arrivé à son travail, il commença à remplir d'essence le réservoir de deux ou trois voitures. Puis une magnifique limousine noire arriva ; derrière le chauffeur, il y avait un homme d'un certain âge. Il se demandait qui cela pouvait-il bien être. Il remplit le réservoir de la voiture tout en sifflotant la nouvelle chanson qu'il avait mixée hier soir.

Tout à coup, l'homme sortit de la limousine et lui dit :

- Quelle est cette chanson, jeune homme, s'il vous plaît ? Elle m'a l'air très bien.

- Euh… en fait c'est une de mes compositions.

- Vous composez ?

- Oui, cela m'arrive de temps en temps. Pourquoi ?

- Je suis patron d'une boîte. Venez y faire un tour ce soir. Vous pourriez mixer deux ou trois de vos morceaux. Tenez ! Voici 1000 euros, allez vous changer !

- Merci. A ce soir, alors. Voici votre plein d'essence, c'est gratuit pour vous.

- C'est gentil ! A ce soir.

Jean Mouloud alla chercher ses vêtements. Il se vêtit correctement. Pour ce soir, il était habillé comme un DJ de tous les jours, sweat noir à capuche et baskets blanches. Autour du cou, il portait également une énorme chaîne en or. Jean Mouloud était vraiment habillé tendance !

Le soir même vers 23h30, Jean Mouloud présenta ses titres. Les filles dans la foule étaient folles de lui. C'était la star de la soirée, on n'avait d'yeux que pour lui. Il avait soudain repris goût à la vie. La soirée passa très vite.

A 6h00 du matin, il quitta la boîte de nuit, il en avait les larmes aux yeux, son rêve s'était enfin réalisé. Le patron lui proposa de rentrer chez lui. Avant de monter dans la limousine, Jean Mouloud entendit un bruit sourd. Il se retourna en ouvrant les yeux, c'était son réveil qui sonnait. Tout ceci n'avait été qu'un rêve. Il se leva de son lit et repartit pour une nouvelle journée de travail…

Lycée JACQUARD

 

 

 

 

 

 

 

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J’ T’EN PRIE JOSEPHINE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1er couplet

 

Ma bien-aimée, ma Joséphine !

Toi la plus belle entre les belles,

Quand j’admire ta belle poitrine

J’ fredonne toujours une ritournelle.

Quand je vois tes jolis mollets,

Ta belle taille et tes p’tits pieds,

Mon cœur ne fait qu’un tour, ma belle,

Je m’ sens l’ besoin de m’écrier : (Refrain)

 

2e couplet

 

Que je voudrais être chandelle

Pour t’éclairer, ô mes amours,

Je voudrais être une pucelle

Pour m’attacher à toi toujours.

Je voudrais être toutes les choses

Que tu regardes ou que tu tiens,

Des gants qui couvrent tes doigts roses,

Je voudrais être la peau d’ lapin. (Refrain)

 

3e couplet

 

Que je voudrais être pantoufle,

Que promène ton pied mignon,

Je voudrais être le vent qui souffle

Dans la filasse de ton chignon.

Je voudrais être la belle robe

Que tu touches de tes doigts fluets,

Je voudrais être la garde-robe

Où tu ranges tous tes effets. (Refrain)

 

 

4e couplet

 

Que je voudrais être boucle d’oreilles,

Bonheur qu’on ne soupçonne pas,

Pour me pendre à ta fine oreille

Et te dire des bêtises tout bas.

Enfin, pardonne-moi cette folie,

Si le feu s’ mettait dans ton cœur,

A défaut d’ pompe pour l’incendie,

Je serais ton pompier sur l’heure. (Refrain)

 

5e couplet

 

Bref, si nous nous marions, mon ange !

Jour d’ivresse et jour de bonheur,

Je voudrais être fleur d’orange

Pour entendre palpiter ton cœur.

Je voudrais dans un doux mystère,

Je voudrais mon trésor aimé,

Te voir tomber dans la rivière,

Pour savoir si tu sais nager. (Refrain)

 

 

Refrain

 

J’ai l’ cœur qui déraille,

Comme le train de Versailles,

Joséphine, Joséphine,

J’ t’en prie Joséphine

J’ t’en prie Joséphine,

Arrête ta machine,

Arrête ta machine ou bien

Tu f’ras dérailler l’ train (d’ Pantin).

 

 

 

 

 

 

 

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A LA LUEUR D’UNE BOUGIE ETEINTE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Suite du n°76

Si quelqu’un cherchait effectivement à leur nuire, cette personne devait avoir un but précis à atteindre. En quoi un groupe de huit bons amis pouvaient-ils représenter une menace aux yeux de qui que ce soit ? Perdu dans ses pensées, le jeune homme aux yeux vairons ne prêta pas attention à son environnement et percuta de plein fouet un Imasu complètement sonné qui venait de s’arrêter. Les garçons tombèrent tous deux en avant dans un enchevêtrement de bras et de jambes et éclatèrent de rire en constatant qu’ils n’arrivaient pas à se relever. Jaden accourut en reprenant forme humaine et les aida à se déloger, non sans voler un baiser à son compagnon qui lui sourit comme s’il était la huitième merveille du monde. Les guerrières Urduja les rejoignirent et le petit groupe se reforma, toujours aussi soudé.

·                    Pourquoi est-ce qu’on s’arrête ? s’étonna Zaya en fronçant les sourcils.

·                    Qu’est-ce qu’il se passe, quelqu’un est blessé ? s’enquit Dehanayst qui faisait souvent office de maman du groupe. On ne devait pas arriver avant trois ou quatre heures, c’est bien ce que tu nous avais dit, Ima’ ? demanda-t-elle avec un soupçon de reproche teinté d’angoisse.

·                    C’est ce que je pensais, en tous cas, s’expliqua l’elfe en se passant une main dans ses cheveux rouge sombre. On est passés à travers un Voile, ils sont très rares… Je ne pensais pas que quelqu’un en aurait placé un ici…

·                    Un Voile ? s'étonna Emeraude en secouant la tête. Qu’est-ce que c’est ?

·                    C’est un enchantement, répondit Neela, dont les sorts de ce genre étaient sa spécialité. Il sert à dissimuler quelque chose aux yeux de tous. Seules les personnes ayant un droit de passage sont autorisées à les traverser. Si on n’en a pas, on continue d’avancer sans jamais atteindre notre destination. Apparemment, celui-ci protégeait la Noble Cour. Ce que je ne comprends pas, c’est comment on a fait pour le traverser…

·                    Attends… Tu veux dire qu’on y est ? Dans la Noble Cour ? s’étonna Jaden avec stupéfaction en regardant attentivement autour de lui.

 

Neela acquiesça solennellement et les autres imitèrent le lycanthrope en regardant, ébahis, le paysage autour d’eux. La forêt aux arbres nus et morts dans laquelle ils se trouvaient quelques instants plus tôt avait laissé place à une magnifique cour circulaire. Le sol était couvert de pavés de pierre couleur argile, vieillis par les siècles et recouverts de mousse ici et là. Ils formaient un chemin qui les menaient vers le centre de la cour où trônait une magnifique fontaine où les statues figées d’esprit de la nature dansaient les pieds dans l’eau, toujours aussi claire après tant de temps. Tout à côté, une estrade de pierre, semblable à celle utilisée pour les pavés, servait de piédestal à deux trônes de bronze, recouverts de lierre, de fleurs, de pierres de lune et d’éclats d’or. L’ensemble était bordé par une forêt dense et pourtant lumineuse, étincelante. Les arbres, dont les troncs paraissaient noirs comme l’ébène, protégeaient ce lieu chargé de magie et d’histoire. Une brise légère agita les feuilles de ces êtres immenses et majestueux qui semblaient veiller sur eux de toute leur hauteur. D’un sublime dégradé de rouge, d’orangé et de jaune, les feuilles s’agitèrent et reflétèrent les rayons du soleil en un millier d’éclats de lumière, les baignant d’une douce lueur chaude et bienveillante. Aux quatre coins de la cour, sept chandeliers forgés de lierre attendaient, éteints. Mae ne put retenir le sourire qui étira ses lèvres jusqu’à ses oreilles, et il constata rapidement que sa sœur, ainsi que tous leurs amis, étaient dans le même état d’émerveillement que lui. Il prit la main de sa jumelle dans la sienne et la serra fort, comme pour s’assurer qu’il ne rêvait pas. Ils étaient à la Noble Cour, le premier royaume des fées, figée en la saison d’un automne éternel.

 

Le sorcier laissa couler quelques larmes d’émotion et porta la main au collier de sa tante qu’il avait enfilé autour de son cou. Si seulement Sihir avait été là pour voir ça. Elle aurait forcément adoré, pensa le jeune homme avec mélancolie. L’automne avait toujours été sa saison préférée. Sous ses doigts, il sentit alors le collier vibrer. Baissant les yeux, il constata que son médaillon émettait une faible lueur turquoise, légèrement froide. Avant qu’il n’ait pu attirer l’attention de sa sœur pour la prévenir de cet étrange phénomène, le sorcier vit Imasu poser un genou à terre, la tête basse, devant les trônes vides. Ses amis comprirent qu’il rendait hommage à ses ancêtres, eux qui avaient offert un foyer à son peuple bien des siècles avant sa naissance, et ils s’écartèrent en silence pour lui laisser le temps nécessaire à son recueillement.

·                    À la croisée de l’antique forêt, sous une pluie incandescente dorée”, récita Neela à voix basse. Nous avons trouvé le lieu de la prophétie. Nous sommes à la Noble Cour…

·                    On y est, oui, confirma Imasu en les rejoignant. Je le sens, l’énergie du lieu résonne en moi et fait vibrer ma magie. Ça ne nous apprend rien sur la manière dont on a pu atterrir ici aussi facilement, cependant.

Je pense que c’est à cause du collier, les informa Mae en décrochant le bijou pour leur présenter sa lueur turquoise. Il vibre depuis qu’on est arrivés ici. Je pense que c’est pour ça qu’on a pu traverser le Voile. Tante Sihir devait savoir qu’il nous servirait.

Comment l’aurait-elle su ? contra Lysaëlle, quelque peu de mauvaise foi, de l’avis de son frère. Et surtout, comment a-t-elle obtenu ce collier ?

Hey, venez voir ça ! lança Emeraude qui se tenait un peu à l’écart.

La jeune métamorphe admirait une fresque située derrière les deux trônes et qu’aucun d’eux n’avait remarqué jusqu’alors. Se rapprochant d’elle pour voir ce qu’elle avait découvert, ils distinguèrent sur la pierre en bas-relief les figures de deux êtres enlacés se faisant face, un soleil et un croissant de lune se complétant au-dessus de leurs têtes. Le même motif se répétait à leur droite, avant de dévoiler une autre image. Cette fois, il s’agissait d’un homme tenant la main à une femme pourvue d’une couronne de ce qui ressemblait à des aconits. De son autre main, l’homme tendait à la femme, sans doute une reine ou une princesse, un bijou ressemblant comme deux gouttes d’eau à celui de Sihir. Mae eut beau comparer les deux et chercher des divergences, il n’en trouva aucune. Les médaillons étaient identiques en tous points. La dernière scène représentait cette fois la femme entourée des deux hommes qui figuraient sur le premier bas-relief. Une turquoise incrustée faisait office de collier, et une quatrième personne les surplombait tous trois. Les jumeaux réalisèrent qu’il s’agissait de celui qu’ils n’avaient pas réussi à identifier lorsque la prophétie leur avait été délivrée. Au bas de la fresque, une phrase avait été gravée. Sihir, Mahina, Matahari, dan Sang Penjaga, disatukan oleh kekuatan Harmoni. Empat dewa, satu jiwa. Lysaëlle fronça les sourcils et s’agenouilla devant la citation avant de la caresser du bout des doigts en la répétant à voix basse.

·   Qu’est-ce que ça signifie ? s’enquit Zaya en se penchant en avant.

· La magie, la lune, le soleil et le gardien, unis par la force de l'Harmonie. Quatre dieux, une seule âme, traduisit la sorcière en sentant les larmes lui monter aux yeux avant de dévaler ses joues qui avaient pris une légère teinte grise sous l’effet de sa pâleur soudaine. Sihir signifie magie… Ce qui veut dire…

·   Qu’on sait pourquoi tante Sihir possèdait ce collier, comprit Mae en s’agenouillant pour prendre sa sœur jumelle dans ses bras.

·   Sihir… était une déesse ? réalisa Jaden après coup en écarquillant les yeux comme un hibou sous ecstasy. Mais comment ?!

·                                                                                                                                                                                 Je n’en sais rien, mais visiblement elle a régné sur la Noble Cour… Cette fresque a plusieurs centaines d’années, estima Imasu en la frôlant. C’est prodigieux.

·                                                                                                                                                                                 Je veux comprendre ce qu’il s’est passé, souffla Lysaëlle en essuyant presque rageusement ses larmes, une nouvelle détermination farouche brillant dans ses yeux vairons comme les flammes d’un brasier. On doit réaliser la prophétie, et on doit le faire tout de suite. D’ici peu le soleil se couchera et je refuse d’attendre une année de plus pour avoir les réponses à mes questions.

· Et dire qu’au début tu ne voulais même pas venir…, railla Jaden avec un sourire entendu et malicieux.

 

La sorcière le fusilla du regard et le loup déglutit difficilement. Lysaëlle secoua la tête et lui lança un regard avant de les supplier silencieusement d’accepter de réaliser la prophétie de leur tante. Tous acceptèrent, sans exception.

Evidemment qu’ils feraient tout pour la réaliser : après tout, ils n’avaient pas fait tout ce chemin pour repartir bredouilles, les mains dans les poches. Mae actionna le mécanisme de son collier et le médaillon s’ouvrit de nouveau, leur laissant entendre la prophétie une seconde fois, afin qu’ils soient certains de la procédure à suivre. Le premier couplet leur intimait de chercher “le sceau du gardien”, dont ils se mirent tous en quête. Ils cherchèrent partout : autour des trônes, de la fresque, de la fontaine, mais rien, ils ne trouvèrent pas le moindre symbole, nulle part. Le soleil commençait à décliner dans le ciel et leur faisait l’effet d’une course contre la montre qu’ils étaient lamentablement en train de perdre. Excédée, rageuse, Lysaëlle se laissa tomber sur le sol et laissa exploser sa magie en une pluie d’étincelles rougeoyantes qui n’eurent pour seul effet que de la soulager de son stress, seulement pour quelques minutes. Secouant la tête, et sachant qu’elle réfléchissait toujours mieux loin de tout, Emeraude se transforma et reprit sa forme d’aigle orné avant de piquer en flèche vers le ciel. La brise caressa ses plumes et elle se laissa planer quelque instant en fermant les yeux pour faire le vide dans son esprit. Lorsqu’elle les rouvrit, la métamorphe lâcha un cri de surprise qui manqua lui faire perdre son équilibre et s’écraser au sol. Retournant sur la terre ferme, elle interpella ses amis.

· Le sceau ! On est en plein dessus !

 

De quoi est-ce que tu parles, Em’ ? demanda sa grande sœur qui ne comprenait rien aux propos de sa cadette.

D’ici, on ne voit rien, mais vu d’en haut, on peut le voir ! Le symbole du gardien, son sceau, c’est la lune et le soleil entrecroisés, ce qui forme un rond, or cette cour est de forme circulaire.

Alors qu’est-ce qu’on doit faire exactement ? s’enquit timidement Neela qui avait du mal à suivre la conversation.

Le sceau possède sept rayons, chacun menant à un chandelier.

Le sceau du gardien réunis la magie des sept en son sein”, récita l’elfe à son tour. Jusque-là, c’est logique, mais nous sommes huit et il n’y a que sept chandeliers. Comment on fait ?

La bonne humeur qui s’était emparée d’eux avec les explications d’Emeraude retomba aussi soudainement qu’un soufflé et ils grommelèrent tous de déception en lançant un regard maussade à l’elfe qui eut un sourire d’excuse.

Malgré tout, il n’avait pas tout à fait tort : comment allaient-ils pouvoir tous les huit donner un peu de leur magie alors qu’il n’y avait que sept réceptacles ? Ce fut Dehanayst, heureusement, qui trouva la solution.

Nous sommes sept, pourtant.

Trésor, au risque d’être un peu rude, prends des cours de mathématiques, lui conseilla Jaden avec une moue dubitative.

Je sais encore compter, merci bien ! se défendit la guerrière. Mais la prophétie parle de magie, or nous avons sept magies. Vous deux, fit-elle en lançant un signe de tête à Mae et Lysaëlle, vous êtes jumeaux, ce qui signifie que votre magie est parfaitement identique. C’est comme si elle ne formait qu’une seule entité, donc… sept magies, pour huit personnes. C’est simple pourtant.

·          Tu as peut-être raison, admit Mae en hochant la tête. Ça vaut le coup d’essayer. Tout le monde va à l’un des chandeliers et pose sa main dessus. On va essayer de donner une parcelle de notre magie à la Cour, et nous verrons bien ce que ça donne. Au pire, il ne se passera rien du tout…

Jaden fut tenté de répliquer qu’au pire ils risquaient surtout la mort, comme dans la plupart des situations catastrophiques de ce genre, mais se retint de tout commentaire : ce n’était pas le moment de semer un vent de panique. Emeraude, Imasu, Dehanayst, Neela, Zaya et lui rejoignirent chacun un chandelier tandis que les jumeaux partageaient le dernier. Le frère et la sœur posèrent leur main sur le métal froid et fermèrent leurs yeux pour se concentrer sur la magie élémentaire qui vivait en eux et coulait dans leurs veines depuis leur naissance. De leurs mains jointes crépitaient des étincelles de magie dorée, qui traversèrent leur corps et le métal avant d’allumer une unique flamme dorée au sommet du candélabre, qui dispensa sa lumière autour d’eux comme une bulle de magie. Tous deux soupirant de concert, le soulagement les envahissant, et ils tournèrent le regard vers leurs amis qui ne les avaient pas lâchés des yeux de tout le long. Eux aussi rassurés, ils confièrent un peu de leur magie directement à la Noble Cour et au sceau du gardien qui se mit à briller des différents éclats de leur magie : doré pour les jumeaux, argenté pour Jaden, rouge pour Imasu, bronze pour Emeraude, lilas pour Neela, orange pour Dehanayst et vert pour Zaya. Les sept chandeliers brillèrent tour à tour de plus en plus fort jusqu’à les envelopper, manquant de les aveugler, et baignant la Noble Cour d’une intense lumière plus blanche et plus éclatante que la plus pure des sources de magie connues. Lorsque la lumière, enfin, se dispersa, ils virent que le décor avait changé, une fois de plus. La fontaine aux esprits et les trônes, ainsi que la fresque, se trouvaient bien plus loin qu’auparavant et autour d’eux se tenait à présent un immense pentagramme vide. Visiblement, la Cour s’était agrandie d’elle-même, grâce au don qu’ils avaient fait de leur magie. Lâchant un à un les chandeliers, les amis se réunirent autour du symbole magique que Neela examina sous toutes les coutures, tandis que Zaya récitait la suite de la prophétie.

Rougeoyante à la lueur d’une bougie éteinte, éclatante la lune marque de son empreinte”...On doit dessiner une bougie ?

J’y travaille déjà, affirma l’enchanteresse qui s’appliquait consciencieusement, sa langue passée entre ses lèvres, perdue dans sa concentration.

Si je comprends bien, et je ne me trompe que rarement, commença Imasu avec une illusion de modestie, c’est que les derniers rayons du soleil vont illuminer la bougie, en quelque sorte, et que la lune va l’éteindre. Il n’y a qu’à laisser faire le cycle de la nature

Et si tu te trompes ? demanda tout de même Lysaëlle en haussant un sourcil.

Si je me trompe, tu n’auras qu’à m’allumer comme une chandelle, la taquina gentiment l’elfe en lui adressant un clin d'œil.

 

La sorcière cornue se détendit en lâchant un rire et s’installa en tailleur, tout comme ses amis, tout autour du pentagramme pour regarder Neela dessiner une bougie en son centre, non sans calculer avec précision l’angle que prendraient les rayons du soleil en se couchant, afin de faire une flamme suffisamment grande pour en recueillir toute la lumière. Une fois son œuvre achevée, la métamorphe s’écarta et, lorsqu’elle fut enfin satisfaite, s’installa avec eux en attendant que le soleil se couche. Il leur restait encore un peu de temps, heureusement. Les huit amis décidèrent d’écouter une dernière fois la prophétie tout en grignotant les quelques vivres que Zaya avait préparés pour eux la veille au soir. Ils se concentrèrent notamment sur les deux derniers couplets qui marquaient la fin de la prophétie et en discutèrent pour décider de la marche à suivre.

 

Au cœur harmonieux se séparer d’un adieu

Par la foi aveugle confiée aux cieux

La lame de sang comme les feuilles immaculée

Au mois d’automne la saison achevée

Et le portail automnal révélé

Délivre le protecteur du secret.

Sous les couleurs chaudes s’enfuit

La dernière nuit d’automne reprend vie.

 

à suivre    Blue LYCENNE

 

 

 

 

 

 

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RICHARD C. ALIAS RICHARD CŒUR DE LION,

ALIAS PRINCE MURAT ET L’HIVER 56

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un « rute » hiver qué l’hiver 56. Des congères sur les talus, les rues transformées en bourbier chaque midi pendant des semaines.

 

Des romarins aux bahotes ! Des stalactites de glace pendant sous la charrette de « dèches » devant la brasserie Fontaine.

 

Un remède était de mise dans les cafés : le viandox et le vin chaud coulaient dans les chopes de grés. Le quinquet et les bougies étaient toujours prêts en cas de panne de secteur.

 

Les passants enfilaient au-dessus de leurs chaussures des chaussettes afin de ne pas glisser. Les riverains se chargeaient de jeter les chin’nes (cendres) sur leur trottoir.

 

Richard, handicapé de la hanche, travaillait dans les jardins, il fouissait et vivait ainsi, logeant dans une cabane, rue Ampère.

 

Les samedi et dimanche soir, il faisait la tournée des « chapelles », faisant le quatrième pour une partie de belote. Il lui arrivait de jouer au « piquet » avec le patron du café.

 

Un dimanche soir, il terminait sa tournée au café sur la place : chez Aurélie. Il avait chanté comme d’habitude et certainement invectivé les autres clients, les traitant de gonfleurs de ballons d’Alsace ou de poupées de Paris. Peut-être les avait-il menacés de sa canne ferrée ! Ça faisait partie du décor et contribuait au folklore local car Richard n’était pas méchant.

 

Il sortit donc très tard cette fois-là et subit une tempête de neige incroyable, même pour l’époque !

 

En tout cas, le matin suivant, on le retrouva sous une bonne couche de frimas, raide comme un piquet de « baillage ».

Le médecin fut appelé rapidement. Il arriva chez Aurélie et trouva Richard attablé devant une bistouille : mélange de café et de genièf’, et poussant la romance !

 

fouir :                 bêcher

piquet :   jeu de cartes

bistouille :          boisson appréciée chez les ouvriers matinaux 

              mélange de café et d’alcool : rhum, triple-sec ou genièvre

romarin : fleurs formées par le givre sur les fenêtres

bahotes : petites fenêtres des chambres et mansardes

dèches :  déchets d’orge dans les brasseries

HERTIA MAY

 

 

 

 

 

 

 

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