SOMMAIRE DE LA CAUDRIOLE N°78

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Mai à Août 2026

a

 

BD HARDUIN d’AMERVAL  n°1 à 63

Illustration BD : ODILON     page 2

PATRICK  MERIC

HUMOUR - PATOIS

 

DROLE DE RADIO    page  3 

Mickael ROUSSEAU

ALLOC.FAM. & VISITE MEDICALE   page  3 

Léonce BAJART

SOUVENIR D’UN JOUR   page 4/5/6

MIRABELLE

LA GUERRE    page 6

Reine DELHAYE

EL GARDIN ED THEO    page 7

Nicolas MINAIR

LE CŒUR PERCÉ   page  8 

EMULATION 2024

DIX FEES RAMANT   page 9

Marc VINCENT

ROGER BAR    page 11

Nicolas MINAIR

EL CRULE  page 10

Léonce BAJART

CET AIR LÀ   page 12    

Jean-François SAUTIERE

PENSEES   page 7&14

Hector  MELON d’AUBIER

ADULTES –POESIES

 

MAL-ËTRE D’AMOUR    page 8

Julien BURY

CHEMIN   page 10

Jean-François SAUTIERE

LA PAIX     page 11

Suzette LACROIX

MARCHER DANS UN LEURRE page 12

Didier COLPIN

BAISER PROFOND      page 13

Didier COLPIN

NUAGE & SOUVENIRS   page 12

Saint HESBAYE

MA FEMME   page 13

Bernard SIMON

POESIES à PAPY   page 13

Gérard ROSSI

QUESTIONNEMENT   page 14

Thérèse LEROY

BIENSÜR   page 14

PASCAL

ET SI JE DEVAIS   page 15

PASCAL

NOUMEA   page 15

HERTIA-MAY

JURONS SUR LES BERCEAUX  page 19/

ARIS et DAVERDAIN

PONTS ET RIVIERES   page 19

Henri LACHEZE

RIEN QU’EN NOUS   page 19

MALAURIE

DENTELLES TANGO   page 20

Alain DELHOTA

L’ECUEIL    page 20

ALIX

FEE, PEUPLES-TU page 20

ALLAN OG DEBATTY

LE NORD   page 21

Albert JOCAILLE

DENTELLE AU NATUREL   page 21

Lois OLIVEIRA

NATURE DENTELLE   page 24

Francine RICHEZ

DISPARITION DE JULIA   page  24

Lucie RICHEZ

NOUVELLES

  

REVELATIONS    page 16/17/18  

DAVID DEFOSSEZ

A la lueur d’une Bougie éteinte  page  22 /23/24

Blue LYCENNE

DIVERS

 

CROQUE LE VAL  3°de couverture 

 VAL DE RIO

 

 

 

 

 

 

 

 

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DROLE DE RADIO

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Monsieur Dareo était un jeune homme de 22 ans. Il vivait dans une vieille maison qu’il avait héritée à la mort de ses parents. Il travaillait dans une entreprise de textile. Un jour, lors de la brocante de son village, il décida de débarrasser son grenier des objets inutiles. Il vida quasiment la totalité de son grenier. Soudain, il tomba sur une radio, certes vieille, mais qui fonctionnait encore. Il décida de la garder.

 

Quelques années passèrent, ce jour-là, il était en route pour son boulot. Sur une route très fréquentée, sa radio se mit soudain en marche, le volume était assourdissant. C’était une musique très ancienne, il n’arrivait pas à l’éteindre. Alors, il décida de s’arrêter pour l’éteindre. Au moment où il se garait, la radio s’éteignit. Quelques secondes après, il y eut un carambolage. Il y eut quatre morts et sept blessés graves. Ensuite, il se dépêcha d’aller au boulot. Pendant son travail, il pensa à cette radio qui l’avait « sauvé » de cet accident.

 

Pendant deux mois, sa radio ne s’est pas allumée toute seule. Mais M. Dareo avait perdu son travail, il était dans une mauvaise passe : il devait payer ses impôts mais il n’avait plus assez d’argent. Mais soudain, la radio se mit en route, on entendit la même musique que lors du carambolage. Et le volume de la télé augmenta. Celle-ci disait : « M. Dareo de la ville de Gofera a gagné la somme de 500 000 €, celle-ci sera versée à la banque de Paris. » Puis la radio s’éteignit et la télévision regagna son son d’origine. M. Dareo sauta de joie et alla immédiatement à la banque pour acquérir son argent. Après l’avoir reçu, il pensa à sa radio qui se mettait en route dès qu’un malheur allait se passer.

 

Il décida alors de la regarder de plus près : en cherchant bien, il vit une écriture sur la poignée. Il y était inscrit un nom : « Algert Dareo ».

Qui était-ce ? Ce fut la question qu’il se posa. Il alla regarder sur internet mais il n’y trouva rien. Il regarda dans le livret de famille et il y trouva le même nom.

Il y était écrit : « Algert Dareo, né en 1899 et mort en 1943. Il faisait beaucoup de mal à sa famille. Il ne leur apporta que du malheur. » Il trouva une lettre aussi, celle-ci était écrite par Algert : « Je suis dans les tranchées, et je voudrais m’excuser pour tout le mal que j’ai fait à ma famille. Ma conscience ne sera tranquille que lorsque j’aurai aidé un membre de ma famille. » Il n’y avait que ces deux phrases de lisibles sur la lettre, le reste était couvert de terre.

 

Après avoir lu la lettre, la radio se mit à grésiller et se morcela. Etait-ce son arrière-grand-père qui avait accompli sa tâche ou était-ce une simple coïncidence ?

Mickael ROUSSEAU

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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ALLOCATIONS FAMILIALES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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A l’approche de Noël, on demande à tiote Gustine, qui est à la maternelle,

ce qu’elle désire recevoir comme cadeau.

-J’ voreus un tiot frère.

-Mais, pourquoi veux-tu un p’tit frère ?

-Comme çau, aveuc el prime, min père i porra acater in vélo !

 

 

AL’ VISITE MEDICALE

 

Tiot Jules qu’i est bobinneu dins in atéler d’ dintelles i passe el visite al Sécurité sociale.

Après l’avoir pochinné pa tous côtés, l’ docteur i li dit :

-Mais, mon ami… vous êtes cardiaque !

-Ah non, qui dit tiot Jules… j’ fais les bobinnes !

Léonce Bajart

 

 

 

 

 

 

 

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SOUVENIR D’UN JOUR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un jour en se levant, on croit un jour comme les autres, sans événements particuliers, mais ce jour-là au fond de moi je savais qu’il bouleverserait ma vie toute entière et que je ne l’oublierais jamais.

 

C’était un beau jour de printemps, ensoleillé, ce Dimanche que j’aimerais vivre et revivre encore. Je me souviens de tout, de certains détails, de certaines visites et mes sentiments qui furent inattendus. C’était il y a un an et demi mais j’ai l’impression d’avoir vécu cette journée longtemps auparavant. Celle d’avant, je ne la reconnais plus, elle est si différente mais en elle un petit bout d’enfant est resté, ce petit bout qui l’encourage dans ses rêves, même dans la réalité. Rêve et réalité, l’espoir mais la raison, l’amour, la haine, la mort, le désespoir et l’incompréhension. Que m’est-il arrivé ce jour-là ? Cette question, je me la pose depuis trop longtemps, elle m’a fait rire, pleurer, jouer, elle m’a fait vivre ! Tant d’histoires ont une fin heureuse, mais là, cette histoire est un peu plus compliquée car pour la fin ce n’est pas encore l’heure, alors je la vis, je l’espère belle, même après le le mal qu’elle m’a fait, je l’espère double.

 

Je me suis levée, déjà là je ressentais l’inhabituel, j’étais heureuse et souriante comme un coucher de soleil, comme si un rêve dépassait la réalité. C’était un début de journée insouciant, c’était même le dernier jour, ceux d’après et de maintenant sont bercés de peurs tremblantes. Partout sur mon corps ces frissons, et mes pensées qui demeuraient pour cette journée, celle d’une rencontre. Les heures sont passées plus lourdes les unes que les autres et puis à la porte, quelqu’un ! La sonnerie résonne encore dans ma tête comme si elle retentissait encore avec cette question : qui ? Je n’avais plus la force d’aller ouvrir, mes jambes tremblaient, ma voix s’échappait, les secondes devenaient des heures et cette minute, interminable ! Elle qui me fait espérer, mais enfin quelqu’un allait ouvrir, j’entends encore les pas, je vois encore cette ombre s’avancer et enfin le « clic » de la porte qui s’ouvrait. Puis une voix, mais je la connais ! Ce n’était pas ce que j’attendais mais presque, car de sa voix j’entendis son prénom. Avant de le voir, je savais qu’il serait inoubliable, qui, depuis tout ce temps qui me paraît interminable me fait espérer, je savais que même si le soleil se cachait, lui serait là et que dans mes yeux il serait bien plus fort et plus puissant qu’un soleil.

 

Et puis l’heure du départ, c’était l’heure d’aller vers la voix qui avait prononcé ce nom, ce nom que je crie la nuit lorsque je me réveille d’un cauchemar et mélangé aux autres c’est ce nom que je vois et que je veux voir. J’arrivais chez elle, personne ! Nous étions les seuls mais chaque détail me laissait penser qu’il serait bientôt là, au milieu de ce monde mais ce monde que je ne voyais plus. Progressivement la pièce et les chaises se remplissaient, les voix couvraient chacun des bruits et mouvements que je tentais d’expliquer, ces voix trop bruyantes, mes lèvres souriantes mais mon cœur silence. Un silence qui ferait pâlir le soleil, un silence qui fut soudainement troublé par un bruit que je n’expliquais que par une chose : la porte ! Chaque parole s’envola, il n’y avait plus qu’un léger vent sur les fenêtres mais plus rien ! La chute d’un espoir qui était arrivé si haut, peut-être trop car lorsque le mal retomba il fut intense. Mais il ne dura pas, car au plus profond de moi je savais que ce bruit était réel, alors je me suis levée, lentement j’avançais avec l’image des voix qui me regardaient de derrière et en face de moi cette porte que je fixais. Cette porte que j’allais ouvrir dans un court instant et je pris peur qu’il ne soit pas là, que cette porte me fasse rencontrer un mur. Ma main toucha la poignée, une porte que je n’avais pas encore l’habitude d’ouvrir mais pour laquelle j’aurais pu y mettre toutes mes forces. Puis elle glissa comme une feuille emportée par le vent, mon regard se leva mais je sentis ma respiration se bloquer, ma voix était enfermée dans mon corps, j’essayais de parler, j’essayais mais le vide ! Cette situation me paraissait si étrange, dans ma tête plus rien n’avait de sens, sauf lui, en face de moi, me regardant.

 

Je n’avais rien imaginé mais je fus étonnée lorsque je le vis, son regard était comme une oasis en plein désert, sa respiration un vent de fraîcheur en canicule et son sourire un vrai petit bonheur dans un monde de souffrance et de guerre. Ces secondes interminables sont, comment dire ? Inexplicables ! Puis sa voix est venue me frapper d’un grand coup, je ne savais ni dire ni faire ce qu’il aurait fallu. Mais au fait, que fallait-il faire ? J’ai repris mes esprits et essayé de dépasser mon courage, et ma voix s’est enfin échappée de ce corps qui s’enfonçait dans un autre monde, irréel comme dans une nuit, irréel comme dans une vie.

Il est entré, je le suivais, je suivais ses pas comme des traces que l’on laisse sur le sable, je le regardais comme si devant moi se trouvait une illumination.

Puis les gens autour s’arrêtèrent, le regardèrent avec la même curiosité mais l’intensité n’était pas la même. J’étais transportée, légère, mon corps n’était plus le mien, je ne me contrôlais plus moi-même, dans ma tête mes pensées s’embrouillaient et ne formaient… plus rien ! Je me suis assise, j’observais, j’écoutais, tous parlaient, tous le regardaient, mais moi je le suivais. Qui est-il ? Cet inconnu qui a fait de ma vie et de mon cœur un bouleversement complet. J’ai vécu ces heures comme une étoile filante, ces heures sont passées trop vite, par contre ce souvenir en moi reste unique, intact, personne ne pourra me l’effacer, même la douleur… malgré moi !

 

Dans une vie parfois rien ne change, sommes-nous vraiment maitres de notre destin ? Parfois on pense bien choisir, sans se tromper et en subir de graves conséquences, parfois aussi, on espère être choisie. Je l’ai revu de nombreuses fois mais je pense, jamais par hasard parce que je n’y crois pas. Pour moi le hasard est le fruit de l’imagination, même si parfois c’est mieux de croire au hasard, à l’imaginaire, sauf que moi je crois au destin. Je parle déjà du destin mais lui et moi nous sommes inconnus l’un à l’autre, ni même comme des amis, comme je l’aimerais, mais j’avoue que lorsque je pensais à lui, ce n’était pas en simple amitié !

 

C’est une histoire à la fois belle, compliquée, et parfois triste comme la mort. Belle parce que j’y crois plus que tout, j’en rêve pour ne pas m’écrouler le jour, j’y pense parce que je le vois comme un amour et pour lui je serais prête à tout. Ce qui la rend compliquée c’est la confusion des sentiments, un jour blanc, un jour noir. Je veux dire que j’ai parfois l’impression qu’il me regarde et parfois m’évite, je le vois un peu comme la glace et l’eau, mon espoir vient de là, il y a un jour où la glace fond.

La tristesse c’est le mélange des sentiments. Je l’ai tant aimé que ce vide entraîne une haine qui est égale. La haine vers une allusion qui serait passée comme un fantôme, je l’ai ressenti d’un grand coup croyant que c’était réel. Etait-ce réel ? Peut-être un jour je saurai, seulement si un jour j’en vis. J’ai imaginé ma vie avec lui, belle, rose, une vie différente de celle d’aujourd’hui, j’ai l’impression de perdre peu à peu mon chemin, de perdre le bonheur qui faisait de ma vie un sourire. Depuis ce temps ma vie se balade de sourires en larmes, cette tristesse me fait parfois peur car j’ai l’impression qu’elle ne s’effacera jamais, comme jamais je ne l’oublierai !

 

Chaque jour depuis ces longs mois j’ai pensé à lui, à cette rencontre, aux jours qui ont suivi, et aux jours où je l’ai revu. La première fois c’était quatre mois après, je l’ai immédiatement reconnu… et lui aussi ! Et justement je cherchais à le voir, sans le trouver, j’étais désespérée ! Je longeais le mur, m’apitoyant sur mon sort, puis comme une foudre qui s’abat, lui devant moi, lui à 10 centimètres ! Au croisement de ce mur que je ne vois plus de la même façon. Son regard d’abord était inconnu mais ensuite sa voix qui disait « Bonjour », une voix qui venait d’un souvenir, il se souvenait ! Depuis ce jour-là nous nous sommes revus très régulièrement, ces jours-là j’étais dans une harmonie complète et cette harmonie-là elle durait ! Une de mes plus grandes passions est née grâce à lui, elle a évolué et maintenant je ne l’imagine plus sans lui. J’ai appris à le connaître au fil du temps mais c’est sûrement le fruit de mon imagination, tellement j’y crois et je l’espère, ma vie sans cet inconnu du désir serait lasse, je la définirais comme la mort avant l’heure. J’ai l’impression que dans ma tête tout se mélange, je ne sais plus vers qui me tourner, je ne sais plus rien, plus ce que je veux. Alors j’écris cette histoire qui me hante, j’aimerais l’écrire, lui encore tellement inconnu à mes yeux ! Mais les siens sont pour moi plus beaux que n’importe quel paysage. Son regard est pour moi un océan dans lequel je me noie, j’ai plongé et voilà que je coule au milieu des vagues. Maintenant son regard je l’évite, il ne reste plus rien ici, il ne reste que peine, souffrance, et malgré tout, les souvenirs.

J’attendais juste de lui un peu d’écoute, de tendresse, de vie, j’attendais son amour mais c’est déjà beaucoup ! Je ne trouve pas ma place dans ce monde et je ne la chercherai plus, de peur d’espérer et d’être à nouveau déçue. Maintenant tout est différent, même la petite fille en moi a disparu, emportant les rêves, l’espoir, le bonheur qui faisaient de ma vie une jolie île de bonheur. Je ne sais plus l’amour, les jours défilent avec ou sans le sourire et ma peine qui se cache, c’est celle que je pleure certains soirs car je n’y crois plus. D’ailleurs je ne crois plus en rien, ni en la confiance, ni en mes rêves, ni en ma vie, ni en moi. J’aimerais que demain tout change, retrouvant ma folie et peut-être, trouvant celui que je ne cherche plus.

 

L’amour passion est faux, c’est cette histoire qui m’a fait perdre mon orientation, un peu comme sous mer. La surface me fait mal alors je bloque ma respiration, jusqu’au jour où je n’aurai plus d’air et je m’en irai..

Le plus loin possible de lui, de ces souvenirs mais la seule chose que je ne pourrai jamais éviter ce sont mes pensées qui, je crois, riment toujours d’amour. Je sais juste que j’ai besoin de son regard, de ses paroles.

Je dois oublier et me taire malgré le silence et l’absence qui m’emmènent en enfer. Qui pourra me guérir de ma douleur et rendre un sens à ma vie ? Car j’ai ce besoin d’écrire pour confier ces sentiments perdus, je sais qu’il ne m’aime pas, mais alors qui m’aimera ? J’ai trop de questions à l’intérieur de mon cœur et je ne peux pas les partager avec lui, de peur de le perdre. Mais ne l’ai-je pas déjà perdu ? Je ne sais pas, je ne sais plus ! Me battre dans une vie qui me chagrine me semble inutile et j’ai l’impression, depuis, de ne plus compter pour personne. Alors je me renferme dans une colère indétrônable qui malgré tout me protège. Mais à quoi bon ? Etre protégée et puis plus rien sentir de positif dans cette vie que je méprise autant que je l’aime ou je l’ai aimé. Des idées me viennent, je n’oublie pas cette passion méprisante, il faut que je passe à autre chose. Alors je vais me battre pour retrouver mon sourire et un sens à ma vie, un combat entre l’enfer et moi, et croyez-moi, je ne cèderai pas ma place ! Mon cœur est trop sensible et peut-être un peu trop ouvert, car un jour j’ai aimé quelqu’un, je croyais qu’il m’aimait, pourtant nous nous sommes fait nos adieux. Je réapprendrai à aimer comme d’autres réapprennent à vivre après la mort d’un être cher. Ma vie débute avec des idées claires et à leur place, pas à pas je marcherai, vers l’avenir je regarderai.

Mirabelle

 

 

 

 

 

 

 

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LA GUERRE

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

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Il n’y a rien de plus triste en ce monde,

Que d’entendre des canons qui grondent,

Des tirs de fusils qui font peur

Et qui parfois touchent en plein cœur.

 

Tous ces hommes sur le champ de bataille,

Qui se protègent de la mitraille.

Ils ont tous très peur de mourir

Mais ils sont là, il faut tenir !

 

Se battre contre des ennemis,

Cela dure depuis des décennies.

Il y a toujours une guerre quelque part,

Et quand ça commence, il est souvent trop tard.

 

Il faut apprendre à pardonner,

Même à ceux qui nous ont offensés.

Pour éviter bien des conflits,

Et être heureux dans son pays.

 

Trop de morts, trop de vies brisées !

Trop de familles qui ont pleuré !

Ces pays en guerre, c’est vraiment laid,

Il faudrait que partout règne la paix

Reine DELHAYE

 

 

 

 

 

 

 

 

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EL GARDIN ED THÉO

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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A Jean-Pierre et Anne LAUDE

 

El’gardin ed Théo, à Aubry-du-Hainaut,

I cminche edvant l’mason, i s’étir’ tout in long,

Arwettiez el querpion, tout d’cron comme el taïon,

El lavinte ombrageusse alle n’est mie malhéreusse,

Ch’est éco-naturel, ch’est bio mais casuel !

Sous l’tot d’el véranda, mauviard, té t’anich’ là

Et pis l’cat Risotto i n’arrife pas tout in haut !

Dins l’courtil, l’gardénier, i raviss’ tout l’année.

Rosse, té sins gramint, ch’est pas l’gardin gringn-dints...

J’ai invie de t’croquer, blette in train d’m’aguicher,

J’t’apochine, el quêne, in évitant l’araine,

Framboisse ej’té pourlèque, avant un tiot cop d’bêque,

Duss qu’in vot des poin.mes, ch’est mis toudis les min.mes.

L’cheux ed Paul BERGESE, à m’mot’ qu’is sont bénaisses,

L’cheux d’Nicolas MINAIR, is ont infin pris l’air.

Dins l’campe aronmatique, ej sogn’ mes rhomatiques,

Avec ti l’camamin.ne, ej fais tout el semain.ne,

L’poulivé et l’poullu, cuits avec des cabus,

L’carotte et pis l’asperche, cha s’arderch’, cha s’arderche !

Ches fruits chint pou chint bio, ch’est les pons du Hainaut,

L’fraisse o bin el gorzelle, cha aflate el mamzelle.

In dreule ed sintimint, ch’est l’composse tout douchmint,

Qui cange ches légueumes, après qu’t’as fait l’péqueume,

Nouviell’ tierr’ bin fertile, ed l’ouvrache pus aisile !

Pou définir ches glaines, alles n’sont mie in dondeine,

Glaines d’Estaires, d’Hergnies, ichi, ch’est l’paradis.

Nicolas MINAIR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LE CŒUR PERCÉ

 

 

 

 

 

 

 

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Et sur mon cœur mes mains blessées

Pompent, pompent l’amour né

Et les mots n’ont de cesse de couler

Fort, fort du cœur percé.

 

Et ainsi ma vie s’écoule,

Tombe, tombe au sol glacé

Et devient froide à sa glace douce

Pleure, pleure le cœur percé.

 

Et un jour peut-être trouverai-je terre,

Pense, pense la vie versée,

Je trouverai rêveur qui comprend,

Chante, chante le cœur versé.

Emulation 2024

 

 

 

 

 

 

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DIX FEES RAMANT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le jeu des mille rots

du bébé qui éructe.

 

Avoir un accident sur son vélo

d’appartement, ce peut être blessant…

« Et même mortel », me souffle

Goscinny.

 

Un tel lot.

 

Pour assister à la messe d’enterrement

de Pierre, rejoignez notre nuage

haute définition vidéo réunion.

 

J’ai rendez-vous chez le dermato

le lundi 19 janvier 2037 à 14h45.

 

Pétoncle est masculin, comme oncle,

pétante est féminin, comme tante.

 

La transe en danse.

 

Sur votre compte en Suisse, nonante

retenus pour votre véhicule

non entretenu.

 

Voilà un pignon de peint.

 

Véridique : le résultat du croisement

de la fouine et du chat

a la tête bien chafouine.

 

Ce beau musulman est

envendredimanché.

 

Il prétend que le papillon

est un sous-pape.

 

La championne de ski décroche

le combiné et annonce la nouvelle

à ses parents.

 

Alger brique.

 

Ton jardin se crée au printemps.

 

Las des haines.

 

Trou-madame : ancien jeu de tir

consistant à faire passer des petites

boules sous des arcades numérotées.

 

 

Le drapeau tricolore

est le drapeau de nombreux pays.

 

Le gros cargo est plus gros

que le plus gros des escargots.

 

Ne confondons pas tome de roman

et tomme de Romans (26100).

 

La semaine dure 7 jours pour que

le même plat ne revienne ni trop

ni trop peu souvent.

 

Il a opinion sur rue.

 

Où se trouve Pétaouchnok ?

pas dans Le petit Larousse illustré.

 

Éclateuse de rire aux blagues

de Tanguy Pastureau :

un métier lucratif mais fatigant.

 

Il faut dix minutes à un cardeur

pour tout démêler.

 

Une souris maousse.

 

Écriture inclusive :

esprit tordu ? farfelu ? torturé ?

En tout cas, lecture très indigeste.

 

. La crise sur le catho.

 

Le trait d’union n’existe plus ;

aujourd’hui, c’est le tiret du six.

 

Pierre Bernon d’Ambrosio :

« Remettre les pendules à leur place. »

 

Bon mot de Lucie Sérandour :

« Les braconnieurs ».

 

Claire Chazal : « Le grand

Vladimir Cosma, compositeur

des Feuilles mortes. »

 

Le salami ? c’est excellent…

c’est plein de cochonnerie.

 

. Boris Cyrulnik, né en 1937 :

« À 18 ans, je chantais souvent

La bicyclette… » sortie en 1968.

Marc Vincent

 

 

 

 

 

 

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EL CRULE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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-Dis dan Batisse, vas-tu in finir aujord’hui aveuc nos domoches ed guerre ?

-Acoute Laïte, j’in sus nasi d’tous leus paperasses. Et pi ju qu’in peut s’ souvenir ed tout sou qu’in aveut dins no mason et qu’in nos a volé ?

-Tout çau c’est fort bé, seulemint si t’ène fais ré nos n’arons ré !

-C’est bo Laïte, donne in co d’ lavette su l’ tape, èje vas cor m’el l’ermette, mais c’est l’ daron co.

-Et pi t’ n’oblieras ré. In nos a pris tout sou qu’iaveut dins nos amelles, i feut nos l’ payer.

-Acoute Laïte, tais-te o bé fais le ti-même.

Et Batisse i s’ermet à marquer pindint treus heures d’horloche les cottrons, l’ meulin au poiffe, el bouleusse, des ramons et tout et tout à s’ n’idée. Et in faisint l’acdition i n’ d’aveut pou treus mille deux cents frincs.

-Bé nondégueu, qu’al dit Laïte, c’ n’est po possipe, t’ène d’a oblié l’mitin. Moute-ci qu’èje ravisse. Bé sûr j’ m’in douteus, et l’ gaïole et min capé aveuc ed z’osés dessus, et m’ capeline aveuc du minoute et pi cor min crule, nondégueu ?

-Bé Laïte, tin crule, ett’ passette à braisettes, al est cor dins l’ermisse, in n’ peut po l’mette !

-Qu’mint çau Batisse, l’as-tu bé ravisée l’ passette, al est tout démintibulée. Béringer ia dit qu’al n’éteut po réparape…

-Es-tu dreule tout d’ même Laïte. Si in voleut t’acouter in areut jommais fini. Et t’ène creus po qu’èje vas erfaire ème n’acdition pou queuques berniqueries et pi pou tin crule ?

-Batisse, tint pire pour ti. T’ène veux po ermette el crule. El carbon i coûte trop cair pour r’wer l’ z’escarbilles sins raviser après les maubrûlés. T’ett’ débrouleras aveuc les chinnes du poêle, vacabonne, ett’ s’ras ingélé tout l’hiver pou les ponnes !

-Et ti aussi Laïte. Mais j’ett’ conneus bé, ett’ s’ras bé contint par nuit, quind nos serons couqués insinne, ed mett’ tes pieds parmi les miens pou qu’ j’ett’ lé récueuffe !!!

 Léonce BAJART

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Roger BAR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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C’étot Roger BAR, l’amoureux du Rouchi,

L’langue ed ses taions, el langue qu’in pale ichi.

Edpus qu’i-a cminché à récrire du théâte,

Pour faire arluser tous ses bons comarates,

 

Arenberg, Marly, Indochine, Anzin

i-a mis s’guife à l’air, pis arvu ses visins.

Véyez s’n’ache à ç’t’homm’, chint deux ans,

gramint fort-,

L’bouchol’ du Picard a n’a mie pierdu l’Nord !

 

I s’arpose à l’fin, dins ç’t’églisse Saint-Jacques,

S’pèl’rinache i-est out’, ses cauchur’ i rassaque,

I-a arsaqué s’langu’ ? Ses mots is vivtent cor,

Quind in l’zes lira, is résonn’ront incor.

 

« Dins min pays

I-y-a toudis eu in parlache qui vient ed long

A ch’t’heur’i est arquéu dins l’obli,

Mais ti qui m’acoutes avec tes yeux tout ronds,

Si t’es vraimint d’ichi

Qu’té seuches ouverrier o bin patron,

Té dévros savoir parler el Rouchi. »

J’mé ramintuvrai es franqu’ pognée d’main,

Esn’argard qu’i mile, à l’cherque du Molin.

Ai cha ch’est seur, ch’est in momint d’bonheur,

A lire in poin.me, et toudis in ameur !

 

Avec in sacant d’z’amiss’, févier quater-vingt-seisse,

I alarguit in cherqu’, tertous is tott’ bénaisse,

D’acouter, d’parler, Rouchi et pis Français !

L’Molin Souverain, i-a bin torné, in l’sait !

 

 

Achteur’, ch’est min tour, ed’ m’assir à cheull’tape

Em’n’hommach’, j’espère, i n’sra point trop hontape.

I disot à d’aut’ d’bin arplacher ches mots :

Pou mi m’arlaver, j’sus foqu’in tiot nouviau…

 

Adès, t’as tissié ène bielle arnitoile,

Duss’ qu’in peut trover de ch’langue el’fin glout’moelle,

J’t’armercie Roger, d’êt’ d’allé drochi,

Car « Si t’es d’ichi, té dos parler Rouchi ! »

 

Nicolas MINAIR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Page 11

 

CET AIR-LÀ

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

 

 

 

Lilly, Ophélie aiment le lilas,

Ce joli lilas-là planté sous la fenêtre,

Lilly, Ophélie ont trouvé le La

Entonnant un Lied commençant par tra-la-la.

 

Lapin matinal qui broutait par là

Se dit quel bel air et sans plus attendre

De sa voix lapine et fine, comme il se doit

Reprend le refrain brillant d’aiguail, et cetera.

 

Marjolaine, toi si jolie,

Purpurine en tes fleurs fines de jouvence,

Laisse s’accorder en silence

Tes insectes à la voyageuse romance.

 

Et si tu veux faire leur bonheur,

Marguerite, vite, vite, fais-leur cadeau de ton cœur

À ces papillons de passage

Do-mi-sol, dans le sac à dos de leur voyage.

 

Et jusqu’à la branche de sapin sur le toit

De la maison en signe d’allégresse,

Le jeune apprenti maçon siffle sa joie

Par ce refrain porté par l’air en liesse.

 

Et de fille en garçon, de lapin en cétoine,

De machaon princier en laurier de Saint-Antoine,

La campagne et l’azur saupoudrés de soleil

Chantent les notes d’or du lilas de vermeil.

 Jean-François SAUTIERE

 

 

 

 

 

 

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PENSÉE!

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

Dis papy, pouqueu teu m’danne jinmais ed sous ? – Euj vas chi t’espliqueu min tiot : mi j’danne dé sous à mé z’infints, eut’moère t’in dann’ras à ti-z’aute et ti à té z’infints ! ché come cha ! mé mi quind euj danne à l’in, euj’danne ossi à z’aute ! éximpe : té veu tros millions, té lé d’minte à t’moère, mi j’y danne pi j’in danne à z’aute ! – té si riche que cha ? - bé nan, ché sé incians incians frincs in cintimes, cha danne trinte mille frincs incians donc tros chint frincs noveo inciens donc quarinte conq éros, chacan ! – bin té pon larque ti, teu s’rot pon radin dé fos ? – nan tiot euj sus économe !

Traduction : Dis papy, pourquoi tu me donnes jamais d’argent ? – je vais ci t’expliquer mon petit : moi je donne de l’argent à mes enfants, ta mère t’en donneras aussi et toi à tes enfants ! c’est comme ça ! moi quand je donne à l’un je donne aussi aux autres ! Exemple : tu veux trois millions, tu les demandes à ta mère, moi je lui donne puis je donne pareil aux autres ! – tu es si riche que ça ? – mais non, c’est des anciens anciens francs en centimes, ça donne trente mille francs anciens donc trois cent francs en nouveau francs anciens donc quarante cinq euros, chacun ! – tu n’es pas large toi, tu serais pas radin des fois ? – Non mon petit, je suis économe, simplement économe  !

HMA

Dis papy, ché quo in arligieux o bé in atheu ? –in né tertous atheu, mé ché no ché parints qu’y danne inn arligian ! quéqu’all sot ! sinan té in atheu ! mé teu peu kingeu in t’marian !

Traduction : - dis papy c’est quoi un religieux ou bien un athée ? – on naît tous athée, mais c’est nos parents qui te donnent une religion, quelle qu’elle soit ! Sinon tu es un athée ! mais tu peux changer en te mariant !

HMA

 

 

 

 

 

 

 

Page 13

 

MAL-ËTRE D’AMOUR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

 

Tu as perdu toute foi

En toi

Tes rêves t’ont abandonnée

Pourtant, tu t’es battue, tu les as pourchassés

Toutes les nuits tu relisais

Toutes ses lettres pleines d’amour et de rosée

Mais tes larmes qui ont coulé

Ont fait effacer l’encre sur le papier

Dans ses mots il te disait

Combien il t’aimait et te vénérait

Tu étais sa princesse

Il t’appelait même sa déesse

Ça t’avait toujours fait rire

Grâce à lui tu avais retrouvé le sourire

Des heures passées dans le jardin public

Où vous échangiez vos idées mais pas de politique

Vous pensiez déjà à votre avenir

Vous vous voyiez déjà dans une maison expulsée de soupirs

Tu te rappelles ?

Il volait des roses à la sauvette et te disait que c’était chouette

L’adrénaline qui montait avec toi

Et te redire qu’il t’aimait de surcroit

Ensemble vous écoutiez des chansons

Nichée dans ses bras, allongés sur le gazon

Mais un soir maudit

Par un temps de pluie

Une voiture percuta la sienne

Son sang sortit de ses veines

Son crâne venait de traverser le pare-chocs

Les gens qui passaient étaient tous sous le choc

Depuis ce soir de Décembre

Tu t’es mise à déprimer toute seule dans ta chambre

Puis un soir de Janvier

Tu t’es dit que tellement il te manquait

Tu avais pour devoir de le rejoindre

Son âme est au plus haut, il faut l’atteindre

C’est ce soir de Janvier à minuit

Pour le rejoindre tu t’ôtas la vie.

Julien BURY

 

 

 

 

 

 

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CHEMIN

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

 

 

Je guette une lune enfantine

Que dessinaient mes yeux d’enfant

Sur un papier à fond d’argent

Agrémenté de mousseline.

 

J’avais égaré bottine

Je me souviens, mais cependant

Guidé par un excès de vent

Je traversais la nuit divine.
Et c’est là qu’au ciel violet

Un genre de croissant de lait

M’apparut sur un fond d’étoiles.

 

Puis je me dis : « Quelle heure il est ? »

Et sans demander « s’il-vous-plaît »

J’ai appris à mettre les voiles.

Jean-François Sautière

 

 

 

 

 

 

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. LA PAIX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

 

 

20260331144721047_0001artout on l’espère, on l’attend, on la fête

 

20260331144721047_0001vec tous les pays de notre belle planète,

 

20260331144721047_0001ci, près de chez nous, dans notre famille,

 

20260331144721047_0001énophiles valeureux, les cœurs en scintillent.

Suzette LACROIX

 

 

 

 

 

 

 

 

Page 16

 

MARCHER DANS UN LEURRE…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

N’être qu’une brume

N’être qu’amertume

N’être qu’une écume…

 

Vaniteux présent

Son œil complaisant

Se veut belle histoire

Aime à laisser croire

 

Vite un clair-obscur

Tempère le sûr

Demain cette impasse

Quelque peu tracasse

 

Une illusion

Une émotion

Fugace furtive

Que trop subjective…

 

Naître pour souffrir

Naître pour périr

Naître pour mourir…

Didier COLPIN

 

 

 

 

 

 

Page 16a

 

BAISER PROFOND...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

La vie est dangereuse et bien souvent mortelle

Au milieu d’un déni qui tous nous ensorcelle

Nous allons en nos jours en leur éternité

En refusant de voir la moindre adversité...

 

La vie est dangereuse -et lui survivre est rare-

En gentille/ méchante en aigre-doux curare

Parfois médicament à l’effet positif

Et quelquefois poison puissant définitif…

 

La vie est dangereuse et toujours son sourire

Qui suscite l’espoir fait du rêve un martyre

Elle impose des jougs de pénibles fardeaux

Elle est habile à mettre un poignard dans le dos…

 

La vie est dangereuse et le soleil se cache

Vite bien décidé son beau zèle nous lâche

L’horizon prometteur sait être décevant

D’ailleurs il faut le dire on n’en sort pas vivant...

 

La mort est amoureuse elle convoite et brigue

Un petit rendez-vous sans aucune fatigue

Même avec insistance elle aime à nous draguer

Pour offrir son baiser elle sait intriguer…

Didier COLPIN

 

 

 

 

 

 

Page 16b

 

NUAGE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

Un ciel en pleurs aux yeux aurore

A griffé le poète

Le poète fleure

L’oiseau pleure dans la rigole

L’oiseau se meurt

 

L’espoir erre dans cette brume aveline

L’espoir dans la rigole

L’espoir

Mais l’oiseau souille les mamelles des biches

 

Les illusoires croisées versent des larmes maillées

Au chien assoiffé de rêves

Chien d’espoir

Le cristal coule sur les pavés rouillés

L’espoir gît pour le poète.

 

SOUVENIRS

Que de palais d’antan évoque la mémoire !

Je suis aussi saison de ces jours encensoirs

Que mes livres de souvenirs aux joies fanées

Visitent les pleurs d’été de l’âme enchantée

 

Ces bribes du passé au rêve de jeunesse

Ecoutent encore au marbre de la vieillesse

Les souvenirs d’autrefois aux passions éteintes

Des soirs de voyages en carrosse sans plainte

 

L’éternité de souvenirs pèse la force

De l’habitude qui écrase tout de sa chape

De plomb et poursuit les mythes de notre écorce

Submergés de sons et d’images floues en nappes.

Saint-HESBAYE

 

 

 

 

 

 

 

Page 16c

 

MA FEMME

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

La dernière page de ma triste existence

Est en train de s’écrire et même s’achever.

Là, à mes côtés, tu m’aides par ta présence

À affronter ce dénouement si redouté.

Ma vie n’ayant été que frasques, aventures,

Tu étais ce pilier sur qui par lâcheté,

J’aimais m’appuyer, si souvent me reposer.

Car malgré mille trahisons et impostures,

Tu demeurais là ! tel un roc à mes côtés.

L’horizon si court de ma vie s’évanouit,

 

Se mêlant au voile gris morne de la mort ;

Tout espoir, tout rêve et envie se sont enfuis.

Les douleurs me rongent et meurtrissent mon corps.

L’âme poursuivie par tous ces vilains démons,

Seul, je suis entré dans les brumes ténébreuses,

L’esprit blessé, meurtri par mes pensées peureuses,

Hanté par mes remords, mes viles tentations.

Pour toutes ces blessures et ces forfaitures,

Ô ma femme ! je te supplie ! je t’en conjure !

Genoux à terre, je te demande pardon…

Bernard SIMON

 

 

 

 

 

 

Page 17

 

QUESTIONNEMENT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

On naît, on vit, on meurt. Pourquoi ? Pour qui ?

On naît sans défense et on meurt aussi nu que le jour de notre arrivée.

Déposé sur cette terre par hasard ou par choix, on accumule un savoir, pourquoi, pour qui ?

Satisfaction de soi ? N’est-ce pas de l’autosuffisance, une forme d’égoïsme ?

Mouton discipliné, on obéit aux parents, ensuite au maître d’école, et puis on plie sous les ordres du patron d’entreprise et du gouvernement.

Toute sa vie durant, on obéit aux ordres, aux lois.

Et pour faire comme tout le monde ou par peur de la solitude, on se cherche un compagnon, une compagne, et on refait les mêmes erreurs que nos aïeuls. On fabrique à notre tour d’autres parties de nous, des enfants qui se demanderont à leur tour ce qu’ils sont venus faire sur cette terre. Est-ce par peur de l’oubli, pour laisser une trace de soi ?

On meuble son existence comme on peut. On se cherche des guerres pour occuper son temps et de nouveau on exécute les ordres d’un chef tout puissant qui restera bien à l’abri dans ses quartiers. On assiège d’autres pays, des innocents qui n’ont rien demandé. On entretient la haine pour des dirigeants sans âme.

Tant bien que mal, on essaie de se construire quelque chose de tangible.

Certains, leur vie durant, se croyant importants, voire indispensables, accumuleront des richesses, édifiant un empire. Est-ce la peur du vide, la peur de manquer ?

Mais que deviendra ce tas d’or à leur mort ?

Thérèse L

(24 mars 2023)

 

 

 

 

 

 

 

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BIEN SÛR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

Je m’essaie dans des conclusions absurdes pour m’effacer dans une révérence digne d’un pauvre arlequin maquillé de désenchantement, d’espoir de fond de nuit sans lune, de nuit où les étoiles ont oublié de briller ou parce que je ne les vois plus. Elles ont disparu de mon ciel, de la voûte céleste… alors elles se cachent. Mes yeux fatigués débordent en rivières pour chercheur d’or dans l’épouvante, du tamis percé, de la pelle cassée, de l’hiver si rude, d’en perdre le nord, d’en perdre son or… Je vais rester encore un peu, comme on regarde un coucher de soleil, comme si c’était le dernier, parce que c’était le plus chaud, le plus beau, par reconnaissance de sa clarté, parce que la dune l’habille si peu de quelques chatons et de quelques chardons. Quand il se noiera, au fond de l’horizon, en désespoir de fin de jour, emportant ses couleurs dans l’autre monde, que les ombres auront noyé les chatons et les chardons, alors mes mains cacheront mes yeux pour continuer à t’imaginer, promenant ou posant, dans mes plus beaux poèmes, pour te colorer, t’habiller de mes mots les plus doux et quand je serai fou, je serai enfin devenu moi-même. Mes empreintes dans le sable froid de la nuit m’emportent dans un avenir improbable car inutile, dénué de passion, dénué du feu qui brûle et éclaire les amants. Mon cœur ne bat plus, il va sur son erre. Il va sur son air, il va comme on erre, il va sans nerf… vers son désert…

Pascal

 

 

 

 

 

 

Page 18a

 

LA POÈSIE DU PAPY

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

Le poème glisse sur ma peau,

Qui aime la caresse des mots

Le verbe, cher à l’âme

Attise la braise intérieure, qui s’enflamme !

 

Même si la raison en pleure

L’amour sera toujours vainqueur.

Comme disait Pierre Dac, « heureux les fêlés

Car ils verront passer la lumière » de l’été !

 

LE VERBE ET LA PLUME

 

Plus puissant que les éclats de voix de la rue

Qui s’essoufflent dès la nuit venue,

Les cris de l’écriture traversent le temps et durent,

Nous incitant à ne jamais retirer notre armure.

 

Pour ELLE,

Souvenirs d’Eté

Jamais effacés

De la plage de Le Portel.

 

Cœurs enlacés, tracés du doigt sur le sable mouillé,

Que vient effacer chaque jour la vague salée :

Résistez ! car votre destinée

Est le symbole d’un amour, dans le temps gravé.

Gérard ROSSI

(Thun Saint Martin,

le 23 mars 2025)

 

 

 

 

 

 

 

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ET SI JE DEVAIS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

 

 

 

Et si je devais capturer tout le mal

Qui court dans ma fragile cervelle,

Qui tourne en rond dans ce bocal,

C’est toi que je prendrais, la belle.

 

Et si je devais bannir mes erreurs,

Celles qui reviennent en chagrins,

Celles qui rongent ce pauvre cœur,

C’est toi qui partirais dans le train.

 

Et si je devais jeter mes souvenirs,

Ceux qui s’agrippent, les coriaces,

Ceux qui s’endurcissent, les pires,

C’est toi qui libèrerais de la place.

 

Et si je devais panser ma blessure,

Celle qui épuise la vie de ce reclus,

Celle qui m’abîme et que j’endure,

C’est toi qui infecterais ce perdu.

 

Et si je devais plaider ma cause,

Dans un prétoire, pour un avocat

En justice, au nom de cette Rose,

C’est toi qui rirais de mes tracas.

 

Et si je devais accepter mon sort,

Cet horoscope d’étoiles absentes,

Dans les récifs, pour unique port,

C’est toi qui deviendrais filante.

 

Et si je devais te maudire à jamais

Pour me consumer sans être deux,

Te faire cendres, sur mon bûcher,

C’est toi qui allumerais mon feu.

 

Et si je devais mourir d’être vieux,

Parce que le mauvais temps épuise,

À cause d’horloges de sept lieues,

C’est toi qui chanterais dans l’église.

 

Et si je devais écrire ton poème,

L’encre bleue sucrée en recette

Coulerait en forme de je t’aime,

C’est toi qui effacerais ma quête.

Pascal

(Romans sur Isère)

 

 

 

 

 

 

Page 19a

 

NOUMÈA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

Nouméa était une île

Bien tranquille

Où l’on prenait le temps

De vivre content

 

Mais parfois ils ont besoin

D’un paradis

Pour roder leur matériel

De guerre

 

Nouméa,

Nouméa,

J’entends tes bruits

Encore la nuit

 

Nouméa convenait

À ce genre d’essais

Les bombes pouvaient

Éclater en paix

 

Le paradis devint l’enfer

Au pays

Des cieux bleus

Et des fils de la mer

 

Nouméa

Nouméa

J’entends tes bruits

Encore la nuit

 

Le choc fut si fort

Sans doute un coup du sort

L’île disparut

Au milieu des flots

 

L’eau est encore si chaude

Qu’il n’y vient plus

Aucun bateau

Seule la mort y rôde

 

Nouméa

Nouméa

J’entends tes bruits

Encore la nuit

 

Nouméa…

Hertia May

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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JURONS SUR LES BERCEAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

 

 

 

 

 

 les chansons d’Aris et Daverdain

1

À peine sortis d’une guerre

Qui fit partout tant de malheurs

Et qui vit sur toute la terre

Couler du sang, verser des pleurs

Comment se peut-il en ce monde

Qu’on ose encore dans des discours

Parler de cette chose immonde

Qu’on croyait morte pour toujours

 

REFRAIN

Jurons sur les berceaux

Que nous tuerons la guerre

C’est assez de misère

Détruisons le pire des fléaux

Réchappés des assauts

Où l’on égorge ses frères

Tous contre la guerre

Protégeons nos enfants au berceau

II

Si nous nous donnons tant de peine

Afin d’élever nos enfants

Ce n’est pas pour qu’on nous les prenne

Pour les massacrer à vingt ans

Ils sont notre chair et notre âme

Et nous ne vivons que pour eux

À l’abri de la guerre infâme

Gardons-les pour qu’ils soient heureux

III

Au lieu de parler de batailles

De vanter les exploits guerriers

Exaltons devant nos marmailles

Nos savants et nos ouvriers

Un champ vaut mieux qu’un cimetière

Pour le bien de l’humanité

Inscrivons aux poteaux frontières

Ces mots : Paix et Fraternité.

A&Dd

 

 

 

 

 

 

 

 

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PONTS ET RIVIERES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

Les ponts attendent patiemment

Les lourds chalands ventrus qui arpentent les flots

Alors ils ouvrent toutes grandes

Leurs gueules de géant

Pour dévorer dans le secret

De leurs sonores voûtes béantes

Les péniches si lentes

Et l’eau rêveuse des rivières

 

Les ponts pourtant chaussés

De grosses bottes de sept lieues

Demeurent immobiles

Ancrés à d’immuables rives

Figés dans l’enjambée

Toujours recommencée

De départs impossibles

 

Ils ont des dos comme les ânes

Bravant le poids des routes et des hommes

Des dos fourbus si chargés d’ans et de légendes

Et si pesants de tant de pas

Et des baisers des amoureux

S’embrassant adossés

Aux parapets des soirs d’été

 

Qu’ils sont touchants les ponts piliers de nos mémoires

Les ponts beaux vaisseaux sans voyage

Où capitaine à leur dunette

Souvent j’ai regardé penché sur leur sillage

Se faire et défaire mes rêves

Et trembler mourir et renaître mon image

Dans les remous et les frémissements

Des fleuves incessants que brisent leurs étraves.

Henri LACHEZE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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RIEN QU’EN NOUS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

Un détail si futile

Des yeux qui fusillent

Des regards persistants

Des idées à glacer le sang

 

Le regard d’un absent

Presqu’aussi puissant

Que quelqu’un de présent

Pas avec amour – Non !

Lui veut te voir sans

Père, frère et mère

Me considère comme sorcière

Ignorée de tous

 

La seule issue se trouve en nous

Et rien qu’en nous.

MALAURIE

 

 

 

 

 

 

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DENTELLES TANGO

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

Trois petites culottes

Séchaient au soleil

Celle de Charlotte

 

Celle de Mireille

 

Un jour de lessive

Pendues à un fil

Dentelles captives

Au début d’avril

 

La plus sage en broderie anglaise

Détestait l’humidité

Heureuse de se sécher

Tant elle se sentait mal à l’aise

 

La seconde en avait vu d’autres

Elle avait roulé sa bosse

Sur des banquettes de carrosses

Ou des genoux de bons apôtres

 

La troisième était étrangère

Elle venait du lointain Brésil

C’était la culotte à Cécile

Qui abusait de l’adultère

 

Avec son accent hispanique

Dans de la soie rouge et perverse

La brésilienne d’une caresse

Savait provoquer la panique

 

Serai-je sèche pour la messe ?

Se lamentait la prude Blanche

Qui ne sortait que le dimanche

Pour habiller de chastes fesses

 

L’une vantait les artistes

Le charme du slip rapiécé

La bigote rêvant en secret

Aux dessous d’un séminariste

 

À ses côtés l’aventurière

Pensait au joli caleçon

Aperçu dans le pantalon

D’un sémillant clerc de notaire

 

Si toutes les culottes du monde

Décidaient de tout raconter

Hommes et femmes pourraient trembler

À mille braguettes à la ronde.

Alain DELHOTA

 

 

 

 

Page 23

 

L’ÈCUEIL

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

 

 

Ensuite, j’ai connu un homme alcoolique et drogué qui m’a fait mal moralement et physiquement. J’ai perdu deux de mes trois enfants. La perte de mes deux enfants à quelques jours d’intervalle… le mois de mon anniversaire…

Que dire ? Pas les mots.

Tout perdu.

J’ai souffert sur tous les plans. Je n’ai jamais eu d’argent, tout était dépensé au début du mois pour acheter de l’alcool. Quand il était « bourré », il était violent envers moi. Il me trompait à tout va. Puis il m’a abandonnée quelques jours après notre arrivée dans le Nord.

Seule, isolée, abandonnée, je ne pouvais que me taire – Je n’étais plus moi-même !

ALIX

 

 

 

 

 

 

Page 24

 

« Fée, peuples-tu toujours le couvert des bois ? »

 

 

 

 

 

Haut

 

 

 

Les épaules musclées poussent les doigts de fée.

La bobine taboue circule entre les peuples.

Des villes naîtront ou s’effondreront, vois-tu.

Nous savons que la machine gagne toujours…

Le mariage te faisait peur, avoue-le !

Tout prévoir : le moment, le bouquet, le couvert…

Mais porter le voile n’est pas jouer aux dés !

Ses motifs rassuraient déjà dans les forêts.

ALLAN OG DEBATTY

 

 

 

 

 

 

 Page 25

 

LE NORD

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

 

 

J’aime tant ton pays

Et tous ces gens du Nord !

Si près de leurs terrils

Qui meublent leur décor.

 

De tous ces paysages

Façonnés par les brumes,

Dont je connais l’image,

Et ses plages et ses dunes.

 

En leur cœur accueillant,

Je suis si bien chez eux !

 

Leur amour m’apportant

Tant de moments heureux.

 

Quand le Nord nous invite

À partager ainsi,

Le bonheur nous incite

À tant aimer la vie.

 

Quand le Nord nous apporte

Tant de choses à la fois,

En frappant à sa porte,

On découvre un chez-soi.

Albert JOCAILLE

 

 

 

 

 

 

 

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TA DENTELLE AU NATUREL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Que j’aime ta belle dentelle,

Colorée de souvenirs à la pelle.

Ton naturel, au gré du vent, rappelle

De nombreuses balades en ritournelles.

 

Je me pare de ta dentelle fleurie,

Soignant mon cœur meurtri

Du dard de leurs jugements de mépris.

Face à ta dentelle, leurs regards deviennent hagards.

 

D’une vie assombrie de nombreuses piques,

Ta dentelle, ton armure poétique,

Apaise mes crises de panique.

La sauveuse de mon état critique.

 

De fleurs, de mosaïques, tu m’habilles unique.

Tu caches mes profondes blessures,

Les répares de tes fines coutures.

La douceur de ta dentelle me rassure.

 

Dans ta dentelle animale, en moi je veux croire.

Papillon dentelé, s’enlève le voile des malheurs de ma mémoire.

Tu peins la rancœur de mon cœur en couleurs,

Et retires de mon âme sa pâle noirceur.

 

En blanc, en noir ou en couleur,

Dans ta magnifique dentelle,

Apaisant mes peines, viennent des pensées en ribambelle.

 

Face au grand miroir, mon espoir éclot comme tes fleurs.

 

Je me trouve belle !

OLIVEIRA Loïs

 

 

 

 

 

 

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NATURE DENTELLE

 

 

 

 

 

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Nature, d’où vient ta luxuriance ?

Aurore, toujours tu t’imposes à la nuit.

Toi le soleil, tu brilles par ton invariance.

Un fil mystérieux tisse tout cela sans bruit.

Raison tu renonces, alors place au rêve

Enchanté où l’amour incarne toute la matière.

Dans mon songe, tu portais de la dentelle

 

Enroulée tout autour de ton petit cou.

Nimbée de cette étole aux couleurs pastel,

Tu flânais dans les ruelles étroites de Corfou.

En chemin, s’offrit à ton regard la belle Vénus.

Le buste de la déesse avait l’éclat du miroir.

L’Odyssée allait se poursuivre jusqu’au soir.

En rentrant, Philia céda à Eros et son Tribulus.

Francine RICHEZ

 

 

 

 

 

 

 

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LA DISPARITION DE JULIA

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les Butty étaient une famille ordinaire : M. et Mme Butty avaient une jeune fille, nommée Julia. Agée de 17 ans, elle était blonde aux yeux marron. C’était une magnifique jeune fille. Elle aimait traîner après les cours avec ses amies et tous les jeunes hommes lui demandèrent son nom. La famille Butty était riche, elle vivait dans un vrai château.

Un jour, M. et Mme Butty décidèrent de partir au théâtre et laissèrent la maison à Julia en lui disant : « S’il y a un problème, tu sais où nous joindre ? » Elle fait signe de la tête en disant oui. Dès qu’ils revinrent chez eux, leur maison était retournée. Mme Butty poussa un cri, puis dit : « Mais qu’est-ce qui s’est passé ici ? »

-Je ne sais pas, répondit M. Butty, je vais voir si on ne nous a rien volé et toi, cherche Julia, d’accord ?

-D’accord ! Je vais la chercher.

Les bijoux, l’argent dans le coffre, les tableaux n’étaient plus là. Mme Butty chercha dans toute la maison pour essayer de trouver Julia mais ne la trouvant point, elle demanda à son mari : « On devrait appeler la police pour leur parler de ce qui s’est passé. Tu ne trouves pas ? »

-Si, c’est une excellente idée.

Ils s’en allèrent à la police, leur dirent qu’ils avaient été cambriolés et que leur fille avait disparu.

Les jours suivants, ils demandèrent aux voisins, aux gens qui passent, s’ils n’avaient pas vu leur fille mais tout le monde nia l’avoir vue.

Quelques jours plus tard, les Butty n’avaient plus d’espoir pour leur fille. D’un seul coup, le téléphone sonna, c’était les Lilas, leurs voisins. Ils lui dirent : « On a retrouvé votre fille ! »

-Ah oui ! Où est-elle et où était-elle pendant tout ce temps ?

-Calmez-vous ! Elle est à la gare et elle était là pendant tout ce temps.

-Est-ce qu’elle va bien ?

-Oui, ne vous inquiétez pas. On arrive avec elle, on vous la ramène.

-Oh ! Merci beaucoup. Je ne sais pas quoi faire pour vous remercier.

-Ne faites rien, ce n’est pas grave. A tout de suite.

-D’accord, à tout de suite.

Elle raccrocha toute heureuse que leur fille allait bientôt arriver. On frappe à la porte, c’était Mme Lilas avec une jeune fille, Julia. Mme Butty ouvrit la porte, et dit : « Oh ! Ma fille, j’étais si inquiète, j’avais cru que quelqu’un t’avait kidnappée. »

-Oh non ! Je me suis sauvée quand les cambrioleurs sont entrés.

Mme Butty prit dans ses bras Julia et la couvrit de baisers.

 Lucie Richez

 

 

 

 

 

 

 

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RÈVÈLATION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2e partie (suite du n° 71)

 

-Mais, c’est quoi, ça ? Un prototype d’avion… pourquoi personne ne se manifeste ? dit Maillay.

Cela faisait un quart d’heure que les deux hommes scrutaient cet objet immense tombé du ciel.

Hendler se tourna finalement vers Maillay et dit gravement :

-Ecoutez, Maillay, il faut que je vous avoue quelque chose : je savais que nous allions rencontrer ce vaisseau. En fait, ils sont venus pour moi, pour me récupérer. Nous avions rendez-vous et ils m’attendent.

-Comment ça, venus pour vous ? Qui, d’abord ? l’interrompit Maillay. Vous êtes militaire ou quelque chose comme ça ?

-Non, je ne suis pas militaire. Je vous l’ai dit : plutôt un chargé de mission en communication. Et ce que vous voyez devant vous est un vaisseau galactique de classe Bêta. J’attendais que votre esprit se familiarise avec cette vue pour vous annoncer que vous allez me voir sortir de votre voiture et me diriger vers ce vaisseau, et y monter à bord.

Christophe Maillay asséna une bourrade familière sur l’épaule de Hendler.

-Et moi qui suis là à vous écouter comme une andouille ! Vous êtes un farceur, vous ! Dites tout de suite que c’est une soucoupe volante, tant que nous y sommes !

-C’est exactement ce que je suis en train de vous dire : c’est une soucoupe volante, et elle est venue me chercher. J’aurais sans doute dû vous en parler avant, mais vous m’auriez débarqué au bord de la route !

-Mais je ne peux pas vous croire ! Vous me faites marcher, et vous n’avez pas une tête d’extraterrestre, d’abord !

-Ah oui, et qu’en savez-vous, vous en avez rencontré souvent ?

Maillay secoua la tête :

-Non, c’est trop énorme : vous êtes là devant moi, à me dire avec aplomb que vous allez embarquer dans une soucoupe volante ! C’est votre taxi, peut-être ?

-Je reconnais que c’est un peu difficile à accepter, mais les faits sont là, laissez-moi vous expliquer.

-Allez-y, de toute façon, j’ai l’impression de vivre un rêve et que je vais me réveiller avec une gueule de bois. Michel avait raison de me faire prendre cette route : je dois être un peu éméché. Au point où nous en sommes, je vous écoute.

 

-Je ne sais pas trop par où commencer. Tout d’abord, sachez-le, nous ne nous sommes pas rencontrés par hasard, je vous attendais sur cette route. Je n’ai jamais eu ma voiture en panne, je comptais bien que vous alliez vous arrêter. Peut-être que moi aussi, j’ai besoin de témoins…

-C’est ça ! Vous comptiez sur le hasard, bien sûr, vous étiez certain que j’allais m’arrêter et vous demander de monter dans ma bagnole !

Hendler sourit et enchaîna :

-Christophe, vous permettez que je vous appelle Christophe ? Nous sommes appelés à nous revoir de nombreuses fois, autant quitter tout de suite une rigidité de comportement qui compliquerait nos échanges : voilà, vous faites partie des Elus. Très peu d’humains le sont avant le passage par la mort physique.

Votre vie va être chamboulée. Tout d’abord, laissez-moi vous affirmer que le hasard n’existe pas. Notre rencontre a été organisée, voulue. Périodiquement, nous visitons votre planète pour suivre l’évolution de l’enseignement dispensé par nos pairs, et ceci depuis plus de temps que vous ne pourriez l’imaginer… Le Terrien se montre, hélas, très dur à éduquer. Je vous en dirai plus à ce sujet lors de notre prochaine rencontre.

Mi-sarcastique, mi-interloqué, Maillay répondit :

-Vous allez monter dans votre astronef, me laisser au bord du chemin, je vais rentrer sagement chez moi, raconter cette histoire à ma femme, prendre un cachet d’aspirine, et demain j’aurai dessoûlé et je rirai bien de ce rêve !

Hendler semblait s’amuser de la réaction de son compagnon.

-Homme de peu de foi ! Je reviendrai vers vous dans peu de temps. D’ici-là, se produira un événement majeur dans votre vie, qui vous transformera, vous mettra en état de m’écouter plus sérieusement que vous ne le faites actuellement. À bientôt, mon ami !

Hendler sortit de la voiture, en fit le tour et ajouta, par la vitre baissée :

-Vous pouvez assister au décollage, vous ne craignez rien !

Il se dirigea vers l’imposant vaisseau et, sans se retourner, adressa un signe de la main derrière lui…

 

Lucien Caille sortait de son champ. Il devait parcourir quelques centaines de mètres sur l’ancienne route, avant de rejoindre le chemin perpendiculaire qui le mènerait à sa ferme. Il n’aimait pas ça : il allait encore devoir nettoyer cette portion de macadam, que les roues de son tracteur ne manqueraient pas de salir.

-Pour le monde qui y passe !

Néanmoins, il s’arrêta consciencieusement, prit une pelle, racla la chaussée et mit sur le bas-côté l’argile ainsi récoltée. C’est alors qu’il vit en contre-bas un véhicule, une berline dirait-on, complètement encastré dans un arbre. Lucien Caille descendit laborieusement le talus : il n’était plus tout jeune.

-Crévin gus ! haleta-t-il. On dirait qu’il y a quelqu’un dedans ! N’a pas l’air en bon état ! J’y touche pas, j’appelle les pompiers !

 

Le sergent Lartide appuya vigoureusement sur le bouton de la sonnette ; quelques secondes plus tard, la porte s’ouvrit. Madame Maillay considéra les deux policiers d’un œil interrogatif.

-Que puis-je pour vous ?

-Vous êtes bien madame Elisabeth Maillay, épouse de Christophe Maillay ?

-Mais oui ! Que se passe-t-il ? Pourquoi me parlez-vous de mon mari ?

-Mme Maillay, votre mari vient d’avoir un accident de voiture… Il n’est pas mort, rassurez-vous, mais grièvement blessé. Il se trouve au CHU de Toulouse. Nous pouvons, si vous le souhaitez, vous accompagner. Le capitaine nous met entièrement à votre disposition, étant donné l’importance de votre époux...

-Un accident ! Mais où ? Non, je prends ma voiture ! Il faut que je le voie, tout de suite !

Elisabeth Maillay manifestait une telle agitation que les policiers se regardèrent, ils ne pouvaient pas laisser cette femme conduire dans l’état où elle se trouvait.

-D’accord, madame Maillay, vous prenez votre voiture, mais c’est moi qui conduirai. Mon collègue nous suit avec la voiture de service, et une fois à l’hôpital nous vous laisserons avec le médecin qui s’occupe de monsieur Maillay.

Les policiers déposèrent madame Maillay au bas de l’escalier qui menait aux urgences. Elisabeth Maillay n’attendit pas l’arrêt complet du véhicule, elle ouvrit la porte et se rua à l’assaut des marches sans se retourner vers les deux hommes. Elle courut comme une folle vers l’accueil.

-Je suis madame Maillay, on vient de me prévenir que mon mari était chez vous, suite à un accident de la route !

-Un instant, madame, je consulte les entrées en Urgences… oui, votre mari est bien dans nos services, prenez l’ascenseur, c’est au troisième. Vous trouverez une personne qui vous orientera.

-Bon sang, que c’est long, un ascenseur ! se dit Elisabeth Maillay. Elle se catapulta hors de la cabine, bousculant un interne.

-Pardon, excusez-moi, pouvez-vous me dire si je peux voir mon mari, monsieur Maillay, Christophe Maillay ?

L’interne bousculé se retourna :

-Oui, bien sûr, je vous accompagne auprès du médecin responsable du service. On vous a dit que son état était sérieux ? ajouta le jeune homme en toquant à la porte du bureau de l’étage.

-Docteur Mancier, je vous présente madame Maillay, l’épouse de…

-Oui, je vois, interrompit le médecin. Entrez, Mme, asseyez-vous.

Le praticien fit le tour de son bureau et s’assit à son tour.

-Voilà les faits : un cultivateur sortant de son champ, hier en fin de journée, a trouvé la voiture de votre mari encastrée dans un arbre, en contrebas de la chaussée. Les pompiers, rapidement alertés, ont pu extraire le conducteur de l’épave. L’examen clinique, outre une alcoolémie légère, a révélé de nombreuses fractures : deux côtes cassées, un cubitus et un tibia brisés également. Douloureux, mais pas vital. Ce qui nous inquiète davantage, c’est la rupture de la deuxième lombaire, ayant entraîné une section de la moelle épinière. Nous pouvons malheureusement craindre que votre époux ne soit définitivement paralysé des deux jambes.

Effondrée, Elisabeth Maillay se leva brusquement :

-Je peux le voir ?

-Oui mais pas longtemps, il est sous sédatif, ne le réveillez pas, s’il vous plaît, il ne souffre pas, vous pourrez revenir demain en fin de journée. Nous lui aurons révélé son état et il aura sans doute besoin de vous. Si vous voulez bien me suivre.

-Je ne comprends pas, murmura-t-elle, pourquoi a-t-il pris cette route, il ne la prend jamais ! Et pourquoi cet accident, en pleine ligne droite ?

 

Inutile de préciser que la nuit passée par Élisabeth M. fut des plus agitée. Elle se leva très tôt, furieuse de ne pouvoir approcher son mari avant la fin de journée. Toilette et petit-déjeuner expédiés, elle décrocha son téléphone, fit le n° du CNES. Elle reconnut la voix de la standardiste : - Sophie ? c'est Élisabeth. Vous avez appris l'accident de mon mari ?... Non, personne ne sait ce qui s'est passé... C'est gentil, je sais que je peux compter sur votre soutien. Savez-vous qui l'a vu en dernier ?... Michel Lardin ? Merci, voulez-vous me le passer, s'il vous plaît ? Malheureusement, Lardin ne put rien ajouter à ce que Élisabeth savait déjà. Il omit seulement de lui dire qu'il avait conseillé à Christophe de prendre la vieille route. Il ne voulait pas qu’Élisabeth lui en veuille, bien qu'il ne se sentît pas responsable de l’accident. Elle ne savait pas quoi faire d’utile, qui eût pu servir à comprendre cette tragédie. Elle décida subitement de prendre sa voiture et d'aller sur place comme si, de voir la route, la voiture de son mari, accidentée, pouvait expliquer ce drame brutal, stupide. Hélas, cette entreprise spontanée n'apporta rien à son désir de trouver une trame à cet accident. La voiture de son mari était encore là, encastrée dans ce tronc noueux, il n'y avait aucune trace de freinage, mais ça prouvait quoi ? Dépitée, elle s'apprêta à faire demi-tour, lorsqu'une grosse berline s'arrêta à sa hauteur. Un homme en descendit, s'approcha de sa vitre : - Madame Maillay ? Permettez-moi de me présenter : inspecteur Fresnel attaché au commissariat de Toulouse. Votre mari est un homme très important, dans un domaine très particulier, et cet accident au moment de sa nomination est peut-être une coïncidence, mais la police se doit d'enquêter. Nous allons examiner soigneusement son véhicule, et nous l'acheminerons ensuite chez un de nos experts automobiles qui vérifiera les organes mécaniques. Bien entendu, Madame Maillay, vous serez tenue au courant des résultats de l'enquête. Tenez, prenez ma carte, si jamais vous deviez me contacter. - Mais qui pourrait en vouloir à Christophe, et sa nomination ne date que d'hier ! Il n'a pas encore eu le temps de se faire des ennemis à ce niveau de compétence !

L'inspecteur ne put réprimer un sourire face à tant de candeur. Il reprit : - Madame Maillay, ce n'est pas votre mari qui pourrait être éventuellement visé mais, à travers lui, le poste qu'il occupe, encore que rien ne laisse penser qu'il ait pu être victime d'une machination. Voyez-vous, nous sommes dans une course effrénée contre la Russie, mais aussi la Chine et sans doute l’Inde. C'est à celui qui posera le premier un pied sur Mars ! Le combat est rude et tous les coups sont permis. Excusez-moi mais j'ai un emploi du temps chargé : je dois vous laisser maintenant, l'examen du véhicule m'attend et, évidemment, je dois procéder seul. Au revoir, madame Maillay, en d'autres circonstances j'aurais ajouté que j'étais ravi de vous avoir rencontré. Il me cache quelque chose, se dit Élisabeth en démarrant, ou alors peut-être que je deviens complètement parano. Je trouve un truc à manger et je fonce à l'hôpital.

Franck DEFOSSEZ

 

 

 

 

 

 

 

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A LA LUEUR D’UNE BOUGIE ETEINTE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Suite du n°77

 

Imasu et Emeraude y allèrent de leur théorie concernant le cœur harmonieux, supposant qu’il s’agissait d’un don, une nouvelle fois encore, à offrir à la Noble Cour. Jaden s’attarda sur la lame de sang et échangea avec les deux guerrières Urduja qui s’y connaissaient le mieux en armes et les jumeaux débattirent avec Neela sur cette histoire de protecteur et de portail. Malgré tout, aucun ne savait concrètement ce qu’ils auraient à traverser une fois la bougie du pictogramme illuminée. Par ailleurs, le soleil déclinait fortement dans le ciel et si ses rayons caressaient bel et bien la flamme éteinte, ils ne l’allumaient pas pour autant. Lysaëlle, penchée en avant dans l’expectative de voir un nouveau phénomène magique se produire, se retrouva complètement anéantie en voyant l’astre disparaître pour laisser place à l’obscurité de la nuit. Sous le choc, la sorcière haleta violemment, cherchant son souffle dans la panique. Mae fit un pas vers elle pour la réconforter mais, alors qu’il posait une main hésitante sur son épaule secouée de sanglot muet, la jeune femme poussa un hurlement déchirant de colère et sa magie explosa autour d’elle en balayant les alentours. Les deux trônes, malgré la distance, furent projetés au loin, les chandeliers renversés, et le pentagramme à moitié effacé. Seule la flamme, désespérément éteinte et vide de magie, demeurait en son centre.

·                       Non ! Ça ne devait pas se passer comme ça ! Ça devait fonctionner ! On a fait tout ce qu’il fallait !

 

La jeune femme craqua subitement dans les bras de son frère, pleurant de tout son soûl, son visage baigné de larmes niché dans le cou de son jumeau qui la berça contre son cœur en tâchant de la rassurer tant bien que mal. Si lui-même avait été en état de choc à peine deux jours plus tôt, dévasté par la mort de leur tante, Lysaëlle n’avait pas eu cette liberté et avait tâché, depuis lors, de faire face et de le soutenir coûte que coûte. Bien que la sorcière eût toujours envie de connaître la vérité, elle n’en avait pas moins été quelque peu forcée, emmenée presque de force, suite aux supplications de son frère, dans cette histoire de prophétie qu’elle aurait sans doute voulu pouvoir oublier. Peut-être avait-elle eu raison depuis le début, pensa tristement son jumeau en caressant ses longs cheveux châtains pour la rassurer. Peut-être que tout ceci n’avait été qu’un jeu d’enfant, après tout. Alors qu’elle commençait à peine à se remettre de ses émotions, la jeune fille releva la tête en entendant son meilleur ami pousser un hurlement lupin. Elle secoua la tête, prêt à le réprimander, à lui rappeler que bien que son intention soit bonne, la situation ne prêtait pas à rire. Elle n’en fit rien. Avisant le regard de ses amis tourné vers le ciel, elle en fit de même et constata que la lune, rousse comme l’avait prédit Jaden, s’élevait lentement au milieu des étoiles. Voilà pourquoi le lycanthrope venait de pousser son hurlement. Ses instincts reprenant le dessus, il venait de saluer l’astre à sa manière. L’orbe roux, aussi chaleureux que les feuilles de l’automne, les inonda de ses rayons, bien que ces derniers aient bien moins d’intensité que ceux de l’astre de jour. L’un d’eux fila directement en direction de la flamme qui, heureusement, ne s’était pas effacée, et cette dernière flamba dans une magnifique combustion spontanée aux couleurs chatoyantes et chaudes. Le pentagramme effacé se reforma, brillant d’une éclatante lueur dorée et la bougie toute entière, à présent de nouveau visible, parut prendre vie. Sortant lentement du sol comme un geyser, elle s’éleva à quelques mètres au-dessus de la terre ferme avant d’éclater en une nuée de papillons dorés qui s’éparpillèrent autour d’eux et illuminèrent la Noble Cour comme en plein jour sous un soleil de midi. Au centre, là où s’était trouvé le symbole magique, apparut un lac tout en longueur et, au centre de celui-ci, un petit piédestal, comme un pupitre, paraissait les attendre et les appeler.

·                       Incroyable…, souffla Imasu en secouant la tête comme un chien qui s’ébroue. La lune marque de son empreinte… C’était la lune qui devait illuminer la bougie, pas le soleil !

·                       C’est toi que je vais illuminer, promit Lysaëlle en râlant pour la forme. J’ai eu la peur de ma vie par ta faute, Ima’ !

·                       Je ne dirai plus rien sans être sûr de ce que j’avance, c’est juré. Bon… Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut chercher un couteau ou une dague, maintenant ?

·                       La lame de sang laisse peu de place au doute, en effet, confia Jaden en s’approchant de l’eau. Mais pourquoi un lac ? Une armurerie aurait été plus logique !

·                       Bien sûr, et pourquoi pas un panneau avec “c’est ici la prophétie” la prochaine fois ?

le railla Zaya en levant les yeux au ciel.

·                       Ce serait beaucoup plus simple, figure-toi !

·                       Mais beaucoup moins amusant, rétorqua Émeraude avec un clin d'œil en soutien à sa sœur.

 

Le jeune loup leur tira la langue comme un petit garçon boudeur et croisa les bras sur sa poitrine sous les rires des filles. Lysaëlle pouffa gentiment avant d’embrasser la joue de son meilleur ami puis remarqua que son frère venait de s’agenouiller au bord de l’eau, la tête penchée par curiosité. Il lui semblait même qu’il parlait à voix basse. Se rapprochant de son jumeau, la sorcière put entendre des bribes de paroles, les vers d’un poème que leur avait appris leur tante lorsqu’ils étaient enfants.

·                       Vague à l’âme, vague à lame. Que les larmes me montent et la marée les emporte, plus de crainte ni de honte, seul le vent qui m’apporte. Par la mer, par la vie, je fais foi de mon être, mon cœur est à toi, de mes pieds à la tête. Vague à l'âme, vague à lame, prends mon âme dans ta lame et ta vague dans la mienne l’emporte par la larme…. La lame n’est pas un couteau, c’est une vague… comme une lame de fond…

·                       Une vague de sang ? s’étonna Lysaëlle à voix basse près de lui. Comment veux-tu faire pour trouver une vague faite de sang ?

·                       Pas une vague de sang, la détrompa le sorcier. Une vague par le sang…

 

D’un geste brusque, il plaça sa main sur le rebord rugueux des pierres qui bordaient le lac et s’entailla la paume avec un grognement étouffé de douleur. Sa jumelle ne put retenir une grimace et regarda quelques gouttes de son sang perler sur sa peau bleue avant d'atterrir dans l’eau, faisant des petits sillons à la surface du lac. Un minuscule tourbillon se forma alors. Pourtant, il n’était pas assez puissant pour leur dégager un passage jusqu’au piédestal. Lysaëlle, résignée, s’entailla à son tour la main, fermant les yeux à s’en fendre les paupières face à l’assaut de la douleur, et laissa son sang se mêler à celui de son frère dans l’eau calme du lac. Bientôt, le tourbillon qui avait commencé à se former prit de plus en plus d’ampleur, grossissant jusqu'à atteindre une taille approchant la moitié de la surface du lac, attirant par la même occasion l’attention de leurs six amis qui se rapprochèrent d’eux. Dehanayst en profita pour soigner les blessures de ses amis et avant qu’aucun d’eux n’ait pu réagir, une vague haute d’au moins deux ou trois mètres grossit, amenant avec elle toute l’eau du lac et les aspergea de la tête aux pieds, les laissant sous le choc et ébahis. Détrempés, ruisselant, les amis s’entre-regardèrent et d’un commun accord muet se mirent à courir en direction du piédestal, le passage s’étant libéré pour eux après le raz de marée qu’ils venaient de subir. Haletant tous les huit, ils ne trouvèrent qu’une surface de pierre, creusée d’une forme qui leur était familière : la forme du collier de Sihir. La même phrase que celle inscrite sous la fresque était gravée en lettres dorées.

·                       Réunis autour du pouvoir de l’Harmonie”, se souvint Zaya qui avait demandé à Lysaëlle sa traduction.

·                       Le cœur harmonieux se séparer d’un adieu, par la foi aveugle confié aux cieux”... Mae, tu dois rendre le collier à la Cour, chuchota sa sœur en prenant sa main dans la sienne.

·                       Quoi ? Non ! Jamais, c’est tout ce qu’il nous reste de tante Sihir ! plaida le sorcier, les larmes aux yeux.

·                       Mae, c’est le seul moyen de réaliser la prophétie ! C’est ce collier qui nous a fait entrer, c’est l’Harmonie qui a débuté toute cette histoire… c’est à lui d’y mettre un terme…

·                       Mais tante Sihir…

·                       Tante Sihir est dans nos cœurs, et dans cette Cour, souffla la jeune femme avec tendresse. Son esprit n’est pas dans un bijou, il est en nous. S’il te plaît, Mae… Si tu ne fais pas confiance à cette prophétie, aie confiance en moi, murmura-t-elle en reprenant les mots de son frère.

 

Le sorcier cornu baissa les yeux, ravalant douloureusement ses larmes, et finit par déposer l’Harmonie dans son réceptacle qui fut recouvert par les eaux du lac presque immédiatement après. Leur petit groupe fut ramené sur la berge par la magie ambiante de la Noble Cour, et le lac disparut à son tour, comme s’il n’avait jamais été là. Alors qu’ils reprenaient leurs esprits, la terre gronda, le monde tourna autour d’eux, vacillant comme un carrousel fou.

Le temps sembla s’accélérer, les saisons se succédèrent brusquement dans ses changements de paysages et de température extrême, avant de revenir à la normale. Les arbres aux feuilles d’or, d’ambre et de rubis étaient toujours les mêmes, la lune, haute dans le ciel, les éclairait toujours, et le chant des esprits de la forêt les berçait toujours. Rien n’avait changé. Et pourtant… Pourtant chacun pouvait sentir le changement dans l’air. La Noble Cour venait de se réveiller, le temps avait repris sa course normale. La dernière nuit d’automne, comme l’avait annoncé la prophétie, venait de reprendre vie. Ils avaient réussi.

·                       Alors c’est tout ? C’est fini ? C’était aussi simple que ça ? s’étonnèrent Jaden et Emeraude en regardant autour d’eux.

·                       Oh non, mes enfants, c’est loin d’être terminé, leur confia une voix, juste derrière eux.

 

Les amis se retournèrent brusquement, sur leurs gardes, et aperçurent un homme qui s’avançait dans leur direction. Sa peau pâle était constellée de taches de rousseur et ses longs cheveux de feu étaient noués par un ruban de soie turquoise. Il portait une tunique et un pantalon de lin vert feuillage brodés de feuilles d’or, une tenue semblable à celle que portait Imasu deux jours plus tôt. Ses oreilles étaient légèrement pointues et, comme lui, ses pieds étaient nus. Il n’avait pas l’air d’avoir plus d’une trentaine d'années et comme leur ami elfe il possédait une beauté intemporelle. L’inconnu leur sourit avec patience comme s’il avait affaire à des petits enfants, à peine âgés de quatre ou cinq ans. Autour du cou, l’Harmonie qu’ils venaient d’offrir à la Noble Cour brillait d’un bel éclat turquoise, tout comme le ruban qui retenait ses cheveux. Dans sa main, une lance identique à celle des guerrières Urduja, sauf que celle-ci était surmontée d’une feuille de lierre en or rose et incrustée de gravures dorées et d’éclats, encore une fois, de turquoise.

·                       Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous voulez dire par “c’est loin d’être terminé” ?

demanda Lysaëlle, méfiante.

·                       Je me nomme Amaël, aussi appelé le Gardien, à votre service, les informa-t-il en s’inclinant respectueusement. Vos majestés…, salua-t-il ensuite en s’adressant à Mae et Lysaëlle qui échangèrent un regard surpris. J’attendais votre venue.

·                       Vos majestés ? répéta le jeune sorcier sans comprendre. Qu’est-ce que…

·                       Quant à ce que j’entendais, madame, expliqua Amaël à l’intention de Lysaëlle, c’est que vous avez réveillé la dernière nuit d’automne, et votre histoire, plutôt que de se finir, vient tout juste de commencer…

FIN

Blue LYCENNE

 

 

 

 

 

 

 

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CROQUE LE VAL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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