SOMMAIRE DE LA CAUDRIOLE N°41
Septembre-Octobre-Novembre-Décembre 2013
Illustration BD page
2
|
Patrick MERIC
|
|
JEUNES
|
|
|
Être marraine - Chloé page 3
|
Laurie
CZUBAS – T. COURBET |
|
Chaos
éternel page 4,5,6
|
Sarah
LEU |
|
L’Espoir
d’une vie page 7
|
Thomas
BELLONCLE |
|
HUMOUR et PATOIS
|
|
|
Hector
MELON d’AUBIER
|
||
|
El pièche ed 2 Euros page 8 |
Georges RATEL
|
|
|
La mort lui va bien
page 9 |
Charles JACQUEMIN
|
|
|
El vaque à Tonin – D’sus ch’marqué page 10 |
Georges RATEL
|
|
|
Réveil page 10 |
M. DEM
|
|
|
À l’école page 14 |
Jean Pierre LEFEBVRE
|
|
|
ADULTES |
||
|
Spring time page11 |
Caroline
LALISSE |
|
|
L’herbe folle des rencontres page 11 |
Henri
LACHEZE |
|
|
À l’ancienne page 12 |
Gérard
ROSSI |
|
|
Clair-obscur du dernier soir d'Avril page 12 |
Maria-Carméla
DUHIN-CARNELOS |
|
|
Marine page 13 |
Béatrice VALET |
|
|
Pensée page 13 |
Hector
MELON d’AUBIER |
|
|
Les simples page 14 |
Monique DELCROIX |
|
|
Rêveries page 14 |
Nicole
DUPLOUY |
|
|
Au Maître des granges
page 15 |
Paule
LEFEBVRE |
|
|
Charmant tableau …
page 15 |
Geneviève
BAILLY |
|
|
Souvenirs souvenirs
page 16 |
Julien BURY |
|
|
Nouveau printemps
page 16 |
Jean François SAUTIERE |
|
|
Merveilleuse nature
page 17 |
Bernard
SIMON |
|
|
Femmes du quotidien page 17 |
M.A LABBE |
|
|
La palette du mystère
page 18 |
SAINT-HESBAYE |
|
|
Alors… page 18 |
Thérèse LEROY |
|
|
Écrire « dix fées ramant » page 19 |
Hertia
MAY |
|
|
Amoureuse page 19 |
Albert
JOCAILLE |
|
|
Cyrille et les petites souris page 20,21 |
Jeanne FOURMAUX |
|
|
Merveilleuse Aubade page
21 |
Anne Marie
Ioos |
|
|
Les arbres page 22, 23 |
Pascal
DUPONT |
|
|
Ma maison et mon jardin
page 23 |
Jeanne FOURMAUX |
|
|
Les pourceaux page 24 |
Marcel LESAGE |
|
|
La Gazette d’Emma page 25 |
M.A LABBE |
|
|
NOUVELLES |
||
|
Jolie pierre de lune page 26, 27 |
A. P.
ROUSSEL |
|
|
Un monde imaginaire page
28 |
Emilie LEDUC |
|
|
Mon père, mon volcan
page 29 |
Valentine
ROUANET |
|
|
Jeux de mots
page 30 |
Inconnu du web |
|
|
Ne me retiens pas
page 31 |
Christelle LESOURD |
|
|
Maison des Associations |
||
|
Mots
Croisés page 33 |
Daniel SERVEAU |
|
|
* Retrouvez l’auteur dans la revue littéraire. |
||
|
Page 1 |
|
|
|
Être
marraine ce n’est pas Acheter
un gros cadeau Mais
toujours être là Quand
il le faut Être
marraine c’est aimer Son/sa
filleul(e) Être
marraine ce n’est pas Facile
ni difficile, C’est
juste avoir le plaisir Juste
un sourire sans cadeaux C’est
déjà quelque chose Qui
vient du cœur On
a qu’une vie, il faut en profiter Tu
fais partie de mon petit Jardin
secret J’avais
ce rêve qui me venait À
la tête Mais
maintenant c’est Devenu
une réalité Je
suis marraine d’une Petite
fille.
Laurie Czubaj 14 ans – Honnechy Lycée
Polyvalent J.M. Jacquard 59 CAUDRY |
|
Page 2 |
Chloé |
|
|
Depuis
le jour où je t’ai vue pour la première fois, J’ai
tout de suite su que je ne pourrai pas me passer de toi. Sans
cesse ton doux visage hante mes pensées Comme
si à chaque instant tu te trouvais à mes côtés. Ce
n’est pas la différence d’âge qui me fera changer, loin de là l’idée de te
quitter. Je
ne pourrai pas vivre sans toi, tu me permets d’avancer. Et
si un jour tu devais partir, sache que je ne m’en remettrai pas. L’amour
que j’aurai pu ressentir, je ne l’oublierai pas. J’ai
écrit ce court poème pour te montrer à quel point tu comptes pour moi. C’est
ma façon de te dire que je t’aime et je ne cesserai de te le dire mois après
mois.
Thomas Courbet 2nde 3 Lycée Polyvalent J.M. Jacquard 59 CAUDRY |
|
Chaos Eternel |
|
|
|
Le jour de
la Mort Le
dernier jour de ma vie… Ce fut ma
première pensée en me réveillant ce matin. D’ailleurs, en regardant dehors,
je me suis aperçue que c’est une
belle journée pour mourir. Un léger brouillard. Le Soleil qui perce de temps
à autre. La température idéale : ni vraiment chaud, ni froid. Pas de
vent. Une journée magnifique… En me levant, je passai ma tenue de
guerrière. Celle que je suis si fière de porter ; celle qui a participé
à tous mes combats ; celle qui a si bien servi la cause de mon clan en
me préservant de la mort. Celle qui m’accompagnera dans mon ultime voyage. Comme à mon habitude, je mangeai pour
le déjeuner les restes de viande de la veille, les partageant avec le Loup.
Ce brave Loup, fidèle compagnon de toujours ; lui aussi a participé à de
nombreux combats… Ce sera difficile de
le quitter pour l’Eternel Chaos. C’est avec cette sombre pensée en tête
que je sortis de ma tente. À la vue du cheval qui m’attendait, mes pensées
s’assombrirent encore. Lui aussi m’accompagnait depuis longtemps. Les deux
magnifiques créatures – Loup et Cheval – avaient été au cœur des combats les
plus violents à mes côtés. Ils avaient assisté à nos plus grandes victoires.
Ils vont aujourd’hui être témoins de ma seule défaite. Mon dernier combat. Je nourris l’étalon et le harnachai,
mélancolique : c’était la dernière fois que je faisais ces gestes. Je
rangeai ensuite mes affaires, peu nombreuses, et m’apprêtai à partir. Je
devais aller en ville. Faire mes adieux à mes frères et sœurs du clan. Leur
désigner un nouveau chef. Mon successeur. Et leur amener de nouveaux membres. Nous étions dix au sein du clan. Pour
que mon départ ne soit pas vain, pour faire un pas de plus vers notre
destinée, les dix deviendraient onze. Je dus donc m’efforcer, au cours des
dernières semaines, de trouver deux nouvelles recrues ayant les capacités de
survie et de combat, le courage et la discrétion, la dévotion, nécessaires à
l’intégration du clan. Le clan est affaibli et déstructuré
depuis mon départ. Les liens entre les membres devront se resserrer et les
nouveaux devront trouver leur place dans la hiérarchie. Et ils doivent
accepter mes dernières décisions, pour la survie du clan. J’avais déjà pris mes décisions, mais
la route jusqu’à la ville était longue. Ainsi, je remettais sans cesse mes
choix en question. Bien que ce fût inutile puisque aucune autre
option ne s’offrait à moi. Il était aux environs de dix heures
quand enfin j’arrivai en ville. Le Loup était parti en éclaireur et messager,
afin d’avertir mes compagnons et les futurs membres du clan de mon arrivée et
de ma volonté de les réunir. J’eus juste le temps d’abreuver le cheval et de
boire un peu moi-même avant l’arrivée du clan. Le loup à leur côté, ils marchaient
vers moi, telle une meute. Glorieux, rayonnants, puissants. C’était mon clan.
Celui que j’ai fondé, porté au sommet, mené au combat toutes ces années. Et
qu’aujourd’hui j’abandonne. Je suis si fière d’eux. Leurs
victoires, leur amitié, leur confiance, leur loyauté, leur force. Je leur exposai mes décisions en
m’attendant à quelques incompréhensions ou oppositions de la part de
certains. Mais leur réaction fut tout autre. Ils
ont compris. À l’arrivée des deux futurs initiés,
le silence se fit. Nous les observions avec une grande attention. Nos yeux
exercés les examinaient, ne laissant échapper aucun détail. Observant le
tréfonds de leurs âmes. Comme je m’y
attendais, les deux nouveaux venus ne furent en rien gênés ou impressionnés.
Ils nous scrutaient avec autant d’attention que nous. Aucun mot ne fut prononcé au cours du
quart d’heure qui suivit. Les échanges se faisaient par regards ou par gestes
discrets, presque imperceptibles. L’ambiance se détendait. Lorsqu’ils furent enfin prêts, je
présentai leurs futurs compagnons à mes frères et sœurs. Leur caractère
puissant, esprits forts, leur corps
vigoureux, leur passé troublé, leur présent glorieux. Je sais que je les ai
bien choisis, et que mes compagnons les intégreront au clan. Je les vois déjà combattre côte à
côte. Célébrer leurs victoires ensemble, partageant la viande et buvant le
sang des ennemis à la même coupe, sous l’œil protecteur de leur nouveau chef.
Mon successeur désigné. Le plus sage, le meilleur guerrier, le plus apte à
les guider. Grâce à lui, je sais que le clan continuera à prospérer, à se
battre. À gagner. Après avoir fait mes adieux à mes
frères et sœurs, leurs regards confiants me suivirent jusqu’à ma monture. Ils
me regardèrent prendre les armes en silence, avec des regards approbateurs.
Ils savaient tous que je partais au combat pour la dernière fois. Et l’issue
est déjà certaine. Cependant, aucun d’eux ne désapprouvait ma décision. L’accomplissement de notre vie est la
manière dont on meurt. Et notre dernière victoire est de mourir au combat.
Notre but ultime. J’en suis si proche… Mais
la route est encore longue. Le galop du cheval. Le cliquetis régulier des
armes sur le harnachement. Pendant un certain temps, mon esprit vide était
envahi par ces sons répétitifs. Le calme m’emplit le corps et l’esprit. Je suis presque arrivée maintenant. Le
paysage continue à défiler, mais mon esprit a cessé de vagabonder. Je connais
cet endroit par cœur. J’arrête le cheval à l’orée du bois. Ce bois sombre…
Mon refuge. Mon futur tombeau. Une sépulture naturelle, d’une beauté
époustouflante, symbole de ma vie passée, de mon clan. Je regarde mes mains s’emparer de mes
armes. Merveilles forgées à l’aube des temps, ces lames m’appartiennent
d’aussi loin que je m’en souvienne. Et m’accompagneront dans la mort. Laissant le cheval libre de rejoindre
le clan, j’avance à pieds. Les armes à la main. Le loup à mes côtés. En
harmonie avec mon domaine, je marche, sereine, jusqu’aux ruines de l’Ancien
Temple. Gloire passée, grandeur perdue.
Anciennement si prestigieux bien que réservé à un cercle fermé d’adeptes, le
Temple en ruines nous rappelle que rien de matériel n’est éternel. En avançant vers le Temple, je murmure
involontairement quelques chansons, autrefois si présentes en ce lieu. Je me
souviens quand les Onze qui nous ont précédés entonnaient ces chants, en
hommage à Hekate, au Dragon Noir, à Lotan, Apep, Leviathan, Typhon, à Ishet,
Zenunim, Taninsam, Ama, Lilith, Liftoach, Kliffot, Tiamat, Tanin’Iver… Tout en chantonnant, j’avance vers le
cœur des ruines. Le cœur de Belial, son antre éternel. Le tombeau des Onze. Le caveau de mon clan. Je suis la première à partir. C’est
mon devoir. En tant que premier chef du clan, j’ouvre la voie vers l’Eternel
Chaos à mes frères et sœurs. Mon dernier combat se fera contre mon pire
ennemi. Moi-même. Je me tiens désormais sur la pierre
sacrificielle, cœur du Temple obscur. Unique, symbole de ce lieu de magie. Le Soleil touche l’horizon. Mon heure est venue. À travers ma vie,
j’ai accompli mon œuvre. Par ma vie, j’ai ouvert la voie au Clan. Vers le
savoir, vers la puissance, vers le Chaos. Après avoir marché toute ma vie sur
le sentier de la main gauche, je touche enfin au but. Par la mort, je brise
le onzième scellé. Par ma mort, j’accomplis ma destinée. Je m’apprête enfin à ouvrir les portes
de la magie. Les portes de l’Enfer. Luxifer, Noxifer, porteur de Lumière et
de Nuit, j’entre dans ton Royaume. Mon dernier regard se tourne vers le
Loup. Ses yeux reflètent ma sérénité et ma confiance. Un avenir glorieux lui
est promis ; nous est promis. Il aidera nos compagnons dans leur quête. Après un adieu silencieux, mes yeux se
ferment, mon esprit se vide, mes mains s’agitent. Mon corps résiste. Les
lames qui m’ont servies toute ma vie contre mes
ennemis deviennent aujourd’hui mes bourreaux. La magie du lieu s’empare de
moi, et pourtant je résiste. En vain. Sans y penser, je reprends mes prières. Tohu Tehom Theli Than Leviathan
Tanin’Iver Taninsam Lumière, obscurité. Réalité,
hallucination. Divinité, humanité. Plus aucune distinction. Tout se mélange. Se dissipe. Disparaît
lentement. La
Flamme Noire, une Lumière, le
Silence.
Une Apocalypse, une révélation. Une douleur fulgurante. Exquise. Une souffrance insoutenable. Un vide profond. Magnifique. Le Chaos. Eternel. La
Mort. Sarah Leu Lycée Polyvalent J.M. Jacquard 59 CAUDRY |
|
L’espoir d’une vie |
|
|
|
« Un
homme qui a cessé de s’émerveiller a presque cessé de vivre. » Albert H. Le
jour où je m’en rendis compte, c’est le jour où je me suis éveillé. Tel
pourrait être le titre de cette œuvre mais là n’est pas la question. Bonjour,
je me prénomme Florent et ma vie n’est pas des plus trépidantes ni des plus
glorieuses mais au contraire elle est des plus monotones. Si je dis cela ce
n’est pas parce que les jours se suivent et se ressemblent tous mais c’est
qu’au fil des mois qui se succédèrent je finis par oublier. Oublier, oublier…
mais qu’ai-je oublié, me diriez-vous ? Tout simplement j’ai fini par
oublier ce qui me rattache à la vie, cette petite chose qui permet à tous et
à chacun d’être unique, cette même chose qui permet de faire de la vie ce
qu’elle est. Comment m’en suis-je rendu compte ? Je m’en suis rendu
compte au même moment où je perdis tout espoir en ce que je croyais, voyais
et pensais. Ce
fut ce jour fatidique que je décidai de partir en quête d’espoir. Pour ce
faire, je suis allé quérir l’aide dont on a besoin lorsque l’on veut se
libérer ou s’évader. Je suis donc allé voir un être que j’apprécie, un être
aussi énigmatique qu’attrayant. De l’espoir ?! Il ne m’en donna point
mais sous son masque d’obscurité il me conseilla ceci : « Ne
cherche pas la réponse dans les paroles d’autrui, trouve pourquoi tu cherches
à espérer. » Cette
rencontre ne me mena nulle part, néanmoins ses dernières paroles restèrent en
moi et ne pouvant m’en débarrasser, je décidai de m’y recueillir. Cela me
prit plusieurs mois de réflexion et de patience mais je commençais à
comprendre, à comprendre que là où il fallait chercher ce n’était pas dans
« l’énigme » mais au plus profond de moi, là où tout s’organise et
s’oriente : mes pensées. Et c’est ainsi que je pus reprendre ma quête
les idées claires, l’esprit sain, je partis. En
partant, je pus observer tant de choses, des choses pourtant anodines mais
avec l’esprit apaisé et sain, tout ce que je voyais me semblait différent
comme si je le découvrais ou plutôt, le redécouvrais car en effet pour la
première fois depuis bien des années je pus m’épanouir sur un champ de colza,
sur des coquelicots et même du jasmin. Cela peut paraître étrange certes mais
leurs arômes, leurs couleurs et leur existence paraissent insignifiants pour
certains mais pour moi des plus importants, car c’est en m’épanouissant que
je finis par les remarquer ce qui signifie le début de mon éveil. Je
m’explique, je pris enfin conscience que la vie qui nous entoure est la même
que la mienne et qu’elle n’est pas plus pitoyable mais tout aussi formidable
et c’est ainsi que je recommençai à reprendre confiance en moi. Les
mois se succédèrent et ma confiance ne cessa de s’accroître, ce qui me permit
de reprendre des activités épanouissantes. De fil en aiguille, ma quête se
termina et je finis émerveillé par cet art longtemps oublié, cette activité
qui jamais n’a cessé et c’est ainsi que je repris goût à la vie.
Thomas Belloncle Lycée Polyvalent
J.M. Jacquard 59 CAUDRY |

|
El pièche ed 2 euros |
||
|
|
El mère d’Paulot a s’fait du mouron. Cha fait eune demi-heure
équ’l’école a l’est finie et i n’est toudis po rintré. Infin, le vlo, tout
rigolard… -« Mais quo t’as fait pour rintrer si
tard ? » -« Ché pace que j’ai rincontré eune fème qui
avot perdu eune pièche ed’ 2 euros. » -« Et té l’a aidée à cacher après pindint eune
demi-heure ? » -« Nin, mais j’avos min pied d’sus l’pièche et
j’ai dû attind’ qu’al s’in aille pour pouvoir el ramasser. » Traduction La maman de Paulot est inquiète. Cela fait une demi-heure
que l’école est finie et il n’est toujours pas rentré. Enfin, le voilà tout
réjoui. -« Mais qu’as-tu fait pour rentrer si
tard ? » -« C’est parce que j’ai rencontré une femme qui
avait perdu une pièce de 2 euros. » -« Et tu l’as aidée à chercher pendant une
demi-heure ? » -« Non, mais j’avais mon pied sur la pièce et
j’ai dû attendre qu’elle s’en aille pour pouvoir la ramasser. »
Georges Ratel Croisilles |
|
|
|
La mort lui va bien |
|
|
Étant impliqué dans l’écriture, S’il n’est pas moi, c’est mon frère ; On partage une vision de la mort Et un même questionnement. La mort est la seule chose Dont on est sûr dans la vie. Fatalement on va devoir s’y frotter. On peut parfois s’amuser avec, de loin, Mais un jour c’est elle qui se rapprochera. D’ici là il faut profiter et ne pas être résigné. Les armes pour y arriver : L’humour, la philosophie, le plaisir, la générosité. Prendre de la distance. On peut y être invité par Dieu, par le diable. Ne disons pas du mal du démon, C’est peut-être l’homme d’affaires du Bon Dieu. Je ne me représente pas la mort comme un Dieu noir, Mais plutôt comme un courant d’air empoisonné. Si je dois croiser la mort, je lui dirai : « Je ne vous attendais pas si tôt, Personne ne vous a appelé ; Alors restez chez vous et foutez-moi la paix. » Je me souviens l’avoir rencontrée lorsque j’avais 20 ans En Algérie, pendant la guerre en 1959. Elle a emporté mon ennemi qui pouvait être Mon frère, sans ma permission, à ma place. En tout cas je négocierai ma mort, Si je devais la choisir… Mourir dans un grand éclat de rire Ou au cœur des cuisses de ma femme. En tout cas le plus tard possible et en pleine forme. Aujourd’hui, si Dieu m’invite à monter là-haut, Je lui dirai que je ne suis pas pressé. Il doit savoir que l’on a encore besoin de moi, Que j’ai encore beaucoup à donner. Je dois continuer à vivre, ma mission n’est pas terminée. Soulager la souffrance de ceux qui n’ont plus d’espoir. Mon fardeau, ma valise, ma croix, C’est beaucoup trop lourd pour monter là-haut ! Ne tentons pas le Diable, l’homme d’affaires de Dieu. Que l’on soit pendant la canicule, à l’automne De notre vie, à l’aurore d’un hiver glacial. « Viens chez moi, il y a du feu ! » dit le diable. Nous voulons tous aller au Paradis, Mais personne ne veut mourir. Charles-Jean JACQUEMIN
|
|
El vaque à Tonin |
|
|
|
Tonin fait du stop aveuqu' es vaque. Sin comarad' Gaston i s'arrête et dit : -"Ech j'veux bié t'print, Tonin, mais t'vaque... ?" -"T'imbêt' pon, ché eune bonne marcheuse, all va suiv' t'n'auto." 20 km/h, 40... 80... 100 : el vaque al est toudis là, sin musiau collé ach' par'choc. Gaston i s'énerve. À 140, y jette un oeil sus ch'rétro et, rigolard, y dit : -"All comminch'à n'avoir marre, et'vaque. All tire es lingue !" -"Ed quel côté ?" -"Euh... À gauche !" -"Accélère !... All veut doubler !"
D'sus ch' marqué
Zélie rinconte Phifine d'sus ch'marqué. -"Commint qu'cha vô, Phifine ?" -"Oh ! Ech n'ai pon d'moral. Ech vié d'perdre em'n' homme !" -"Ah bon ! Commint qu'ché t'arrivé ?" -"Ech l'ai invoyé dins ch' courtil querre des porions pour faire d'el soupe. I l'a queut et i l'est mort d'eune crise cardiaque..." -"Qué qu't'as fait alors ?" -"Des nouilles."
courtil : jardin porions : poireaux Georges Ratel
|
|
Réveil |
|
|
|
Quand la tempête fait
rage, Sentir au détour d'un
rivage, Se bat, se déchaîne
notre cœur, Tous les maillons,
les chaînes de nos peurs. Ce vieil esclave en
sommeil, Loin des éclairs et
des merveilles, Des pensées vaines à
six sous, Nous mettant sens
dessus dessous. Dans les tracas, se
frayer un chemin, À la lecture soignée
du parchemin, Se faire une vie sans
lendemain, Joindre nos mains et
nous dire à demain. Accepter un jour de
faire naufrage, Et favoriser enfin le
bavardage, Fermer en tous points
« les sans saveurs » Pour apprécier les
précieux labeurs. M.DEM Copyright 26/07/13 19/11/2012 |
|
Spring time |
|
|
|
It's time. (pont2) Spring time Danse les
bourgeons, Spring
time It's time Eclat de mille tons Spring La raison ailleurs, Time... Liberté frétille, Chevauche la force, I am Fil du temps dérailleur. Spring time Le cœur scintille, Spring
time Etreins
l'écorce. Spring
time Spring time D'un monde Meilleur
Un renouveau dense Fuse dans
le rêve, It's
Spring time Spring
time Spring
time Ne cherche pas le sens, Oh Spring time La vie se lève Oh Spring time Nuances précieuses, Offre la trêve, Chante les feuilles, Spring time Frôle le vent D'ivresse insoucieuse, La lutte s’achève. It's time L'interdit
vomi, Spring
time Bohème délicieuse, Envie contagieuse Balance ton portefeuille It's time (pont 1) Spring
time Caroline Lalisse |
|
|
|
|
L'Herbe folle des rencontres |
|
|
|
Les années passent, le vent casse Les herbes folles dans le vent.
Les racines s’attachent Et les graines s'envolent Et d'autres herbes follement, Sur d'autres rives dans le temps, Musiquent un éternel refrain Sur la harpe du vent.
Qui sait ce que l'on sème Et qui sait ce qu'on laisse Au fil du temps et des rencontres ? Une ride sur l'eau ? Dans la vie un sourire ?
Un grand secret peut-être, Que l'on n'a pas su dire, Ou pas compris, qui sait ? Et le temps passe et casse Même les heures les plus douces.
Il faut partir, partir toujours, Comme un nuage dans le vent, Vers ces lointaines plaines Où ploient les herbes sous les pluies Et où les heures sont si lentes.
Pourquoi, ce soir, pourquoi, Les longs couteaux du vent Font-ils saigner les souvenirs Et pleurer les rencontres enfuies ? Henri
Lachèze - Feux |
|
À L'ANCIENNE ! LE TRAVAIL DE LA TERRE |
|
|
|
Sur le front du vieux laboureur fatigué, Les rides sont devenues sillons, par le temps creusés ! À l'image, par le soc de sa charrue, ceux laissés À la surface de son champ, en cette fin d'été. La terre, en veines grasses retournées Fume sous la caresse de l'acier : L'attelage peine sous l'intensité du labeur ; L'homme, d'un revers de manche sur le visage, essuie sa sueur. Un vol de mouettes voraces, loin de la mer et des plages ? Virevoltant en nuée blanche, accompagne l'attelage ! Dans un vacarme de cris stridents, Se disputant les vers de terre expulsés du sol environnant. La plaine, qui frissonnait sous les blés d'or en Août ; Reconnaissante à l'homme ; pour sa toilette avant le repos de l'hiver Semble être tombée en léthargie tout d'un coup ! Dans l'attente de retrouver avec le printemps, son tapis vert. Au loin, un clocher sonne l'angélus du soir ! La journée a été longue ; mais l'homme a le plaisir de voir : Résultat de son labeur, en quittant le champ, Les sillons bien droits qui brillent, lui disant merci ? sous la lumière du « couchant ! » Gérard Rossi Neuville 15/01/2013 |
|
Clair-obscur du
dernier soir d'Avril |
|
|
|
Crépuscule orangé par-delà l'horizon, Noircissant les branches étoffées de
bourgeons, En ce soir où rien ne bouge, où le bleu
respire, L'âme apaisée du poète en extase, inspire. En une minute l'orangé devient rose, Le bleu s'étale en un lavis clair et morose, Les arbres tendent leurs bras de plus en plus
noirs : Empressée, la brune envahit son territoire... En toute hâte il faut peindre ce saint décor, Car sitôt la brise aimante agite au dehors, Dignement, ses mains sombres disant au
revoir: La nuit vide les étoiles de son ciboire... Hélas, remettre à demain la page du jour, Du ciel, les couleurs d'hier, n'y sont pas
toujours... Étendre vite la peinture sur la toile, Vite épancher ses mots avant que tout se
voile... Maria-Carméla Duhin-Carnélos 30 avril/ 15 Mai 2013 |
|
Marine |
|
|
|
La vie n'est pas un conte de
fée, Tout le monde le sait. Cependant, par une matinée
ensoleillée jamais égalée... Une princesse est née, Toi, notre
fille tant rêvée. Le miracle de la naissance
s'est produit... À cet instant, l'Amour jaillit de ce puits Qui naît des racines de notre
cœur Pour y régner des années et
des années Bonheur. Petit soldat, tu es présente
sur tous les fronts, Et pourtant fragile tel un
cocon. Sensible, tu sais par ta
présence Donner de toi sans préférence. Notre maison retentit de tes
rires, Et les murs dessinent tes
sourires. Même les jours aux couleurs
ébène, Tu es notre bouffée d'oxygène. Vingt années se sont écoulées, Avec nous, les souvenirs de
ton enfance resteront gravés. Notre rôle de parents essayons
d'assumer Afin que tu traverses les
méandres de la vie avec témérité. Aujourd'hui et demain, dors
sereinement, Tes frères veillent sur toi à
cent pour sang. Va de l'avant Au gré de tous les vents, Ne doute jamais de toi, Et si un jour tu as froid, Regarde derrière toi, Nous serons Là. Maman. « L'humanité doit à l'enfant ce quelle a de
meilleur à donner » Déclaration des Nations Unies. Béatrice Valet |
|
PENSÉE |
|
|
|
Pensée
à ceux et celles qui attendent au feu tricolore et qui ont du mal à repartir
lorsqu’il passe au vert : - Si
qu’y vont ossi vite pou eusse alleu aux tolettes quind qu’y z’ont l’droulle,
y drote sovint kier dins leu marronnes ! Traduction :
S’ils vont aussi vite pour aller aux toilettes lorsqu’ils ont une diarrhée,
ils doivent souvent faire dans leur pantalon ! HMA |
|
Les
simples |
|
|
|
Les fleurs ont ressorti leurs chapeaux, pour coiffer Embellir tout l'été, de leurs blanches ombelles... Sucré de miel le vent d'émoi, câlin les fait
Sur place, à petits pas danser... Brusques rebelles Intimement voici, que les Reines des Prés Mélangent leurs bouquets... Sur la piste des belles Partent les papillons, surviennent juste après Les abeilles, déjà se range la nuée... Et chacune butine attentive au grain près, Se charge sans révolte en tous points dénuée... Monique Delcroix |
|
Rêveries |
|
|
|
Sur la plage en été Bien souvent j'ai rêvé D'être un oiseau pour m'envoler Loin très loin de la ville polluée
Pour me sécher les plumes D'être une nouvelle planète Propre et nette Sans soucis et sans cris Voilà le monde où je vis Sans heurt, sans larmes Mais avec beaucoup de charme. Nicole Duplouy Martin |
|
À l’école |
|
|
|
Un jour, l’maît’ fait inne leçon su la poésie. Y l’explique çou
qu’c’est les vers, la rime. - Marcel, donne nous un eximpe ! - Je me lève de bon matin … pour aller chercher du pain. - Bien Marcel. Tiot Jules liève sin deugt : - Je vais à l’étang à la pêque aux guernouilles … et j’ai de l’iau
jusqu’aux genoux. - Mais ça rime pas ! Jules - Je sais, m’sieu mais y aveut pos assez d’iau … pouqu’cha
rime ! In eute histoire, mais à Lausanne, in Suisse. Les gins y sont réputés comme étint très lints, des longs-quious quo.
L’maît’ y apprind le prèsint de l’indicatif. - Eximpe : le verbe chanter.
Je chante,E ; tu chantes, ES ; il chante,E. Mathieu conjugue
le verbe marcher - Oui, monsieur. Je maaarche E, tu maaarches ES … - Mathieu va plus vite - Oui monsieur. Il court Toudis à Lausanne : - M’sieur, y a un caracole qui m’suit depus m’mason ! Jean Pierre LEFEBVRE |
|
Au maître des granges
|
|
|
|
Nous avons rencontré Aux granges Cet été Un ange...
André de Médicis, André le Magnifique, Mécène en Caldéris, Un ami authentique !
Nous avons envahi, Sans que ça le dérange, Son coin de paradis, Les granges !
Tout nous y est donné, Les jardins, les pavés, Et l'homme sur le seuil, Un peu de rêve à l’œil...
Aimable Amphitryon, À vos pieds je dépose Un hommage que j'ose En vers de mirlitons...
Nous avons rencontré Aux granges Cet été Un ange...
Paule Lefebvre 28/06/2004 |
|
Un charmant tableau |
|
|
|
La petite fille, une porcelaine, Au regard si clair a le cœur battant. L'hirondelle est là, près de la fontaine, Venue annoncer son premier printemps.
Enfant de l'été, fragile et si tendre, La douceur du fruit d'un fervent amour, Ton frais gazouillis revient nous surprendre, Comme les moineaux au lever du jour.
Curieuses de tout, à pleine volée, S'éveillent déjà tes petites mains ; Quand passe en tes yeux cette giboulée, La tendresse encore parle à tes chagrins.
Toi, petit oiseau, comme l'hirondelle, Vers d'autres soleils tu t'envoleras, Mais pour revenir vite à tire d'aile, Retrouver un peu le nid de nos bras.
La petite fille, en cette fontaine, A lancé son rire et le fil de l'eau, Garde le reflet d'une porcelaine, Laissant dans nos cœurs un charmant tableau.
Geneviève Bailly |
|
Souvenirs, souvenirs |
|
|
|
J'ai ouvert mon coffre à souvenirs de bois Remplis d'un vieux pneu qui était à moi avant Une belle balançoire que j'avais, enfant Elle m'a procuré de la douleur, plus d'une fois
De vieilles photos qui ont grisé dans le temps On y voit mon chien et mes amis de la ville En campagne maintenant je vis tout tranquille J'y retrouve mes vieux jouets cassés d'antan
Quelques posters de mes chanteurs si beaux avant Une ancienne robe que je portais bébé Que de souvenirs que je n'ai pas effacés Un pull de maman qui me berçait tendrement
Des contes de fées auxquels petit je croyais Maintenant que j'ai trouvé mon unique amour J'aimerais tellement qu'il dure pour toujours Un bonnet Père Noël qui m'a fait pleurer
C'est si beau et tendre les longs souvenirs non ? Je ne m'en séparerais pour rien au monde Laissez-moi les contempler encore une seconde Je regarde tout ça avec de l'attention.
Julien Bury |
|
Nouveau printemps |
|
|
|
Avril ôte son dernier fil Et tire bas sa révérence. Mai à mi mots a mis, subtil, Les trilles de son éloquence ; Et les voiles vertes du vent Portent loin le vernal message De tant de bonheur connivent... L'Amour babille à chaque étage.
Vois, ci, le temps de l'essentiel : Les fiancés refont le monde En un goût délicat de miel Et de libertine faconde. Le jour a dépassé la nuit : C'en est fini des mornes lunes Qui caressaient notre réduit De ces lueurs inopportunes.
La viorne orne le chemin ; Alléluia pour la lumière Et l'arôme amer du ormin Qui réjouit la cuisinière ! L'aujourd'hui bat comme un sou neuf. Faut-il interroger l'oracle, Qui de la poule et qui de
l'œuf... ? La vie est là et c'est miracle.
Jean-François Sautière |
|
Merveilleuse nature |
|
|
|
Je te fais mes adieux, merveilleuse et sublime nature. Seringat, lilas, muguet, roses écloses. Ce nectar de parfums, sous ce ciel si pur, Tu me l'offrais, tous les ans, sans échange, ni pose.
Rossignols, mésanges, vos chants mélodieux, Me réveillaient les matins aux premières aurores. Vous clamiez votre liberté, de ce concert amoureux. Votre symphonie achevée, vous preniez votre essor.
Avril, de ce regard ébloui, je contemplais ton œuvre. Le renouveau de la vie, de cette terre si féconde. Cerisiers, pommiers en fleurs, en étaient la preuve. Tout de blanc vêtus, aux premières lueurs du monde.
Citadins, sortez de vos villes dortoirs. De vos tours aux multiples étages. Aux volets clos, aux fenêtres double vitrage. Votre horizon est noir, rempli de désespoir.
Nature, ces privilèges de l'odorat, de l’ouïe, des yeux. Tu les donnes, à qui veut bien les prendre. Ne pas en profiter c'est ne pas comprendre Que tu es le plus beau cadeau de Dieu. Bernard Simon |
|
Femmes du quotidien |
|
|
|
Dédié
à toutes celles qui, broyées par la perte brutale de leur emploi, rament,
rament, pour garder leur dignité. Femmes du quotidien
Maîtresses du pain Roses des maisons
Mères courage Et femmes vendues Pleines de rage Maudissent l'intrus
Piétas de larmes Souvent déçues Prennent les armes Et sont battues
Je pense à vous Femmes du Nord Je pleure avec vous De tout cœur. Marie Antoinette Labbe |
|
La palette du mystère |
|
|
|
A papillon et de l'âme I fleur d'étoiles Tous
deux polis par l'écaille des voiles Chantent
sur la mer le voyage de l'amour E processionnaire du corps où se heurte la lumière Pique
H nuance le plumage d'une nue singulière Avec
S musique baptisé par l'iode des tambours
V concerne la naissance hallucinée de l'éclair Emblème
trop fantôme qui boîte et qui erre Z tout espace plonge la zibeline au bruit Le
marbre un sonnet comme le sexe pour la nuit O couleur sang matériel parfum de mon cœur idéal La
voyelle du poète sonne le rêve abyssal U ubiquiste n'a d'ailleurs que le vert Blanc
de feu noir alchimique la palette du mystère.
Saint-Hesbaye |
|
Alors… |
|
|
|
Raconte-moi encore les nuages pensants qui passent
tout là-haut Dessine-moi la lumière exubérante qui joue dans les
nuages trop sages Ecris-moi la chanson du vent mutin qui court dans la
lumière dansante Dis-moi encore les parfums boisés qui s’éparpillent
dans le vent chahuteur Décris-moi le sourire malicieux des étoiles qui
s’accrochent à tes montagnes Explique-moi la lumière dissimulée dans les grains
de poussière Confie-moi si tu le veux les mots gris qui s’évadent
en pluie de ta plume soumise Et qui viennent pleurer, déchirés, désemparés, sur
ta feuille chagrin Alors je tairai mes sottes jérémiades pour t’écouter
dans le silence des étoiles Alors j’oublierai mes plus lointaines peurs et la
nuit me sera plus douce Alors s’en ira ma colère dans le gris des nuages,
portée par quelque chimère Alors je sentirai la caresse du vent et j’apprendrai
de nouveau à sourire Alors j’essaierai de croire à d’autres mondes plus
beaux, Ceux qu’on ne voit pas avec nos yeux Ceux qui sont cachés dans la poussière de notre
esprit Alors plus rien n’aura d’importance que cette douce
complicité Tissée de mots entremêlés.
Thérèse Leroy 19/09/2012 |
|
Écrire dix fées ramant |
|
|
|
Le
voleur s'est fait prendre bêtement : en mettant son butin dans
l'urne ! Le
cheval du croquemort avait le mort aux dents ! Ne
pas jeter l'eau propre sur la banque ! Coureur
professionnel, il gagna plusieurs étaples, dont celle d'Etaples sur Mer. Il
possédait sur son bateau un vieux poste à galère ! Sportif
comme moi, un vrai frère : mon haltère-égo. De
fille en anguille, il devint un grand pêcheur. Après
une nuit blanche, il se présenta : la mine des fêtes ! Le
congrès des marins-pêcheurs se tiendra au Palais des Congrès !
Brillante
cavalière, elle gagna le concours de trop ! Les
oiseaux mi-gratteurs survolent l'Aquitaine. PASSE-PORC
POUR L'ABATTOIR Jeune
éléphant : éléphant-tôt ! C'était
un enfant très beau : il avait perdu ses dents de laid. Méfions-nous
des fourmis zélées. Le
légionnaire sentait le sabre chaud.
Hertia
May |
|
AMOUREUSE |
|
|
|
Emmène-moi les yeux mi-clos Telle une femme seulement amoureuse, Vers le septième ciel tout là-haut, Pour cette extase voluptueuse. Emmène-moi le coeur serein, Presque sans rien me dire. Emmène-moi vite et très loin, Là où ton coeur doit me suffire.
Vers tout ce pays bleu Où depuis toujours et naguère S’en vont ainsi les amoureux. Emporte-moi à tout jamais, Sans un répit, sans un regret, Pour tous les jours meilleurs, Que m’a donnés ainsi ton coeur. Albert JOCAILLE |
|
Cyrille et les petites souris |
|
|
|
L'été se terminait, les feuilles jaunissaient doucement, annonçant le début de l'automne. Bien que le soleil fût encore chaud, maman souris qui, avec sa famille, avait passé toute la belle saison dans une grange, déclara un beau matin : « Mes enfants, dans
notre petit paradis, nous allons bientôt grelotter ! Et mourir de
faim ! Ce soir nous essayerons de rentrer dans la maison des hommes.
J'ai déjà repéré le coin idéal, tranquille, chaud, et confortable, où nous
pourrons trouver de quoi grignoter tout l'hiver ! » Dès qu'arriva la tombée de la nuit, maman souris rassembla sa petite famille. « Voilà ! dit-elle. Nous sommes à présent au
complet, écoutez-moi bien ! Le moment est venu de nous en aller.
Sachez que notre entreprise n'est pas sans danger, surtout suivez-moi !
Faites exactement comme moi ! ». Apeurées, les petites souris couraient derrière leur maman qui, prudemment, se faufilait de pierre en pierre, se dissimulant parfois sous une grosse touffe d'herbe, inspectant comme un général son régiment. Finalement, tout ce petit monde arriva et entra dans la maison de Cyrille par la porte de la cuisine qui était restée grand ouverte. Puis chacun fila se cacher derrière le placard de l'évier. Ce soir-là les petites souris se sentant déjà chez elle, fatiguées, s'endormirent et ne bougèrent de la nuit. Le lendemain matin, maman souris qui connaissait les dangers qu'elles encouraient, les empêcha de sortir. Sans cesse elle devait les gronder, car les petites souris qui avaient mené tout l'été une vie joyeuse, ne comprenaient pas que le jour, elles devaient désormais rester cachées. « Nous avons de plus en plus faim,
gémissaient-elles ! On s'ennuie ici et nous avons envie d'aller faire
un petit tour ! » « Ne faites pas cela, petites malheureuses ! Attendez que la nuit soit venue ! » s'écria maman souris très inquiète. Soudain, profitant d'un moment d'inattention de leur mère, elles sortirent de leur cachette, traversèrent la cuisine d'un bout à l'autre, à la recherche d'un peu de nourriture. Ce matin-là en se levant pour aller en classe, le petit Cyrille à moitié éveillé sursauta, poussa un cri d'horreur, frotta ses yeux ronds d'étonnement, apercevant les souris imprudentes qui sur la table grignotaient le pain. Surprises et affolées, elles se sauvèrent en tous sens puis disparurent en vitesse. Depuis, chacun dans la maison entendait des grattements ou voyait les souris qui, infatigables la nuit, se promenaient partout, s'amusaient, dansaient, grignotaient les papiers faisant un vacarme invraisemblable. Mais un matin, la situation s'aggrava, lorsque l'une d'elles mordit Cyrille à l'oreille ; celui-ci réveillé en sursaut, sortant du lit, s'écria très en colère. « Cette fois c'en est trop ! Désormais je vais leur faire la guerre ! »
Soudain Cyrille se souvint avoir vu son grand-père les attraper avec des tapettes : vite il courut les lui emprunter. Désormais tous les soirs, il les installait un peu partout dans la maison. Mais les petites souris très malignes, averties par leur maman, dédaignaient les petits bouts de fromage qu'il leur offrait comme appât. Il arriva qu'un jour Cyrille perdit une dent avant de s'endormir, il la plaça sous son oreiller, en espérant que pendant la nuit, les petites souris viendraient la chercher, lui apportant un cadeau. Il dormait profondément quand soudain il fut réveillé par les petits cris des souris, en grande conversation sur son lit. Avec une stupeur indignée, il s'écria : « Ah ça alors, vous ne croyez pas que vous exagérez un peu, ma parole vous êtes des envahisseurs ! »
Pourquoi ne restez-vous pas dehors ! » Les petites souris répondirent alors : « Mais l'hiver nous ne pouvons ! Il fait trop froid ! Aussi nous habitons la maison des hommes. Nous sommes très gentilles, tu sais ! Et si tu nous fais la guerre, qui t’apportera un cadeau ? » Assis sur son lit, Cyrille pâlit soudain, fronça les sourcils, se gratta la tête, il était mal à l'aise. « C'est vrai ! dit-il. Si je les tue, qui m'apportera un cadeau ! » Alors estimant qu'il avait eu tort d'être aussi cruel avec elles, il se glissa sans bruit hors de son lit, chercha à tâtons ses pantoufles, les enfila, ouvrit doucement la porte de sa chambre, descendit silencieusement les escaliers. Arrivé au rez-de-chaussée, il sauta de joie, aucune d'elles ne s'était laissée prendre. Alors enlevant toutes les tapettes, il les enferma dans un placard, puis soulagé, alla se recoucher. Le lendemain matin en s'éveillant, tout heureux il trouva sous son oreiller, le plus beau présent que les petites souris pouvaient lui apporter, et qui leur avait coûté toute la nuit tant d'efforts : Une magnifique pomme rouge.
Jeanne Fourmaux Honnechy |
|
Merveilleuse Aubade |
|
|
|
Dans l'air pur et calme du matin, De jolis chants s'élèvent soudain... La nature doucement s'éveille Par de beaux ramages sans pareils : Pépiements, gazouillis joyeux Augurant un jour heureux Bientôt suivis avec ardeur Par un charmant et invisible chœur... Tourterelles, pinsons, hiboux, Même un gentil coucou... Puis, moqueurs, les merles À leur tour lancent leurs ritournelles. Quelques coqs aux alentours Se répondent tour à tour Mêlant fiers et arrogants, leurs cris Dans ce joyeux charivari... Nous rappelant impérativement Que, de se lever, bientôt il sera temps. D'exister ils chantent le bonheur Joli concert au Suprême créateur De ce cadeau offert ainsi... Merci... Anne Marie Ioos |
|
Page
27 |
Les Arbres
J’ai vu pleurer un saule, planté dans
une rivière sans eau. Il ne trouve pas d’épaule pour se croire un peu fier..
Il ne sait plus comment faire le beau... J’ai vu pleurer un saule, les
branches ballantes sans espoir de glisser dans l’onde disparue. Il n’est que
le vent pour l’effeuiller et faire sécher sa mélancolie persistante. Il éclate
pourtant ses perles précieuses, ces pépites salées encore chaudes sur
quelques pierres... J’ai vu pleurer un chêne. Il regarde
ses racines blanchies plus hautes que sa cime. Il gît défait par le temps
déchaîné. Il meurt en rupture de la terre... J’ai vu pleurer un chêne tout au
fond de la forêt et les animaux silencieux font une ronde pour l’assister,
pour lui faire compagnie. Les glands inutiles s’écrasent et se cassent sur
les pierres ennemies... J’ai vu pleurer un charme, tout au bout
d’un sentier, tout au bout de ses larmes. Le charme se meurt dans quelques
fougères audacieuses de voir son malheur en forme de bûcher à venir. J’ai vu
pleurer un charme sans avenir, sans plus croire à ses armes qui tombent sur
les pierres envahissantes... J’ai vu pleurer un sapin quand, au
loin, ont retenti les cris des tronçonneuses perfides. La sève coule son
malheur dans l’écorce apeurée. J’ai vu pleurer un sapin écœuré, sans le
manteau de la neige pour le cacher des intrus au cœur de pierre... J’ai vu pleurer un grand peuplier,
secoué par le vent du nord, secoué par tant d’années d’ombre fidèle pour
l’orée de son champ, pour quelques chevreuils habitués à se caresser contre
ce tronc fatigué. J’ai vu pleurer un grand peuplier et laisser tomber ses
feuilles jaunies dans l’été sournois, celui qui réchauffe les pierres... J’ai vu pleurer un vieux platane, plus
vieux que les vieillards dégoulinant du banc sous sa fraîcheur centenaire...
Il craque de tant d’années au service des humains envahissants... J’ai vu pleurer
un vieux platane et les nids se vident de leurs petits oiseaux devenus
migrateurs, sans perchoir, pour des constructions trop droites, pour des
pierres organisées... J’ai vu pleurer un bouleau, au fond
d’un jardin *décimé, sans une pie à l’œil brillant, taquine, pour l’égayer.
J’ai vu pleurer un bouleau, sans travail, orphelin de ses deux frères
découpés, les voir partir en fumée, pour les besoins de la cheminée de
pierre... J’ai vu pleurer un acacia arraché d’une
haie d’hortensias parce qu’il gêne la vue, parce qu’il ne pousse pas droit,
parce que des tourterelles s’aimaient dans ses fleurs de miel au printemps.
J’ai vu pleurer un acacia sans désir et sans rien maudire ; il s’offre
cent mille feuilles à frémir, pour partir en feu d’artifice, pour laisser la
place à l’édifice en pierres... J’ai vu pleurer un bon laurier. Le
temps le met à sa sauce et l’accommode à son assiduité agressive ; il
parfume encore son jardin et j’aimais croquer dans ces feuilles et retenir ce
goût tellement intact dans ma bouche reconnaissante de souvenirs en
couleurs... J’ai vu pleurer un bon laurier parce qu’il empiète sur la route
et ses racines… déracinent les mauvaises pierres... J’ai vu pleurer un jeune cèdre qui
tombait ses fruits mûrs en pin dans l’abri de la belle pelouse organisée pour
les jeux des petits enfants. J’ai vu pleurer un jeune cèdre, débité en
quelques tronçons anonymes, écartelé comme un quelconque malfaisant, une
mauvaise herbe grimpante, un chiendent enragé, pour ennuyer les pierres... J’ai vu pleurer un cerisier, orphelin
de cerises, devenu inutile même avec toutes ses fleurs odorantes ; et
ses pétales peuvent bien s’envoler au vent et se coller sur des cheveux et
s’en faire une coiffure pour Belles… J’ai vu pleurer un cerisier fatigué et sa
balançoire ne se balance plus. Il ne lui reste que les marques de cordes de
cette pendue de rires, en souvenir de ses enfants tellement vivants devenus
grands, devenus bâtisseurs de maisons de pierres… J’ai vu pleurer un châtaignier, trop
jeune de ses quelques automnes pour offrir ses fruits aux promeneurs. J’ai vu
pleurer un châtaignier, conscient de son destin de planches pour quelque
humain de trop longtemps, pour l’habiller du dernier costume et le faire
dormir sous la pierre... J’ai vu pleurer un merisier, certain de
son avenir de mobilier, se faire tiroir pour secrétaire, porte pour armoire
sans glace un jour d’été, se sentir copeau, se sentir coupable ne n’avoir que
pousser pour être beau et décapité pour être aux mesures.. J’ai vu pleurer un
merisier aux racines impuissantes, aux branches implorantes, aux senteurs
odorantes sans le pouvoir d’attendrir les scies dévorantes aiguisées à la
pierre... J’ai vu pleurer ce petit arbre, dont le
nom importe peu, encore en vigueur, encore en fleur, finir agrafé dans une
vilaine cagette, pour aider à quelques emplettes. J’ai vu pleurer ce petit
arbre, partir en sciures, en épluchures, pour faire du papier, pour faire des
bûches et des étais, pour poète désabusé, pour réchauffer l’hiver et construire
ce mur de pierres… J’ai vu pleurer la forêt accablée et
les flammes horribles venir la lécher avec le plaisir de leur crépitement de
meurtrières. Dans la cendre incandescente, noircie, assassinée, elle tend ses
vestiges fumants au ciel, en vaines prières ravagées... J’ai vu pleurer la
forêt dévastée et maintenant, poussent les pierres... *Sans la cime... Pascal Dupont Romans sur Isère - 09/10/2007 |
|
Ma maison et mon
jardin |
|
|
|
Ma maison est blanche Gaie et souriante Par toutes les fenêtres Le soleil y pénètre. Autour il y a des arbres Des oiseaux de tous les plumages J'aime à les entendre Chanter tous ensemble. Dans le jardin il y a des fleurs De toutes les couleurs Les roses je les préfère Car elles sont les plus belles. Dans le potager parmi les légumes Il y a Margot la tortue Traînant sa carapace Elle mange de la salade. Le verger est plein de fruits Que le soleil vient mûrir Je savoure très gourmande Leur chair à pleines dents. Un ruisselet coule Et dans son eau si douce Parmi les roseaux Coassent les crapauds. Il y a la basse-cour Dont je m'occupe chaque jour Mon chien, mon chat Qui font toute ma joie. Quand vient la nuit Tout s'est endormi La lune est là qui me regarde Et je lui dis bonsoir. Jeanne Fourmaux Honnechy |
|
Les pourceaux |
|
|
|
Lorsque les porcelets arrivent à la lumière,
les oreilles collées contre leur corps trempé ; sitôt qu'ils ont cassé le cordon nourricier, qu'ils se sont échoués ; maladroits et tremblants, ils s'en vont vers leur mère étendue sur le flanc. Ils fouillent de leur museau le ventre généreux, les mamelles gonflées, comme s'ils voulaient rentrer, retrouver la chaleur qu'ils viennent de quitter. Et quand ils ont trouvé le trayon bienheureux ils s'accrochent, farouches, à leur portion de pis, défendant âprement cette source de vie ; groin contre groin, déchirant leurs babines, ils vont lutter longtemps pour la meilleure tétine. Ils vont lutter ainsi lors de chaque tétée, à longs cris suraigus, pour prendre ou protester, les plus gros imposant leur force et leur désir devenant chaque jour, plus ardents et plus forts tandis que les culots voient leurs poils se ternir, se dessiner leurs côtes, et bien souvent la mort.
Et ainsi font les hommes, comme font les pourceaux ; chacun, sur cette Terre, vise toujours plus haut, chacun veut s'enrichir, améliorer sa vie, sans souci du dommage qu'il peut faire à autrui. La vie est un combat, le monde est une arène où triomphe l'argent, l'intrigue est souveraine. Les uns boivent à longs traits aux mamelles du monde, d'autres font de la faim une éternelle ronde. Il est pourtant un mot pour nous tracer la route, un mot qui, chaque instant, mérite qu'on l'écoute un mot comme un espoir, un emblème, un repère un mot qu'on doit semer dessus la Terre entière qui rimera toujours avec la liberté, un mot pour nous aimer, un mot : Fraternité.
J'avais promis, au Basket-Club, un porcelet pour sa tombola. Le
gagnant François Dallosto est venu me
l'annoncer : une truie était en train de mettre bas. En voyant les
porcelets se disputer les tétines, François a dit « Les hommes, c'est
pareil ! ». J'ai décrit, je pense, très justement, cette mise au
monde. Marcel Lesage |
|
Gazette EMMA |
|
|
|
|
|
Jolie pierre de lune |
|
|
|
Ici, les terres propices à la culture vivent en bonne intelligence avec celles où croît une végétation qui n'a pas à se soucier, pour subsister, de la main de l'homme. Ici, on ressent l'omniprésence des dieux. Dans les vallées ouvertes comme dans les plaines, Bacchus peaufine les grappes nées sur les vignobles que nourrit une terre qui présente les colorations à la fois robustes et transparentes du raisin et du vin. Les collines s'empourprent de leurs bois touffus et verts que les beaux soirs d'été revêtent de silence, où septembre gémit, courbé sous les rafales du mistral, ce mistral capable, dit-on, d'arracher les oreilles d'un âne ; dans les plaines les épis dodelinent dans l'attente des moissons ; les calvaires, plantés aux carrefours, agonisent sous la rouille qui les ronge ; les chers visages des vieilles sont l'âme des maisons basses aux toits d'ocre ; les grands bahuts de bois dur que des mains travailleuses ont remplis de linge immaculé paraissent fiers de la mission qui leur a été dévolue ; les buffets rustiques centenaires d'où émanent des senteurs de lavande, de miel, de thym et de fruits mûrs... tout cela, c'est la Provence, celle du pays de Grasse. Ah oui ! Ce sont de véritables Champs-Elysées où, si l'on y prête l'oreille, au crépuscule, flotte dans l'éther de l'arrière-pays provençal, l'ineffable air de flûte qui, dans l' « Orphée » de Glück, fait danser les « Ombres heureuses » ; ces notes piquées qui voltigent dans cette atmosphère merveilleusement odoriférante ; cet air qui est comme la voix du paysage. Une voix qui invite au bonheur. Qui s'impose au point de nous retenir par nos basques pour ne plus le quitter. Ce paysage sans serpent, sans fruit défendu, je l'ai serti dans mon cœur. Là, étant jeune, je me suis improvisé une existence chimérique, remplie d'aventures, persuadé que je les vivrais plus tard. Je crois bien qu'ici j'ai pris la résolution, à jamais, de refuser le monde des adultes... même si je lui appartiens. C'était l'automne. Les collines avaient jauni. Les chatons d'or des grands trembles se détachaient l'un après l'autre, méthodiquement, descendaient vers la terre comme les larmes de ces derniers beaux jours. Sous les oliviers au cliquetis métallique de Minerve et les amandiers de Vertumne, Flore déployait profusément ses tapis et ses manteaux. Flore ? Pour moi elle était la déesse des fleurs, camaïeu de glycine, mimosas, de rose et de mauve... On s'est regardés comme on se regarde au début d'une belle histoire. Une histoire dont on ignore tout. « La réalité ne se forme que dans la mémoire », pensait Heidegger. Flore, elle fut ma réalité, dans mes yeux et dans mon cœur. Toujours présente dans ma mémoire. Jolie, naturelle : une de ces filles de la Provence telles que le Parisien que j'étais se les imaginait : silhouette déliée et familière. Adorable. Elle rayonnait. Pas seulement belle, mais belle pour quelqu'un, me semblait-il, car on ne peut l'être autant sans cela. Sans un mot, elle me montra une bâtisse accrochée au flanc de la colline, émergeant d'une clairière. C'était un mas construit en pierre de pays auquel plusieurs siècles de vent et de soleil avaient donné une couleur qui tenait du miel et du gris léger. Elle ouvrit la barrière, m'invita à la suivre. Le jardin paraissait macérer dans la lumière recueillie pendant la journée. Je m'arrêtai pour observer la mer qui s'étendait à perte de vue jusqu'aux rives lointaines de l'Afrique. -Allons, venez ! me dit-elle en se retournant, se faisant insistante. J'hésitai, m'interrogeant sur ce que pouvait bien cacher cette invitation. Lui inspirai-je une telle confiance pour qu'elle ne se méfiât pas de moi, un inconnu ? Dans le silence, j'entendis le battement régulier d'une comtoise. - Comme tout est simple quand on n'a pas besoin de parler pour se faire comprendre ! murmura-t-elle enfin en dénouant ses cheveux noirs qui croulèrent sur ses épaules dorées. - Vous... vous êtes vraiment belle, très belle... - Vous
n'êtes pas le premier à me le dire ! répliqua-t-elle vivement. Si
je l'étais vraiment, c'est à Dame Nature que je le devrais ! Elle allait et venait, plaça les fleurs dans un vase, cueillies sur les talus et dans les champs. Devant la cheminée, un basset nous regardait, la tête penchée, avec un air à la fois romantique et perplexe. Tous trois nous échangions nos silences. Tout à coup mes interrogations s'envolèrent et je respirais profondément, comme soulagé, sans crainte. Pour dire quelque chose, je m'informai de son prénom. - Vanessa !
Cela vous convient-il ? S'il vous plaît ne me questionnez plus : je
suis ce que je vois... en tout cas seulement au moment où je vois
vraiment ! Je nais d'un instant à l'autre à une réalité personnelle qui
s'ouvre sur une autre, plus grande, plus mystérieuse. Je considère en effet
que l'instant d'après ceci ne sera plus vrai... - Dites-moi alors si vous me voyez, réellement... pour me faire prendre conscience de ma réalité en votre présence, car j'ai l'impression de vivre un rêve auprès d'une fée de mes jeunes années. - Sur la
route je pensais à vous, tel que vous m'êtes apparue, sortant de vos pensées.
Alors je me suis dit que nous allions fêter Monsieur Hasard, ou la bonne
fortune, qui nous a placés sur cette même route, pour que nous nous
rencontrions. Les fêter, mais aussi pour glorifier notre élévation vers la
Source de jouvence, les sphères des merveilles, les vergers de la joie où les
voluptés seront intentions prodigieuses, paroles affectueuses, trésor
retrouvé... Aimer et être aimés... - Aimer
et être aimés ? N'est-ce pas miraculeux lorsque cela se produit en même
temps, la joie d'une jouissance totale ? La manière de n'être pas seul
dans sa peau où il y a nous et tout ce que les autres y ont mis ? - Cher
inconnu, l'amour, c'est l'exception. En son ciel vibrent des nuances de
mauve, de rose et d'ambre. Regardez : au-dessus de la mer, cette étoile
solitaire qui scintille... Tout est paisible. Nous la verrons jusqu'à l'aube
lorsque ses nuances pâles s'affirmeront sur les collines avec le lever du
jour. Alors l'étoile -notre étoile- s'évanouira et le soleil arrivera... ce
sera grandiose ! Il envahira le ciel et la terre et nos cœurs, les
sortant de leur torpeur. Eh bé, il en est ainsi de l'amour ! En cet automne Vanessa et moi observions, épaule contre épaule, les volutes de brume de mer, le vol gracieux d'un rapace planant très haut. Un soleil timide réchauffait notre visage. Captivés par la lumière du jour naissant, nous nous attardâmes dans nos silences. Elle m'adressa un sourire. Un sourire comme ça, qui déborda d'elle tandis qu'un petit vent fit faseyer sa robe. Ses yeux volèrent sans savoir où se poser. Vanessa appuya sa tête sur mon épaule. Sa voix me parvint, immatérielle. - L'amour... une pierre de lune, telles celles qu'on ramasse ici, portant, gravées sur leur cœur les branches de l'Etoile de Bethléem qui, dit-on, s'est attardée au-dessus de la Provence lors de son périple autour de la Terre pour annoncer la naissance de Notre-Seigneur Jésus. Être aimée ? poursuivit-elle.. Je m'en persuade... avant même que mon histoire d'amour ait débuté. Les débuts d'un amour n'en sont-ils pas les plus beaux moments ? - Les
débuts de l'amour, un amour dont on repousse les limites pour le rendre
éternel ?... Vanessa -à travers son refus de se détacher de notre rencontre éphémère- montra son désir profond de rester jeune à jamais, de ne pas déchoir par le quotidien. Narcissique ? Sans doute quelque peu, aimant l'amour, s'aimant dans l'aura d'un tel amour. Vanessa ? En tout cas j'ai conscience, avec le recul, d'avoir créé de toutes pièces mon beau roman d'amour qui me fit m'attacher à la Provence qu'elle incarnait à mes yeux... Vanessa, la fée de mes jeunes années qui ne mourra jamais dans mes rêves, tout comme Mireille, Mignon... ces héroïnes que d'autres ont immortalisées. Des histoires sans fin, jamais remises en cause sous les coups de boutoir de la vie, par l'âge. Un conte, peut-être, qui me protège contre ce que je refuse d'admettre : nous mourrons tous un jour : Ça, c'est une certitude ! Ma fée Vanessa m'aide, m'aidera à repousser cette certitude ; même si nous possédons tous le fantasme de l'éternité. L'éternité de là-haut, au Ciel où, j'en suis persuadé... je retrouverai Vanessa, ma jolie pierre de lune pour toujours marquée du sceau de l'Etoile de Noël. Dans cette attente, mon rêve me maintient dans le réel... Je ne suis pas retourné du côté d'Aiglun par crainte de revoir les collines, vides, orphelines de Vanessa, celle qui illumina ma jeunesse... Il m'arrive encore de prêter l'oreille : il me semble alors déceler le bruit de sa respiration que j'entends dans ses phrases, déçu de ne la voir jamais surgir, me sauter au cou en me lançant un « je t'aime » rempli de lumière, de jeunesse et d'avenir heureux. Tout de même, tant qu'à vivre, j'aimerais bien que quelque chose se produise, que Vanessa... Ah jeunesse ! N'est-elle pas « une fraction de folie » selon un proverbe arabe ?
André-Pierre Roussel |
|
Un monde imaginaire |
|
|
|
Mon prénom est Louise, mon nom est
DUCEAU. Je suis âgée de dix-sept ans et demi, mon anniversaire est dans deux
mois. J’attends la majorité avec impatience. Mon cadeau le plus espéré est la
liberté. La liberté de mes choix, la liberté de m’exprimer plus facilement, la
liberté de mes sentiments et la liberté de montrer ma personnalité, être
moi-même. Mon rêve le plus cher, c’est mon monde imaginaire. Ce monde que je
m’imagine depuis la perte de ma famille dans un accident de voiture, c’est
une sorte de refuge. Mon grand frère perdu, celui qui me manque le plus,
m’accompagne souvent dans mes rêves et dans ma vie quotidienne. Et puis même
si mes parents n’étaient pas souvent avec nous à cause de leur travail, ils
me manquent tout autant, même s’ils ne sont pas présents comme mon frère. Ce monde, celui où une route nous mène
à plusieurs voies, plusieurs choix, sans jamais aucun impact négatif sur
notre vie, sur nos désirs. Dans mon monde, tout est couvert de verdure et
d’ensoleillement sans aucun nuage dans le ciel. Lorsque l’on regarde vers le
haut, tout est bleu azur. Tout le monde est en accord, personne n’est
différent intellectuellement. La mort est toujours naturelle, il n’y a pas
besoin de justice puisque personne ne commet jamais de fautes plus ou moins
importantes. Nous pouvons retrouver nos êtres tant aimés, qui ne sont plus
parmi nous rationnellement, grâce à une porte qui nous mène, elle, dans cette
salle où tous les défunts dansent, chantent, rient et nous accueillent avec
tant de joie. Ils nous ramènent en dehors de cette salle pour arriver dans un
champ magique, d’herbe rose, parsemé de fleurs aux couleurs de l’arc-en-ciel
avec, sortant de celles-ci, des étincelles brillant de mille feux. Quand on y
entre, on se sent bien, toutes nos frayeurs s’échappent, on sent une arrivée
de bonheur immense, une liberté inexplicable, une joie de vivre insensée et
une poussée d’adrénaline. On peut rester dans cet endroit indéfiniment. Quand
nous sortons, nous arrivons près d’une rivière. Celle-ci coule vers l’infini
et semble ne jamais s’arrêter. Le son de l’eau qui se fracasse sur les bords,
parvient à nos oreilles et nous procure une sensation de détente dans tout le
corps. Pour revenir à la réalité, il faut longer cette rivière et aller à
cette porte, présente devant nous, décorée de façon à nous rappeler que ce
monde est magnifique. Celle-ci est magique, elle nous remontre les images des
moments passés dans ce monde. Cette nuit-là, je m’endormais
paisiblement, quand je fus réveillée en sursaut à cause d’un bruit. Pieds nus,
je me levai pour sortir de ma chambre, quand je traversai cette séparation,
je sentis un changement de sensation extrême, de mon carrelage à quelque
chose de doux. Je baissai les yeux et vis un chemin d’étoiles multicolores.
Devant, s’ouvrait un chemin à plusieurs voies. Dans une des directions, je
vis du brouillard avec la tête de mon frère à travers celui-ci. Je décidai de
partir dans cette direction. En suivant ce brouillard, j’arrivai à une porte
qui m’était totalement inconnue. En entrant, je vis mon frère, souriant,
assis sur un banc, avec l’air de m’attendre. La joie et l’incompréhension se
mélangèrent dans tout mon être, et je me mis à courir vers lui pour le
prendre dans mes bras. Il me sortit de cette salle pour arriver dans un champ
d’herbe rose. Nous nous allongeâmes par terre et nous discutâmes. Il me
raconta qu’il veillait sur moi depuis l’accident et qu’il était très fier de
la personne que j’étais devenue. Cela faisait près de quatre heures que nous
discutions de tous les évènements passés depuis l’accident quand vint l’heure
de se quitter. Cela me paraissait impossible, j’étais si bien à ses côtés.
Mes larmes se mirent à couler toutes seules. Mais je finis par partir après
avoir traversé le champ d’herbe rose. Je longeai une rivière et arrivai à une
porte et vis des images de l’après-midi passé avec mon frère. En revoyant ces
images, plusieurs émotions surgirent : la tristesse, la joie, le
bonheur, l’amour m’assommèrent d’un coup. Revoir mon frère était le plus beau
souvenir de toute ma vie. Je me réveillai, allongée dans mon lit, et toute
cette histoire n’était qu’un rêve. Un an plus tard, après avoir passé ces
trois cent soixante-cinq jours, ce mémorable rêve revint à la même heure, au
même moment et toujours avec mon frère. Cela se reproduisit exactement de la
même façon, chaque année, le même jour, à la même heure, toujours avec mon
frère dans ce champ d’herbe rose et cela jusqu’à la fin de mes jours. Emilie Leduc Lycée
Polyvalent J.M. Jacquard 59 CAUDRY |
|
Mon père, mon volcan |
|
|
|
À mes douze ans, j’appris le décès de
mon père… Une épreuve difficile car j’étais encore très jeune. J’ai toujours
désiré connaître les causes de sa mort, mais même ma mère restait dans
l’ignorance. Elle avait simplement été informée par la morgue que son corps
avait été retrouvé dans une rivière. À ma majorité, je débutai mes recherches
et je pus découvrir très rapidement la passion que mon père avait pour les
volcans. Une passion dont j’avais toujours ignoré l’existence. Mon père
s’était intéressé plus particulièrement au volcan du Tambora qui est situé à
l’est de l’archipel Indonésien. Je décidai donc de m’y rendre, en espérant
trouver là-bas quelques indices me permettant de découvrir les causes de la
mort de mon père. Je fis mes bagages rapidement. J’emportai une tenue de
rechange, de la nourriture et de l’eau pour deux semaines car la route serait
longue. Je pris ensuite la route. En approchant de mon lieu de destination,
une vieille dame, qui connaissait mes intentions de me rendre au volcan, vint
m’aborder pour m’implorer de ne pas m’y aventurer : « Je vous en supplie jeune
homme ! Vous périrez en vous y rendant. Faites-moi confiance et sauvez
votre vie ! » m’avait-elle dit. Mais j’avais un but bien précis et je
voulais découvrir la vérité. L’avertissement de la vieille dame éveilla
encore plus mon sentiment de curiosité. Je décidai donc tout de même de me
rendre au volcan. Sur le chemin, je pensais toujours à cette vieille dame, à
son inquiétude vis-à-vis du volcan. Beaucoup de questions me venaient à
l’esprit. Comment connaissait-elle ma destination ? Pourquoi était-elle
si inquiète ? Qu’est-ce qui pouvait susciter un tel sentiment de peur
sur ce volcan ? Je continuais ma route dans l’anxiété, l’inquiétude et
la peur. Quelques jours plus tard, j’arrivais
en face du volcan, il était tellement impressionnant ! L’aridité de cet
endroit était étouffante. Seule une rivière se trouvait à proximité de cette
imposante montagne. Je commençai donc à escalader en espérant atteindre le
sommet assez rapidement. Et, au fur et à mesure, j’entendis des cris
stridents ! Je pus également distinguer des ombres ! Tout cela
m’effrayait. Quelque chose me blessa, je me mis à saigner. Et les cris, dont
la vitesse était devenue si rapide, devenaient oppressants, étourdissants,
suffocants ! Tout devenait de plus en plus compliqué. Je réussis tout de
même à atteindre le sommet de ce volcan bien mystérieux. Je pus entrevoir mon
père, je l’appelai, je criais son nom mais rien ne fonctionnait. Je
découvris, après plusieurs tentatives, qu’il ne s’agissait que de son esprit
et qu’il ne m’entendait pas et ne me voyait pas. Son corps avait été projeté
jusqu’à la rivière et porté près de chez nous. C’est incompréhensible ! Comment
est-ce possible ?! Les jours passent, je manque de nourriture et je suis
blessé. Je ne peux pas m’en sortir et c’est impossible de redescendre !
C’est pourquoi je vous écris cette lettre du sommet du volcan du Tambora…
L’endroit où je compte finir mes jours. Adieu. John,
19 ans
Valentine Rouanet
Lycée
Polyvalent J.M. Jacquard 59 CAUDRY |
![]()
|
JEUX DE MOTS |
|
|
|
J’ai postulé pour travailler dans un pressing et ils
m’ont dit de repasser demain. Je ne sais pas comment le prendre. Mieux vaut être une vraie croyante qu’une fausse
septique. Il est impossible de faire 1 000 pompes par
jour… sauf si vous êtes un enfant chinois dans une usine Nike. Une lesbienne qui n’a pas de seins, c’est une homo
plate ? Jésus-Christ est un exemple pour tous : même en
mauvaise posture, il n’a jamais baissé les bras. Le problème au moyen orient, c’est qu’ils ont mis la
charia avant l’hébreu. J’ai l’intention de vivre éternellement, pour le
moment, tout se passe comme prévu. Je me demande si, à moyen terme, le changement
climatique finira par avoir des conséquences irréversibles sur les pizzas 4
saisons. Comme dirait Dracula, j’irais bien boire un cou. Quand un crocodile voit une femelle, il l’accoste. Dieu a créé l’homme dix minutes avant la femme pour
qu’il ait le temps d’en placer une. Que celui qui n’a jamais bu me jette la première
bière. Ma femme a fait un truc hier avec sa bouche que tous
les hommes adorent : elle l’a fermée. À celle qui te dit que les hommes sont tous pareils,
réponds-lui qu’il ne fallait pas tous les essayer. Je déteste qu’on essaie de me faire passer pour un
con, j’y arrive très bien tout seul. Jeanne d’Arc s’est éteinte le 30 mai 1431, environ
deux heures après sa mort. Il y a 40 ans, la SNCF présentait le TGV. Grande
invention qui permettait aux voyageurs d’arriver plus vite en retard. À quoi bon tuer des baleines si c’est pour maquiller
des thons ? Kadhafi est parti sans dire au revoir, ce n’est pas
Tripoli de sa part. C’est écrit dans la presse si tu libyen. DSK sera désormais vigile au FMI : il va monter
Lagarde. Ma femme me traite comme un Dieu : elle oublie
totalement mon existence sauf quand elle a besoin de moi. C’est en se plantant qu’on devient cultivé… Soyez gentils avec vos enfants : ayez toujours
à l’esprit que ce sont eux qui choisiront votre maison de retraite. Le mec qui a convaincu les aveugles de porter des
lunettes de soleil est quand même un excellent commercial. À l’école, ils nous apprennent le passé simple, ils
feraient mieux de nous faire apprendre le futur compliqué. Inconnu du web |
|
Ne me retiens pas |
|
|
|
La
vie n’a eu de cesse de nous séparer Alors
pourquoi essayer de tout réparer Je
n’en vois plus l’intérêt Puisque
mon cœur s’est arrêté Ne
me laisse rien espérer Je
ne pourrais pas le supporter Laisse-moi
partir loin Pour
que plus rien ne m’atteigne |